INSTIIUTIONS, MŒURS ET COUTUMES
Ce qu'on appelle « la civilisation coréenne » tire son origine de la Chine. C'est, en effet, à ce dernier pays que les Coréens ont emprunté leurs institutions morales et politiques, leur culture intellectuelle et les éléments des sciences et des arts. La philosophie de Confucius, sur laquelle repose, de nos jours encore, Tédifice social des Chinois, est, pour les habitants de la péninsule, la règle des mœurs publiques, aussi bien dans les classes supérieures que dans les classes les plus infimes de la société.
Un auteur chinois prétend, cependant, que les Coréens n'ont pas accepté la philosophie chinoise, en ce qui concerne le « dualisme »
primordial et générateur des êtres {Yin et Yang). Si cet auteur a voulu parler desbouddhistes, la théorie dualiste n'est pas plus admise en Corée qu'en Chine et au Japon; mais s'il a fait allusion aux classes lettrées du pays, son observation n'est certainement pas exacte.
De même qu'en Chine, toutes les institutions civiles ont pour point de départ indis-
cutable la doctrine appelée Hyo-to (en chinois BiaO'tao), c'est-à-dire « la Voie de la Piété filiale ». Une loi qui serait en contradiction flagrante avec cette doctrine, serait lettre morte, et nul n'aurait Tobligation de la respecter et de s'y soumettre. Cette « voie »
de la Piété filiale règle non seulement les devoirs des membres de la famille les uns visà-vis des autres, mais le modus vivendi de tous les sujets tant entre eux qu'avec le roi. Celui-ci est réputé « le père et la mère » de la nation ; et comme rien n'est plus respecté en Corée que l'autorité paternelle, il jouit d'un pouvoir absolu qui n'est tempéré que par les règles même de cette Piété filiale, auxquelles il ne saurait se soustraire sans faire immédiatement acte d'abdication.
Le respect des enfants pour les auteurs de leurs jours est considéré comme le devoir le plus essentiel et le plus indispensable qui puisse exister dans la société. Aussi le code criminel n'a-t-il admis la peine de mort que pour un seul crime : « celui d'avoir m/t/nV ses parents ». Les autres crimes, sont punis de coups de bambous, ou de l'exil dans les îles qui entourent la péninsule \
!. Klaprolli, Aperçu des trois royaumes, p. 91. - la