‹ Les convulsions de ParisChapitre 34 sur 63 · HOREAU · texte numérisé non relu

HOREAU

PIÈGES JUSTIFIGÀTiyES

•arvio* la* lavaUdM]!* la gotn:

lOTBL DES nTlUDIS.

Rdevé des uttent'des divert en argent enlevés à nuàn armée fmr les agents de la Commune le 19 avril 1871.

Gaillires à iMudie Fourchettes . . .

CuillÔFes i ragoût Coillëres à potage Moutardiers . .

Uitenn/et divert Plats d'entrée .

en argent. Porte-huiliers .

Porte-salières. .

Soupières . . .

Couvercles de soupières Plateaux de soupières.

S52gr.

Oilàuilet en . .„, , . , mitdl argenté. * cuillères à boudie

Certifié rérittble par l'olBcier d'administration^prineipal oompUU«,

Signaiwre ilUtible.

Pou, 19 tTril 1871.

J*ai déjà cité la pièce n« 5 (t. I, p. 63) et la pièce n* 6 (t. I, p. 129] ; je les donne aujourd'hui en fao-simile, afin que le lecteur puisse bien en apprécia* l'importanceet juge avec quelle ineonceTable insouciance on arrêtait» on fusillait les gens sous la Commune.

Le Comité de salut public donne Tordre de conduire à Masas le sieur Maxime Du Camp ; nul prétexte n'est mis en ayant pour justifier cette mesure, que rien ne justifiait. — L'ordre est lancé le 22 mai, ainsi que le prouve la date écrite en marge par un greffier; on ne peut le mettre à exécution, parla simple raison que le quartier habité par le sieur Maxime Du Camp est déjà au pouvoir des soldats français. Les agents de la Commune ne sont point embarrassés pour si peu ; ils connaissent un Alphonse Ducamp membre du Comité central; ils Tarrétent, en vertu du mandat d'amener qui ne le concerne pas, le conduisent à la préfecture de police, dont le secrétaire général, Albert Rogeard, le fait écrouer au Dépôt malgré ses légitimes réclamations.

La pièce n* 6 dénonce un fait bien plus grave et qui eut un dénouement irréparable. Pour en comprendre toute la gravité, il faut la lire comme elle a été libellée par trois mains différentes. — Un vengeur de Flourens rédige l'ordre « de fusiller immédiatement rindividu pris les armes à la main » ; on ignore son nom, qu'on ne lui demande même pas ; le commandant Greffier applique sa griffe — il sait à peine signer sur cette pape- . rasse homicide. Celle-ci est portée à Ferré, délégué à la sûreté générale, qui non seulement ne s'oppose pas à Texéculion, mais au contraire l'approuve, sans même savoir quel est le malheu-

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reux qui Ta en être U victime. L'ordre d'exécution est transmis au greffe du Dépôt; le greffier, après explication, devine que Tindividu que Ton veut fusiller est un détenu amené quelques instants auparavant; alors, entre les lignes, il inscrit le nom qu'il rélève sur le registre d*écrou : Jean Vaillot, puis à côté, la date : 22 (mai). Ceci fait, l*homme est extrait de la cellule et remis au peloton meurtrier. Pendant que Ton accomplissait ces étranges c formalités », J. Vaillot avait eu le temps d'écrire une lettre que j'ai entre les mains et que je cite en entier, parce qu'elle me semble démontrer l'innocence de celui qui allait ouvrir la série des massacres systématiques :

t Paris, le 22 mai 1871.

Je m'appelle Jean Isidore Valliot. Je suis à Paris depuis le 20 mars. J'ai d'abord été employé à la Commune comme palefrenier dans les caves de l'hôtel de ville. Etant tombé malade j'ai entré à l'embulance de la caserne de l'Ourcine. J'en suis sorti ces jours-ci pour m'engager dans les troupes de la Commune. On m'a donné un ordre pour me rendre à la porte Maillot (il est encore dans mon calepin qu'on m'a prie) ma blessure n'étant pas guérie. J'ai pensé que Tartillerie qui était mon arme me fatiguerait beaucoup. Je me suis enrôlé aux éclaireurs fédérés, rue des prêtres saint Germain l'anxerrois, je figure le 2'"* sur la liste d'enrôlement; j'ai passé ma journée hier à chercher des jeunes gens pour former notre première compagnie.

Déjà hier soir nous étions une centaine ; nous fûmes casernes à la caserne Babylone. Moi j'ai pour camarade un jeune homme qui est ordonnance du colonel Ponce gouverneur de la caserne de la Citée, j'ai couché avec lui la nuit dernière. A huit heures seulement ce matin j'ai trouvé un chassepot à la caserne et je suis parti du côté des Tuileries. Comme le feu sur le quai de la rive droite était accablé d'obus, j'ai pris le pont des

saints Pères et je suis entre dans la rue de Varennes, je crois. Nous avons tiraillés quatre que nous étions toute la matinée contre des espèces de sergents de Ville habillés en gardes nationaux avec un galon blancà leur këpî. Nous avons gagné de maison en maison jusqu'à la rue de Sèvres. Là les Versaillais étaient en face de nous. Nous avions un couvent sur notre passage, j'ai voulu en fermer la porte pour pouvoir gagner la terrasse c'est alors qu'un vengeur de Flourens en casquette blanche me fait signe tombe sur moi et me désarme malgré mes protestations. On me prend un beau revolver de cavalerie que j'ai depuis le 10 décembre» on me prend mon fusil chassepot et cinq francs d'argent et tous mes papiers parmis lesquels une carte d'identité du bataillon. Maintenant on m'accuse d'insulte à la Commune, je ne connais pas tous les membres de la Commune, mais je peux dire, dut-il m'en coûter la vie, que j'ai indignement été traité dans mon arrestation. Ajoutons à cela que je me trouve complètement sourd et comme fou par les coups de feu ce matin.

On m'accuse d*ivresse, je n'ai ni bu ni mangé depuis ce matin, si je suis soûl c*est par la poudre.

Un dernier mot j'invoque comme preuve de mon indentité le colonel Ponce qui m'a foutu à la salle de Police il y a deux jours, il m'a toujours vu à la caserne de la Citée dont il est le gouverneur. J'invoque le témoignage du citoyen Forein ordonnance du colonel de la Citée, qui est mon camarade, nous étions à Paris auparavant la guerre de Prusse, nous sommes déserté ensemble le 18' d'artillerie pour venir nous mêler au mouvement de Paris. Cytoyen ceux qui m'ont arrêté se sont mépris, seulement je demande à ce qu'on me rende ce que j'avais, un chassepot, un revolver, cinq francs d'argent et tous mes papiers compris dans un fort calepin. Je suis victime d'une erreur déplorable, que je sois interrogé en règle. J'ai encore sur moi les effets de la commune avec le cachet seulement, mon ancien pantalon de cavalerie.

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