Les coralliaires et les ©les madr©poriques
La partie lu plus gi-amlo du sol de nos continents a été formée sous les eaux, à des profondeurs parfois considérables, et n'est venue que lentement, par suite d'une émergence graduelle, s'ajouter aux grandes arêtes primitivement constituées par le gneiss et le granit : c'est là une des données fondamentales de la Géologie. Des assises de plusieurs milliers de mètres d'épaisseur ont été lentement produites par raccumulation au fond des mers tranquilles de débris de toutes sortes, détachés des rivages par le choc des vagues ou provenant de la décomposition des êtres vivants. Mais tous les terrains n'ont pas pris naissance d'une façon aussi passive. Dans certains d'entre eux, la masse de la roche est constituée par les restes d'animaux qui certainement se sont développés sur place, ont vécu et grandi là où nous les trouvons; durant de longs siècles, ces terrains n'ont été que de vastes bancs d'êtres vivants; ils ne doivent plus leur origine, comme tant dautres, à la seule action de la pesanteur cl de la chaleur du soleil : c'est la vie même qui les a édifiés. Elle a employé pour ce genre nouveau de construction des êtres dont la nature est demeurée longtemps ambiguë ; que les anciens naturalistes ont pris tantôt pour des pierres, tantôt pour dos (tlanles, parfois pour des pierres végétales, et que, depuis cent cinquante ans à peine, depuis les belles études de Peyssonnel et de Trembley, on sait être des animaux. Ces animaux constructeurs, souvent ramifiés comme des plantes, et qui semblent parfois des végétaux sans feuilles, mais couverts de grandes et splcndides fleurs, ont reçu des noms variés : on les appelle des Polypes, des Madrépores, des Coraux, suivant les temps et les lieux. La plupart d'entre eux appartieiment à l'embranchement des Coialliaires des naturalistes, qui regardent comme leur type le Corail rouge de la Médllerranée. Nous les désignerons couramment d'une manière générale sous les noms vulgaires que nous venons de rappeler, bien que les mots Corail et Madrépore soient devenus dans le langage scienlilique les noms de genres délerminés.
(\) Les (igures qui aecoaip;ii,"neiil ce rii(;niùire sont tirées des ouvrages : Exploraliuiis soks-wui incs parM. Edm. Perrier, et Zoophyles el Mollusques par M. L. Figuier, publiés à la librairie Uachetto.