LA LIBIETA DB la PRBSSB
Toute réTolulkm se fait au nom de la liberté. — Lettre de cachet. — Joumaux eoyahis. — La sauvegarde de tous. — Protestation de vingt-huit journaux. — Les menaces. — Les mesures énergiques. — La suspensîoti sans phrase. — Mandat de la sûreté générale. — Le Journal des Débalg. — Souvenir du iSjuin 1848. — Des journaux cessent volontairement de paraître. — La motion d' Amoureux. — H. Degousée. — Le Journal officiel. — Considérants de Gournet. — Suppressions successives. — La feuille autographiée. — Délation. — Calomnie. — Projet de confiscation. — Outrage et difiamation. — La licence remplace la liberté. — La Commune et la famille. —Projet de Yésinier. — Une s ';paration de corps et de biens pendant la Commune.
Ck>mme toutes les émeutes, comme toutes les Révolutions, rinsurrection du 18 mars fut faite au nom de la liberté, de la liberté abstraite, c'est-à-dire au nom du principe qui assure à chaque citoyen Teiercice de toutes les libertés, y compris la liberté de la presse. On aurait pu croire, d'après cela, que les
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triomphateurs de la révolta auraient non pas quelque respect, mais du moins quelque pudeur à Tégard des journaux qui ne partageaient pas leur opinion et qui, comme le disait la Cloche^ voulaient la République et répudiaient la terreur. On fut promptement détrompé. Le premier acte collectif du Comité central fut de maintenir en prison les généraux Chanzy et deLangourian, arrêtés arbitrairement par la foule, afin de mieux affirmer les droits de la liberté individuelle ; le second fut une attaque directe contre la propriété industrielle, contre la liberté de discussion. Aussitôt que les vainqueurs se sont investis du pouvoir, dans la nuit même du 18 au 19 mars, ils rédigent cette lettœ de cachet, dans un français de fantaisie qui prouve une médiocre sympathie pour les écrivains : c Ordre au commissaire spécial séant préfecture de police de Paris, de saisir le journal le Figaro ainsi que son personnel et d'empêcher militairement la presse dudit journal de fonctionner en y apposant les scellés. L'imprimeur est enjoint d'exécuter cet ordre, sauf par lui d'être mis en état d'arrestation. Fait à THôlel de Ville, salle du Conseil de la Commune de Paris ; par ordre : Général E. Dgval, Raoul Rigâult.»
Le Figaro et le Gaulois subirent le même sort ; les fédérés s'emparèrent des bureaux de rédaction, de l'imprimerie, y campèrent comme sur la brèche