BOURDON, TEISSIER
BOURDON
Vous voilà, vous?
TEISSIER
Oui, me voilà.
BOURDON
Qu’est-ce que je viens d’apprendre? On ne voit plus que vous ici.
TEISSIER
J’ai fait quelques visites dans la maison. Après?
BOURDON
Vous êtes en hostilité d’affaires avec cette famille et vous vous asseyez à sa table?
TEISSIER
Que trouvez-vous à redire, si mes mouvements ne contrecarrent pas les vôtres ?
BOURDON
Ma situation n’est pas commode, vous la rendez plus difficile.
TEISSIER
Marchez toujours comme Jous en sommes convenus, Bourdon, vous m’entendez ; ne vous occupez pas de ce que je fais.
BOURDON
Mademoiselle Marie obtiendra de vous tout ce qu’elle vou* dra.
TEISSIER
Mademoiselle Marie n’obtiendra rien.
BOURDON
Il paraît que vous avez un faible pour cette jeune fille ?
TEISSIER
Qui vous a dit cela ?
BOURDON
Sa mère.
TEISSIER
De quoi se mêle-t-elle?
BOURDON
Préparez-vous à un siège en règle ce la part de votre ingénue ; on compte sur elle, je vous en préviens, pour avoir raison de vous.
Prenez votre chapeau, Bourdon, et retournez à votre étude.
BOURDON
Soit ! comme vous voudrez ! (Allant à Teissier.) Je n’attends plus, hein, et je mets les fers au feu.
TEISSIER
Parfait ! (Retenant Bourdon.) Ecoutez, Bourdon. Vous ai-je conté en son temps mon entretien avec Lefort? Nous avions là, tout près de nous, un fort mauvais coucheur qu’il était prudent de ménager, n’est-ce pas vrai ? Il restera chargé des constructions.
BOURDON
Comment ! vous avez traité avec Lefort après cette scène déplorable où il nous a insultés l’un et l’autre ?