‹ Les corbeaux; pièce en quatre actesChapitre 91 sur 110 · SCÈNE XIÎ · texte numérisé non relu

SCÈNE XIÎ

BLANCHE, seule, puis ROSALIE, puis MARIE, puis MADAME VIGNERON, puis JUDITH.

BLANCHE

Fille perdue! Elle a osé m’appeler... Infamie! (Elle fond en larmes.) Oh! tout est bien fini maintenant... Georges est faible, sa mère le domine, il lui obéira... Fille perdue! (Elle pleure abondamment.) Un homme si charmant qui ressemble si peu à cette femme et qui se laisse mener par elle !... Je ne me tiens plus. Mes mains étaient brûlantes tout à l’heure, elles sont

glacées maintenant. (Elle sonne et revient en scène : d’une voix entrecoupée.) Il est jeune... il a vingt-trois ans à peine... il est doux, fin et séduisant, une autre l’aimera et l’épousera à ma place.

ROSALIE, entrant.

C’est toi, mon enfant, qui me demandes.

BLANCHE, allant à elle, douloureusement.

J’ai froid, ma vieille, mets-moi quelque chose sur les épaules.

ROSALIE, après l’avoir regardée.

Je vais te mettre dans ton lit, ce qui vaudra beaucoup mieux.

BLANCHE, reculant.

Non.

ROSALIE

Fais ce que je te dis, si tu ne veux pas tomber malade.

BLANCHE

Oh ! certainement, je vais tomber malade.

ROSALIE

Allons, viens, Rosalie va te déshabiller, ce ne sera pas la première fois.

BLANCHE

Appelle maman.

ROSALIE

Tu n’as pas besoin de ta mère, je suis là.

BLANCHE

Je ne me marierai pas, Rosalie.

ROSALIE

Le beau malheur ! On ne te gâte donc pas assez pour que tu nous préfères ce gringalet et cette diablesse. Voilà leurs noms à tous les deux. Ce mariage-là, vois-tu, ce n’était pas ton affaire. Si l’on nous avait écoutés, ton père ôt moi, on n*y aurait pas pensé plus d’une minute.

BLANCHE, sa tête s’égare.

Mon père ! Je le vois, mon père ! Il me tend les bras et U me fait signe de venir avec lui.

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