‹ Les convulsions de ParisChapitre 35 sur 63 · VILLE DE PARIS · texte numérisé non relu

VILLE DE PARIS

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qotnnitwilat de PoUoe

va QUARTIER VIVIENNE

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PROCÈS-YËRBAL

Nous,

Commissaire de police de la ville de Paris, spécialement chargé du quartier de ViTienne (2' arrondissement), officier de police judiciaire et auxiliaire du citoyen Procureur de la commune.

Nous nous sommes transporté à Téglise Notre-Dame des Victoires pour nous rendre compte des fouilles qui avaient été commencées eu vertu d'ordres spéciaux de Tex-Préfecture de Police; et en présence des témoins soussignés, avons dressé le présent procès-verbal contenant le détail des objets saisb.

buoux trouvés dalfs un caveau sous un autel latéral dit :

sa':ré-cœur.

1 écrin médaillon, camée, chaînette.

2 bracelets or, perles et turquoise.

3 bracelets or massif et chalae»

S médailles bronze.

15 bracelets or^ avec pierres de différentes nuances, cœur* croix et chaînette.

1 croix en brillants^ chaîne.

1 collier perles fines.

1 médaillon turquoise et brillants.

i bracelet or garni de brillants et d'une belle émeraude.

S médailles or.

1 riche parure aTCC chaîne» plaque ronde en brillants, et cœur orné de brillants et turquoise.

5 cœurs avec chaîne.

i petit reliquaire argent*

1 médaillon antique, forme moyen-Age, représentant le Christ et la Vierge.

1 montre en or.

i broche, brillants et perles.

1 médaillon, ionne montre (or).

4 petits cœurs, avec chaîne d'or.

1 croix or et turquoise, chaîne.

5 petites croix d'or.

i petit collier avec plaque et petits brillants. 1 chapelet.

' 1 cœur avec chaînette, or.

1 petite croix d'or avec chaîne et perles i dito avec chaîne.

i médaillon avec chaîne.

1 petite parure, style ancien : bracelet et broche.

2 cœurs, dont un avec rubis, et deux médaillons, le tout enchaîné.

i broche perles et rubis.

3 bagues riches, ornées de brillants et turquoise. 1 petite croix rubis, chaîne*

10 alliances or.

PIÈGES JUSTIFICATIVES 49i

SI bagues or, avec pierres différentes.

1 paire boucles d*oreiIles, chaînette et plaque

i broche pierres et rubis.

4 petites croix.

1 collier avec croix.

1 croix reliquaire.

1 petit cœur avec chaîne.

ORNEMEIITS DITS SACRÉS.

1 calice émaillé, avec rubis.

1 ciboire email et pierre.

1 calice et palère en Termeil.

i dito émailié, avec rubis.

1 calice argent doré» patère.

1 dito d'orémaillé.

1 dito présumé or (ou Termeil).

1 dito argent.

1 calice orné de turquoises.

1 urne avec son plateau, en vermeil.

4 couronnes ornées de pierres.

2 dito riches, ornées de pierres précieuses et diamints.

5 ciboires (dont un plus petit or ou vermeil) . 1 plateau avec ses deux burettes.

1 boite à hosties, en vermeil.

1 calice orné de turquoises et rubis.

1 ostensoir or et argent.

i calice superbe, orné de médaillons, patère.

1 paire épaulettes or.

1 bracelet or.

1 titre de rentes de Tarchiconfrérie, 3 */•• Enveloppe porte

493 PIÈGES JUSTIFIG\TIYES

S 358 francs de rentes au porteur. Consulter le contenu des enveloppes.

Dette publique» État pontifical : 17 obligations.

Rentes à 5 7o9 é^iiss. 1860, 4 obligations au porteur.

185 francs rentes affectées à l'entretien des lampes.

(On trouvera sous enveloppe.)

Rentes affectées i Tachât d'un ostensoir pour rardiiconfirérie, cent francs de rentes 3 7o •

Rentes affectées à la chapelle Saint-Joseph (1 00 de rentes 5 %) .

17 obligations États Romains, dette publique.

3 dito 1860.

584 francs de rentes pour l'entretien de l'autel Sacré-Cœur (à voir enveloppe).

Correspondances diverses.

3 médailles d'or.

4 bracelets or.

2 médailles argent.

1 dito bronze.

1 dito présumée or.

1 petit médaillon avec croix enchaînées.

6 croix de la Légion d'honneur.

1 dito du Pape.

7 d'ordres divers.

14 médailles argent.

1 petite médaille or.

3 bagues or.

4 anneaux or.

1 cœur avec un brillant.

1 petit cœur (forme triangle).

7 petits cœurs dont un avec chaîne.

1 clef cadenas er massif.

1 croix antique filigrane.

1 cadre ovale, contenant une décoration.

Apràs avoir constaté confonne et sincère l'état ci-dessus, les témoins ont signé avec nous.

Le Gommusaire en délégation :

Signé : Le Moussu.

Signé : A. Sauvage. Signé: Roussel.

Le sooB lieutenant du 159' B'^* I"* G**, Le délégué de la !'• G^* du 159* B*s

Signé : Bienfait. Signé : Marly .

Le commissaire de police,

Signé : Maillot.

