SCÈNE X
MARIE, DUPUIS, pots TEISSIER.
DUPUIS
Bonjour, ma chère demoiselle.
MARIE
Je vous salue, monsieur Dupuis,
DUPUIS
Votre maman se porte bien?
MARIE
Assez bien, je vous remercie.
DUPUIS
Vos sœurs sont en bonne santé?
MARIE
En bonne santé.
DUPUIS
Je ne vous demande pas de vos nouvelles; vous êtes fraîche et rose comme l’enfant qui vient de naître.
MARIE
Ma mère, monsieur Dupuis, m’a chargée de vous recevoir à sa place, dites-moi tout de suite ce qui vous amène.
DUPUIS
Vous vous en doutez bien un peu de ce qui m’amène.
MARIE
Non, je vous assure.
DUPUIS
Vrai? Vous ne vous dites pas si M. Dupuis vient nous voir, au bout de tant de temps, c’est qu’il a bien besoin de son
argent ?
MARIE
Expliquez-vous mieux.
DUPUIS
J’aurais donné beaucoup, mademoiselle, beaucoup, pour ne pas vous faire cette visite. Quand j’ai appris la mort de votre père, j’ai dit à ma femme : je crois bien que M. Vigneron nous devait encore quelque chose, mais bast, la somme n’est pas bien grosse, nous n’en mourrons pas de la passer à profits et pertes. Je suis comme ça avec m^s bons clients. M. Vigneron en était un ; jamais de difficultés avec lui ; entre honnêtes gens, ça devrait toujours se passer ainsi. Malheu- • reusement, vous savez ce que sont les affaires, bonnes un jour, mauvaises le lendemain, ça ne va pas fort en ce moment. Vous comprenez.
MARIE
Il me semblait bien, monsieur Dupuis, que mon père s’était acquitté avec vous.
DUPUIS
Ne me dites pas ça, vous me feriez de la peine,
MARIE
Je suis certaine cependant, autant qu’on peut l’être, que mon père avait réglé son compte dans votre maison.
DUPULS.
PreneZ fgarde. ,Vous allez me fâcher. Il s’agit de deux mille francs, la somme n’en vaut pas la peine. Vous êtes peut-être gênées en ce moment, dites-le moi, je ne viens pas vous mettre le couteau sur la gorge. Que madame Vigneron me