ACTE QUATRIÈME
qu'une mère, seule avec son efifant, peut et doit lui apprendre dans certains cas. Je n’ai pas, je vous l’avoue, une fille de vingt ans, pleine de coeur et pleine de santé, pour la donner à un vieillard.
A qui la donnerez-vous? On dirait, madame, à vous entendre, que vous avez des gendres plein vos poches et que vos filles n’auront que l’embarras du choix. Pourquoi le ma- 'iage de l’une d’e les, mariage qui paraissait bien conclu, celui-là, a-t-il manqué? Faute d’argent. C’est qu’en effet, madame, faute d’argent, les jeunes filles restent jeunes filles.
MADAME VIGNERON
Vous vous trompez. Je n’avais rien et mon mari non plus. Il m’a épousée cependant et nous avons été très heureux.
BOURDON
Vous avez eu quatre enfants, c’est vrai. Si votre mari, madame était encore de ce monde, il serait pour la première fois peut-être en désaccord avec vous. C’est avec effroi qu’il envisagerait la situation de ses filles, situation, quoi que vous en pensiez, difficile et périlleuse. Il estimerait à son prix la proposition de fit. Teissier, imparfaite sans doute, mais plus qu’acceptable, rassurante pour le présent, (Regardant Marie.) éblouissante pour l’avenir, On ne risque rien, je le sais, en faisant parler les morts, mais le père de mademoiselle, avec un cœur excellent comme le vôtre, avait de plus l’expérience qui vous fait défaut. Il connaissait la vie; il savait que tout se paie en ce monde et, en fin de compte, sa pensée aujourd’hui serait celle-ci : j’ai vécu pour ma famille, je suis mort pour elle, ma fille peut bien lui sacrifier quelques années.
MARIE, les larmes aus yeujr.<
Dites àM. Teissier que j’accepte.
Jdlons donc, mademoiselle, il faut se donner bien du mal !*mir faire votre fortune. Voici votre contrat. Je l’avais préparé à l’avance sans savoir si je serais remboursé de mes usines. Vous le lirez à tête reposée. Il ne reste plus qu’à le Sajre signer par Teissier, je m’en charge. J’étais le notaire de '-w-otï-Q père, je compte bien devenir le vôtre. Je vais chercher Teissier et je vous l’amène.