DU QUATRIÈME ET DERNIER VOLUSIE
La Commune n'a pas été seulement pyromane et meurtrière; elle ne pouvait finir que par Tassassînat et rincendie, mais elle a eu des prétentions plus élevées. Elle a voulu gouverner; elle a tenté de réaliser ses funèbres chimères ; elle a formulé des programmes; elle sHmagine qu'elle a été autre chose qu' un spectre malfaisant et elle raconte qu'elle avait en sa possession des théories longuement méditées dont la mise en pratique ouvrirait Tère de la prospérité universelle. C'est pourquoi j'essaye aujourd'hui de la montrer dans ses rapports avec la législation, — les administrations, — la propriété, — la liberté de la presse, — la liberté de conscience et le patriotisme. Après sa défaite, la Commune a comparu devant les tribunaux; il est intéressant d'y étudier son attitude; elle s'est réfugiée, en qualité de contnmax, chez des nations hospitalières; là elle a approfondi le problème social et elle Ta résolu à sa façon. Ses projets
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n'ont rien de mystérieux; il est bon qu'ils ne soient pas ignorés et nous sommes en mesure de les exposer avec certitude. Il sera facile au lecteur d'en apprécier la valeur et d'en déterminer les conséquences. C'est le côté moral, c^esl l'âme même de la Commune que j'ai voulu dégager du chaos de forfaits et d'aberrations dont nous avons été les témoins.
J'ai intentionnellement accumulo les citations et les documents; cela peut alourdir le récit, mais en affirme la sincérité. Aux attaques dont j'ai été l'objet et aux burlesques fureurs que j'ai soulevées, je me suis aperçu que les communards avaient une invincible tendance à oublier leur histoire; j'ai donc pensé qu'il convenait de leur en remettre simplement las pièces authentiques sous les yeux et de les laisser se démener au milieu de leurs souvenirs volontairement erronés. Le lecteur désintéressé verra du moins que je n'ai rien avancé dont je n'aie eu la preuve entre les mains, et il se convaincra, une fois de plus que l'accès de sauvagerie de 1871 ne relève et ne peut relever que du Code pénal.
Il est impossible de parler sincèrement de la Commune sans paraître faire un réquisitoire. A qui la faute? A rhistorien ou aux auteurs des actes qu'il raconte? Ces actes, je ne les ai point inventés : nulle imagination n'y eut suffi; mon rôle a été plus modeste : j'ai rassemblé les preuves, confronté les
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témoignages el collalioniié les documenls. Je n'aurais certes point songé à entreprendre ce travail , si les hommes de la Commune n'en avaient fourni les éléments. C'est parce qu'un animal féroce a ravagé les montagnes de la Lozère, que l'on a chanté la vieille complainte :
Elle a tant mangé de monde, La bête du Gévaudan !
J'ai VU « la fiête du Gévaudan » ; je l'ai vue à l'œuvre dans Paris; j'ai compté les victimes, j'ai contemplé l'irréparable désastre. Elle a tort aujour* d'hui de se montrer susceptible. Si elle n'est pas satisfaite de son histoire, qu'elle s'en prenne à elle et non pas à moi ; je raconte les crimes, c'est elle qui les a commis. Pour ne point lui déplaire, il faudrait démontrer que Mgr Darboy a massacré Vérig et que Chaudey a fusillé Rigault; je conviens que cela serait original, mais je laisse aux défenseurs de la Com mune le soin d'écrire l'histoire de la sorte et je me contente de chercher à dire la vérité.
NoTcmbre 1879.