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LA COMMUNE DE PARIS

10 avril 1871.

PIÈGES JUSTIFIGATIYES 477

rédératton 4m Frtiiot-llagoM «i Oompafaoot dd Fuis

Les Frâncs-Maçoms et Compagrons de Paris a. leurs Frères de

Feahcb et du mokde entier.

Frères,

G*est à TOUS tous que nous nous adressons :

Francs-maçons de tous les rites et de tous les orients,

Compagnons de toutes les corporations,

Vous le savez, les francs-maçons sont des hommes de paix, de fraternité, d*étude et de travail; ils ont toujours lutté contre la tyrannie, le despotisme, Fhypocrisie, l'ignorance.

Ils défendent sans cesse les faibles courbés sous le joug de ceux qui les dominent, leurs adeptes courent le monde entier: ce sont des philosophes qui ont des préceptes : la morale, la justice, le droit.

Les compagnons sont aussi des hommes qui pensent, réfléchissent et agissent pour le progrès et l'affranchissement de Thumanité.

A répoque malheureuse que nous traversons, lorsque le fléau de la guerre a été déchaîné par les despotes pour anéantir plus particulièrement la noble nation française ;

Quand cette belle France, qui, i)our tout le monde, est Tespérance des opprimés, se voit réduite à merci et que Paris, sa capitale, est le but d'attaques épouvantables et fratricides;

Les francs-maçons et les compagnons sortent les uns et les autres de leurs sanctuaires mystérieux, tenant de la main

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gauche la branche d*olivicr, symbole de la paix» et de la main droite le glaire de la revendication.

Attendu que les efforts des francs-maçons ont été trois fois repoussés par ceux-là mêmes qui ont la prétention de représenter Tordre et que leur longue patience est épuisée, tous les franco-maçons et les compagnons doivent prendre Tarme vengeresse et crier :

Frères, debout I que les traîtres et les hypocrites soient châtiés l

Frères de la maçonnerie universelle, frères compagnons, écoutez I

Les francs-maçons ont, dans la journée du 22 avril, envoyé à Versailles porter au chef du pouvoir exécutif des paroles d'apaisement et de conciliation ; leurs délégués étaient accompagnés de deux citoyens désignés par les chambres syndicales de Paris; ils n'ont pu obtenir qu'une trêve de neuf heures pour faire sortir les malheureuses et innocentes victimes qui périssaient dans les caves des communes de Neuilly, des Ternes, de Levallois, de Clichy.

Les hostilités ayant été reprises avec une haine indescriptible par ceux qui osent bombarder Paris, les francs-maçons se réunirent le meixredi 26 avril au Chàtelet et décidèrent que le samedi 29 ils iraient solennellement faire adhésion à la Commune de Paris, et planter leurs bannières sur les remparts de la ville, aux endroits les plus menacés, espérant qu'elles amèneraient la fin de cette guerre impie et fratricide.

Le 29 avril, les francs-maçons, au nombre de 10 à 11 000, se rendirent à THôtel de Ville, suivant les grandes artères de la capitale, au milieu des acclamations de toute la population parisienne; arrivés à l'avenue de la Grande-Armée, malgré les bombes et la mitraille, Us arborèrent 62 de leurs bannières en face des assaillants.

Leur bannière blanche : aimons-nous les uns les autres, s'avançant sur les lignes versaillaises, fit cesser le feu de la

porte Daupbioe à la porte Bineau : la tête de leurs profondes colonnes atteignit seule la première barricade des assaillants.

Trois francs-maçons furent admis comme dëlégués.

Ces délégués, n*ajant obtenu qu'une courte trêve des généraux auxquels ils s'étaient adressés à Neuilly, à Courbevoie et àRueil, où les populations les acclamaient aux cris de : vive la Maçonnerie, vive la Commune, deux d'entre eux, cédant à l'instance des généraux, qui déclarèrent d'ailleurs qu'ils ne pou* vaienl pas être leurs interprètes, allèrent à Versailles, sans mandai et contrairement à la ligne de conduite qu'ils s'étaient tracée, mais pour démontrer une fois de plus que toute tentative nouvelle de conciliation était inutile.

Ils n'obtinrent rien, absolument rien, du chef du pouvoir executif.

Le feu, interrompu le 29 à quatre heures de relevée, recommença plus formidable, accompagné de bombes mcendiaires, le 30, à 7 heures 45 minutes du soir* La trêve n'avait donc duré que vingt-sept heures quarante-cinq minutes.

One délégation de francs-maçons, placée à là porte Maillot, a constaté la profanation des bannières.

C'est de Versailles que sont partis les premiers coups, et un franc-maçon en fut la première victime.

Les francs-maçons et les compagnons de Paris, fédérés à la date du 2 mai, s'adressent à tous ceux qui les connaissent.

Frères en maçonnerie et frères compagnons, nous n'avons plus à prendre [d autre résolution que celle de combattre et de couvrir de notre égide sacrée le côté du droit. ., .^^j

Armons-nous pour la défense I

Sauvons Paris, sauvons la France!

Sauvons l'humanité !

Paris, à la tête du progrès humain, dans une crise suprême, fait son appel à la maçonnerie universelle, aux compagnons de toutes les corporations, il crie : à moi les enfants de la veuve !

Cet appel sera entendu par tous^lcs francs maçons et compa-

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gnoQs; tous s*nniront pour Tactioa commane» en protestant contre la guerre civile que fomentent les soutenenrs de monar-

chie.

Tous comprendront ce que veulent leurs frères de Paris, c'est que la justice passe de la théorie à la pratique, que Tamour des uns pour les autres devient la règle générale, et que répée n*est tirée du fourreau, i Paris, que pour la 1^« time défense de Thumanité.

Non I frères maçons et compagnons, vous ne voudres pas permettre que la force brutale remporte, vous ne supporterez pas que nous retournions au chaos, et c'est ce qui adviendrait si vous n*étiez pas avec nos frères de Paris qui vous appellent à la rescousse.

Agissez de concert, toutes les villes ensemble, en vous jetant au-devant des soldats qui combattent bien malgré eux pour la plus mauvaise cause, celle qui ne représente que det intérêt» égcisteSf et entralnez-les à servir la cause de la jtatice et du droit.

Vous aurez bien mérité de la patrie universellct vous aurez assuré le bonheur des peuples pour l'avenir.

Vive la République I

Vivent les Communes de France fédérées avec celle de Paris I

Pour les fraacs-miçons et les délégaés compagnons de Paris,

Sutvent les êignatures.

Paris, le 5 mai 1871.

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