‹ Les corneilles sur la tourChapitre 19 sur 80 · LE MALIN · texte numérisé non relu

LE MALIN

Le nez au Vent, l'œil clair, rusé comme un limier, A tout Voir, tout sa>Joir, en tout temps le premier, Affectant le ton rogue ou la mine paterne. Le malin, celui qui, dès l'heure des lanternes, Ba-^arde au cabaret devant un Verre plein. Trouve que tout Va mal, gémit, médit, se plaint, Sait accueillir secret, mensonge ou confidence, Note un détail, donne un conseil, corrige, tance. Supporte les fâcheux sans broncher ni bâiller. Excelle à conseiller le pape ou le railler. Pour défendre un parti. Volontiers entre en lice. Et demeure à jamais un malin sans malice.

\)ISITES

Ces dames ont leur jour où le salon choisi,

Laissant au Vent sortir son odeur de moisi,

Reçoit la fine fleur de la Petite "^ille.

Le sourire grimace et la mine est ser>?ile.

L'ennui traîne éternel en de fades propos.

Des aigrettes de prix frissonnent auK chapeauK

Dont la Voilette flotte et l'épingle dépasse.

Mais l'heure des gâteauy: et du thé rompt la glace.

Approchant leur fauteuil, caquetant tout leur soiàl.

Jugeant à leur façon les faits et leurs dessous,

Ces dames de province auK grands airs de marquises

Passent à jacasser nombre d'heures exquises.

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