ACTE PREMIER
primer parce qu’il en valait la peine, tout le reste ne compte paw>
JUDITH
Entendons-nous bien, monsieur Merckens, je me réserve de montrer ma composition ou de n’en pas parler du tout, comme je le voudrai.
Pourquoi ?
JUDITH
On se tient tranquijle à mon âge, c’est encore le plus sûr, sans se permettre des fantaisies qui ne conviennent pas à une jeune fille.
MERCKENS.
Les jeunes filles que je vois n’y regardent pas de si près.
JUDITH
Raison de plus. (Elle ouvre le morceau et eu lit le titre avec attendrissement.) « Adieu à la mariée. » Si ce morceau est triste, il ne faut pas que cela vous étonne. J'étais bien émue, allez, lorsque je l’ai écrit. Je pensais à ma jeune sœur que nous aimons si tendrement et qui nous quitte si vite : nous savons ce qu’elle perd, savons-nous ce qui l’attend.
MERCKENS.
Ce mariage, soyez sincère, ne vous a causé aucune déception?
JUDITH
Aucune. Que voulez-vous dire?
MERCKENS.
M. de Saint-Genis avait le Choix en venant ici. Il pouvait demander l’aînée plutôt que la cadette.
JUDITH
C’eût été dommage. Ma sœur et lui vont faire un petit
(toupie charmant, tandis que nous ne nous serions convenus sous aucun rapport.
MERCKENS.
Patientez. Votre tour viendra.
JUDITH
Il ne me préoccupe pas.
MERCKENS.
Cependant vous souhaitez bien un peu de vous marier.
JUDITH
Le plus tard possible. Je me trouve à merveille et je ne pense pas à changer.
MERCKENS.
La composition vous suffit.
JUDITH
Elle me suffit, vous l’avez dit.
MERCKENS.
Quel malheur qu’une belle personne comme vous, pleine de dons, manque justement de ce je ne sais quoi qui les mettrait en œuvre.
JUDITH
Quel je ne sais quoi?
MERCKENS, à mi-voix.
Le diable au corps.
Maman ne serait pas contente si elle vous entendait en ce moment. Elle qui me trouve déjà indisciplinée.
MERCKENS.
Votre mère vous gronde donc quelquefois?