‹ Les corbeaux; pièce en quatre actesChapitre 79 sur 110 · TEISSIER, MARIE · texte numérisé non relu

TEISSIER, MARIE

TEISSIER

Voici la somme que vous m’avez demandée. Elle est destinée, m’avez-vous dit, à des fournisseurs. Recevez-les vousmême. Examinez les mémoires qu’on vous remettra, ne craignez pas de les réduire autant que possible et prenez bien garde surtout à ne pas payer deux fois la même note. (Retenant Marie.) OÙ est mon reçu ?

MARIE

Je vais vous 1® donner tout à l’heure.

TEISSIER

J’aurais dû le tenir d’une main pendant que je vous remettais l’argent de l’autre. Je suis à découvert en ce moment.

(Elle va au meuble -secrétaire et dépose les billets dans un tiroir ; elle revient. — Moment le silence.) Vous avez une chose à me dire et

moi j’en ai une autre. Venez vous asseoir prçs de moi, voulez-vous, et causons comme une paire d’amis? (iis s'asseyent.) Qu’est-ce que vous comptez taire?

MARIE

Je ne comprends pas votre question.

Elle est bien simple cependant, ma question. Je vous ai dit autrefois qu’il vous reviendrait une cinquantaine de mille francs, il ne vous reviendra pas davantage. Vous ne pensez pas garder cet appartement et tenir table ouverte jusqu’à la fin de votre dernier écu. Qu’est-ce que vous comptez faire ?

MARIE

Un parent de ma mère qui habite la province nous a offert de nous retirer près de lui.

TEISSIER

Votre parent est comme tous les parents; il vous a fait cette proposition en pensant que vous y mettriez du vôtre; il ne la maintiendra pas quand ce sera à lui d’y mettre du sien.

MARIE

Nous resterons à Paris alors.

TEISSIER

Qu’allez-vous devenir à Paris?

MARIE

Ma sœur aînée est toute prête, dès qu’il le faudra, à donner des leçons de musique.

TEISSIER

Bien. Votre sœur aînée, si elle prend ce parti, se lassera promptement de soutenir sa fa.mi.Ue ; elle voudra que ses profits soient pour elle et elle aura raison.

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