494 PliCES JUSTIFICATIVES

NUIÉRO 8.

■straii éa jonnial la Montagne,

En 1848, pendant la bataille de Juin, un prélat fut tué sur une barricade.

C'était Mgr Afire» archevêque de Paris. Il était monté là» disait-on, sans parti pris, en apôtre, pour prêcher rËvangile, pour lever du bout de sa crosse d'or le canon fumant des fusils.

On le ramassa, on épongea sa blessure. On embauma son cœur; il fut enterré en grande pompe comme un martyr, comme un samt.

L'histoire lui a consacré une page émue, et sur son tombeau la bourgeoisie jura haine étemelle aux hommes de la Révolution. Cette mort excusait les cruautés de Gavaignac. On feignit de trouver dans les mains qui saignaient sous le fer du bagne des lambeaux de robe violette. C'était faux! On ignore encore aujourd'hui de quel côté vint le coup. On ne sait pas si la balle est sortie du fusil d*un soldat ou de la canardière d'un insurgé.

Les républicains baissèrent la tête comme des maudits sous cette aspersion de sang bénit. En ce temps-là, on croyait encore aux missions divines, aux hommes providentiels, et la charogne d'un archevêque pesait plus dans la balance qu'un cadavre d'ouvrier. L'instruction nous a rendus sdéptiques. Nous avons vu Sibour choquer son Saint Ciboire au verre fêlé d'un Bonaparte. Nous ne croyons pas à Dieu ; la révolution de 1871 est athée. Notre République a un bouquet d'immortelles au corsage. Nous menons sans prière nos morts à la fosse et nos femmes i l'amour. Nos mères, nos filles n'iront plus s'agenouiller balbutiantes dans l'ombre de vos r onfessionnaux. Vous ne fesserei

plus nos marmots; notre grande cité de travail exclut les paresseux et les parasites: partez. Jetez ?os frocs aux orties, retroussez vos manches, prenez Taiguillon, poussez la charrue.

Chanter aux bœufs vaut mieux que de chanter des psaumes. Quittez-moi la burette pour la cruche où le vin blanc mousse. Laissez le rosaire pour le long chapelet d*andouilles ; oubliez les amours de sacristie; laissez la robe des enfants de chœur pour chiffonner un peu le fichu blanc des belles filles.

Que les nonnes s'envolent; quelles donnent un coup de ciseau dans le cordon de leurs tabliers, laissent rouler leurs cheveux, ouvrent leurs guimpes. Leurs doigts blancs ne sont pas faits pour les parures du couvent, leurs bouches rouges pour les baisers de sainte Thérèse. Il y a dans leurs seins ronds de quoi allaiter des hommes. Partez, partez vite; demain il sera trop tard.

Prenez garde aux colères du peuple I Si par hasard il se mettait à feuilleter vos dossiers, s'il comptait vos crimes, s*il pensait à ses filles que vous avez rendues folles, à ses enfants que vous avez hébétés, flétris, il ne resterait pas une pierre debout de vos églises, et le peuple mettrait votre chair jaune en lambeaux. Chaque jour, on découvre une infamie nouvelle en fouillant les souterrains de vos couvents.

Hier encore, le citoyen Protêt a enfoncé une prison où vous reteniez toute une nuée de jeunes filles.

Et pourquoi? et de quel droit ? au nom de quelle justice ? quelles fautes avaient-elles commises 7 Elles avaient voulu aimer, elles avaient refusé de courber leurs tètes fraîches sous la canne d*un père imbécile ou sous la verge d*une marâtre bigote.

Prenez garde !

On pourrait bien vous faire expier Léotade et Torquemada, Charles VI et Trestaillon.

Dent pour dent, a dit la Commune. Si on allait se souvenir de Galilée et de Jean IIuss I Si on vous mettait dans les lèvres la

fiole des Médicis I Si ron tous plantait dans les épaules le poignard de Lucrèce Borgia !

Dent pour dent! vous nous les avez cassées par centaines pendant la Saint-Barthélémy. Œil pouf œil I voilà des siècles que nous sommes aveugles. Et ne nous parles pas de Dieu. Ce croquemitaine ne nous efîraye plus. Il y a trop longtemps qu'il n*est qu'un motif à pillage et à assassinat.

G*est au nom de Dieu que Guillaume a bu à plein casque le plus pur de notre sang. Ce sont les soldats du pape qui bombardaient les Ternes.

Nous biffons Dieu.

Les cbiens ne vont plusse contenter de regarder les évêques. Nos balles ne s'aplatiront plus sur des scapulaires ; pas une voix ne s'élèvera pour nous maudire le jour où Ton fusillera l'archevêque Darboy.

Il faut que M. Thiers le sache, il faut que Jules Favre, le marguillier, ne l'ignore pas; nous avons pris Darboy pour otage, et si on ne nous rend pas Blanqui, il mourra. La Commune l'a promis, et si elle hésitait, le peuple tiendrait son serment pour elle.

Et ne l'accusez pas I

« Que la justice des tribunaux commence, disait Danton le lendemain des massacres de septembre, et celle du peuple cessera. »

Âhl j'ai bien peur pour monseigneur l'archevêque de Paris !

GUSTAVE HABOTBAU.

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