‹ Les corbeaux; pièce en quatre actesChapitre 104 sur 110 · ACTE QUATRIÈME M$t · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME M$t

BOURDON, souriant toujours.

Vraiment! (Marie le regarde fixement.) Je ne mets pas en do ut* vos scrupules, mademoiselle ; quand on veut bien nous em montrer, nous sommes tenus de les croire sincères. Teissieæ se doute bien cependant que vous ne l’épouserez pas pouir ses beaux yeux. 11 est donc tout disposé déjà à vous constituer un douaire ; mais ce douaire, je m’empresse de \onsï» dire, ne suffirait pas. Vous faîtes un marché, n’est-il pas vrai* ou bien si ce mot vous blesse, vous faites une spéculation^ elle doit porter tous ses fruits. 11 est donc juste, et c’est g® qui arrivera, que Teissier, en vous épousant, vous reconnaisse commune en biens, ce qui veut dire que la moitié de sa fortune, sans rétractation et sans contestation possible* vous reviendra après sa mort. Vous n’aurez plus que des vœux à faire pour ne pas l’attendre trop longtemps. (&e Extournant vers madame vigneron.) Vous avez entendu, madame*^ que je viens de dire à votre fille ?

MADAME VIGNERON

J’ai entendu.

BOURDON

Que pensez-vous ?

MADAME VIGNERON

Je pense, monsieur Bourdon, si vous voulez le savoir, qnm plutôt que de promettre à ma fille la fortune de M. Teissïer*,. vous auriez mieux fait de lui conserver celle de son père^

BOURDON

Vous ne sortez pas de là, vous, madame. (Revenant à Marî»4> Eh bien ! mademoiselle, vous connaissez maintenant les* avantages immenses qui vous seraient réservés dans un avenir très prochain ; je cherche ce que vous pourriez oppose» encore, je ne le trouve pas. Quelques objections de sentiment peut-être ? Je parle, n’est-ce pas, à une jeune fille raisonnable, bien élevée, qui n’a pas de papillons dans la têt®-

Vous devez savoir que l’amour n’existe pas ; je ne l’ai jamais rencontré pour ma part. 11 n*y a que des affaires en ce monde ; le mariage en est une comme toutes les autres ; celle qui se présente aujourd’hui pour vous, vous ne la retrouveriez pas une seconde fois.

M. Teissier, dans les conversations qu’il a eues avec 'vous, a-t-il parlé de ma famille ?

bourdon.

De votre famille? Non. (Bas.) Est-ce qu’elle exigerait quelque chose?

MARIE

M. Teissier doit savoir que jamais je ne consentirais à me séparer d’elle.

bourdon. .

Pourquoi vous en séparerait-il ? Vos sœurs sont charmantes, madame votre mère est une personne très agréable. Teissier a tout intérêt d’ailleurs à ne pas laisser sans entourage une jeune femme qui aura bien des moments inoccupés. Préparez-vous, mademoiselle, à ce qui me reste à vous dire. Teissier m’a accompagné jusqu’ici; il est en bas, il attend une réponse qui doit être cette fois définitive; vous risqueriez vous-même en la différant. C’est donc un oui ou un non que je vous demande.

Silence.

MADAME VIGNERON

En voilà assez, monsieur Bourdon. J’ai bien voulu que vous appreniez à ma fille les propositions qui lui étaient faites, mais si elle doit les accepter, ça la regarde, je n’entends pas que ce soit par surprise, dans un moment de faiblesse ou d'émotion. Au surplus, je me réserve, vous devez bien le penser, d’avoir un entretien avec elle où je lui dirai de ces choses qui seraient déplacées en votre présence, mais

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