‹ Les corbeaux; pièce en quatre actesChapitre 73 sur 110 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

BOURDON

M. Vigneron n’était pas riche ; il gagnait de l’argent, voilà t >ut.

MERCKENS.

Il ne le dépensait pas ?

BOURDON

Il l’aventurait, c’est quelquefois pis.

MERCKENS.

Je croyais que ce gros papa aurait laissé une fortune à s>a femme et ses enfants.

BOURDON

Une fortune! vous me rendriez service en m’indiquant où elle se trouve. La famille Vigneron, d’un moment à l’autre, va se trouver dans une situation très précaire et je puis le dire, sans faire sonner mon dévouement pour elle, si elle sauve une bouchée de pain, c’est à moi qu’elle le devra.

MERCKENS.

Pas possible!

C’est ainsi, jeune homme. Gardez cette confidence pour vous et profitez du renseignement s’il peut vous être utile.

Un temps.

- MERCKENS, entre doui tons.-

Qu’est-ce qu’on dit de ça, ici?

bourdon.

Que voulez-vous qu’on dise ?

MERCKENS.

Toutes ces femmes ne doivent pas être gaies?

BOURDON

Ce qui leur arrive n’est pas fait pour les réjouir.

LÈS' COHBàAUX MERCKENS.

On plôure?

BOURDON

On pleure.

MERCKENS, allant à lui en sduriattt.

Rendez-moi un petit service, voulez-vous? Ayez l’obligeance de dire à madame Vigneron que je n'avais qu’une minute, que j’ai craint de la déranger et que je reviendrai la voir prochainement.

B'OütlDON.

Reviendrez-vous au moins?

MERCKENS.

Ce n’est pas probable.

BOURDON

Restez donc, jeune homme, maintenant que vous êtes là. Vous en serez quitte pour écouter cette pauvre femme et elle vous saura gré d’un petit moment de complaisance; elle se doute bien que ses malheurs n’intéressent personne.

MERCKENS.

Il est certain pour vous que mademoiselle Judith ne reprendra pas ses leçons?

BOURDON

C’est bien certain.

MERCKENS.

Vous ne voyez rien dans l’avenir qui puisse faire une position à madame Vigneron ou à ses filles?

BOURDON

Je ne vois rien.

MERCKENS.

Je file décidément. J’aime mieux ca. Ce n’est pas quelques

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