ACTE P REMIS
BLANCHE
C’est fait.
Son fils?
MADAME YlGNEtfON.
BLANCHE
Tu penses bien, maman, que je ne l’ai pas oublié
MADAME YIGNERON.
L’abbé Mouton?
BLANCHE
Mon cher abbé ! J’aurai reçu tous les sacrements de sa main, le baptême, la communion... et le mariage.
MADAME YIGNERON.
Si tu bavardes à chaque nom, nous n’aurons pas fini la semaine prochaine. M. Teissier?
Le voici, M. Teissier; je me serais bien privée de sa présence.
YIGNERON, se réveillant.
Qu’est-ce que j’ai entendu là ? C’est mademoiselle Blanche qui parle chez moi à la première personne.
BLANCHE
Mon Dieu, oui, papa, c’est la pe'ite Blanche.
YIGNERON.
Et peut-on savoir ce que M. Teissier vous a fait, mademoiselle?
BLANCHE
A moi? Rien! Il est vieux, laid, grossier, avare ; il regarde toujours en dessous, cela seulement suffirait pour que je souffre de me trouver avec lui.
VIGNERON
Très bien 3 Parfait ! Je vais arranger cette affaire-là ! Madame Vigneron, tu feras enlever le couvert de cette petite fille et elle dînera dans sa chambre.
BLANCHE
Ajoute tout de suite qu’on signera le contrat sans moi.
VIGNERON
Si tu dis un mot de plus, je ne te marie pas. Ah !
Pause.
MARIE, après s’être levée.
Ecoute-moi un peu, mon cher père, et réponds-moi sérieusement, c&que tu ne fais jamais, quand on te parle de ta santé. Comment te sens-tu ?
VIGNERON
Pas mal.
MARIE
Tu es bien rouge cependant.
VIGNERON
Je suis rouge ! Ça se passera au grand air.
MARIE
Si tes étourdissements te reprenaient, il faudrait faire vôfîS? un médecin.
VIGNERON
Un médecin ! Tu veux donc ma mort ?
MARIE
Comme tu plaisantes et que tu sais que tu me fais de la peine, n’en parlons plus.
Elle le quitte, il la rattrape par le bas de sa robe et la ramène dan* ses bras.
VIGNERON
On l’aime donc bien, son gros papa Vigneron?