‹ Les corbeaux; pièce en quatre actesChapitre 80 sur 110 · ACTE' Tîï'ü'ISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE' Tîï'ü'ISIÈME

MakTE.

Mais je compte bien m’occuper aussi.

TE1SSIER.

A quoi ?

MARIE

Ah! à quoi? Je ne le sais pas encore. Le travail pour unfemme est si difficile à trouver et rapporte si peu de cho^

T El SS 1ER.

Voilà ce que je voulais VOUS faire dire. (Pause; il reprend avec hésitation et embarras.) Je connais une maison où, si vous le vouliez, vous viendriez vous établir. Vous auriez là le logement, la table, tous les mois une petite somme que vous pourriez économiser pour plus tard, vous n’auriez plus à songer à vous.

/ MARIE

Quelle maison?... La vôtre?

TE1SSIER, avee un demi-sourire équivoque.

La mienne ?

MARIE, après une marque d’émotion, ne sachant ce qu’elle doit comprendre ni ce qu’elle doit répondre.

Ce que vous me proposez n’est pas possible ; ma mère d’abord ne me laisserait pas m’éloigner d’elle.

TEISSIF.R.

Qui, je me doute bien que votre mère ferait des difficultés v mais vous êtes d’âge aujourd’hui à n’écouter personne et à calculer vos intérêts.

MARIE

Je vous ai dit non, monsieur Te'ssier, non.

TE1SSIER.

Est-ce que vous ne seriez pas bien aise de laisser votre

famille dans l’embarras et d’en sortir vous-même? J’aurais ce sentiment-là à votre place.

MARIE

Ce n’est pas le mien.

TEISSIER

Quel avantage verrez-vous à patauger toutes ensemble plutôt que de chercher un sort l’une à droite et l’autre à gauche ?

MARIE

L’avantage justement de ne pas nous séparer, (a elle-même.) On se félicite parfois d’avoir des consolations près de soi. On se trouble moins de certaines surprises qui vous déconcerteraient autrement.

Pause,

TEISSIER

Voilà quelque temps déjà que je viens ici. Je ne m’éloigne pas de mes affaires sans une raison. Vous n’ètespas sotte et vous avez de bons yeux. Vous avez dû penser quelque chose.

MARIE

Mon attention était ailleurs.

Où était-elle?

MARIE

Je ne vois que ma famille. Je ne vois que le sort qui l’attend après celui qu’elle a perdu.

TEISSIER, avec un sourire.

Vous vouliez donc me tromper alors et m’arracher quelque concession pour elle?

MARIE

Oh ! monsieur Teissier, j’ai bien assez de mes peines sans

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