ACTE QUATRIÈME
Très bien!... très bien!.,. J’aime autant cela, du reste. Tarais craint un moment, en vous voyant repousser une proposition si avantageuse, que votre mèrs et vos sœo?® n’eussent comploté de vous retenir auprès d’elles, non pas: dans une pensée de jalousie, mais par une affection mal ej&~ tendue. S’il y a chez vous, mademoiselle, une décision arrêtée, un parti pris irrévocable, je ne vois pas la peine cfâ&ler plus loin.
Sil&nee:*.
MADAME VIGNERON
Ne te trouble pas, mon enfant, réponds franchement que tu penses.
Nouveau sileacav-
BOURDON
Dans le cas, mademoiselle, où vous regretteriez un premier mouvement qui s’expliquerait fort bien du reste, je voïï®offre l’occasion de le reprendre, profitez-en.
MARIE
Il faut dire à M. Teissier de ma part, qu’en insistant cornera il le fait, il gagne beaucoup dans mon esprit, mais je lui demande encore quelque temps pour réfléchir.
BOURDON
Eh bien! madame, voilà une réponse très raisonnable^ pleine de sens et qui ne ressemble pas du tout au refus csk • tégorique que vous m’avez opposé.
MADAME VIGNERON
Il est possible que ma fille ait changé d’avis, mais elle savoir que je ne l’approuve pas.
Ne dites rien, madame. Laissez cette jeune fille à ses inspiV rations, elle pourrait vous reprocher plus tard d’avoir scrâfè
les vôtres. (Revenant à Marie.) Je comprends à merveille, mademoiselle, quelque intérêt qu’ait ce mariage, que vous ne soyez pas bien pressée de le conclure. Malheureusement, Teissier n’a plus vingt ans comme vous ; c’est même là votre plus grand grief contre lui ; à son âge, on ne remet pas volontiers au lendemain.
MARIE
Je vaudrais savoir, monsieur Bourdon, et je vous prie de me dire sincèrement si M. Teissier est un honnêtehomme.
BOURDON
Un honnête homme ! Que voulez-vous dire par là? Je ne vous conseillerais pas, mademoiselle, au cas où vous épouseriez M. Teissier, de placer toutes vos espérances sur une simple promesse de sa part ; mais les notaires sont là pour rédiger des contrats qui établissent Jes droits des parties. Ai-je répondu à votre question?
MARIE
Mon, vous ne l’avez pas comprise. Un honnête homme, pour une jeune fille, cela veut dire bien des choses.
■ •< : 1 • . BOURDON
Me demandez-vous, mademoiselle, si Teissier a fait sa fortune honorablement?
marie.
Oui, je voudrais être fixée sur ce point et sur d’autres.
De quoi vous préoccupez-vous? Si on recherchait aujourd’hui en France l'origine de toutes les fortunes, il n’y en a pas cent,; pas cinquante, qui résisteraient à un examen scrupuleux. Je vous en parle savamment, comme un homme qui tient les fils dans son cabinet. Teissier a fait des affaires toute sa vie ; il en a retiré un capital considérable qui est bien à lui et que personne ne songe à attaquer ; vous n’ave* pas besoin d’en savoir davantage.