ARIS
TEISSIER
Qu’est-ce que c’est que Rosalie?
MARIE
Une sainte créature qui nous a toutes élevées.
TEISSIER
Comment faites-vous pour conserver vos domestiques, n’ai jamais pu en retenir un seul. Vous ôtes quatre personnes, Rosalie ne compte pas. C’est trop malheureusement vous devez le comprendre. Je ne peux pas, pour une petite, amie que je voudrais avoir, me charger aussi de sa famille qui m’ennuierait.
MARIE
Personne ne vous le demande et personne n’v songe.
TEISSIER
Je ne voulais pas vous le dire, mais vous l’avez deviné. Ca
ne se plaint pas d’être seul .aussi longtemps qu’on reste jeune ; c’est un ennui, à mon âge, et une imprudence.
MARIE
Si vous êtes seul, c’est que vous le voulez bien.
TEISSIER
Je devrais me marier ?
MARIE
Il ne serait pas nécessaire de vous marier pour avoir du monde autour de vous. Vous avez bien des parents.
TEISSIER
J’ai cessé de 'voir mes parents pour me mettre à l’abri de leurs demandes d’argent ; ils mr' jnt de faim. Je tiendrais beaucoup à m’attacher une petite personne, simple, douce et sûre, qui se tiendrait décemment dans ma maison et qui ne la mettrait pas au pillage. Je verrais peut-être plus tard si je ne dois pas l’épouser. Mais vous êtes toutes des agneaux avant le mariage et l’on ne sait pas ce que vous devenez après. Je réglerais ma conduite sur la sienne ; elle ne serait pas bien malheureuse de mon vivant et elle n’aurait pas à se plaindre quand je serais mort ; mariée ou pas mariée; ce serait la même chose pour elle.
MARIE
Levez-vous, monsieur Teissier, et allez-vous en. Je ne veux pas me sentir près de vous une minute de plus. Je crois que vous êtes malheureux et je vous plains. Je crois que votre proposition était honnête et acceptable et je vous an remer cie. Elle pourrait cependant cacher une arrière-pensée, une arrière-pensée si odieuse que le cœur me manque seulement de la soupçonner. Allez-vous en.
TEISSIER, debout, embarrassé, balbutiant.
Voyons un peu ce que vous aviez à me dire.