LE FACTEUR
Dans le bourg auK fauK airs de >?ille, le facteur Qui servit à l'armée est l'allègre porteur De la lettre attendue. On l'espère, on l'épie. Chacun connaît son heure et la route suivie. Il a sa part de joie et compatit autc deuils, S'intéresse auK absents dès la grille ou le seuil, Rit aVec les plaisants, console les moroses, "Mais pour être baVard il connaît trop de choses. Tout bourgeois de jadis est un peu son ami. Et, braVe homme, bonasse, il n'a qu'un ennemi Qu'exaspèrent le sac et le bâton de frêne : C'est le chien du logis que le devoir enchaîne.
LE rORGERON
Le tablier de cuir auK reins, les bras ner^euK,
Un ra-^on de l'ardent brasier dans les che-OeuîC,
Le forgeron, depuis le chant du coq, ahane.
De l'atelier, au bord de la grand route, émane
En des jets de fumée une odeur de roussi.
Le fer, rcN)êche et dur, par la flamme aminci,
Se tra>3aille aVec peine et rompt en étincelles.
L'homme tape de force et ses tempes ruissellent.
Dans l'angle obscur respire un rauque et lourd soufflet;
La forge luit, s'emplit d'un sinistre reflet.
Et l'on entend, tandis que le foYer s'allume, '
Le heurt mat, sec et dru du marteau sur l'enclume.
LE REMOULEUR
Cris sonores, traînants ou gais : le rémouleur. Humble gagne-petit, content de son labeur, Il -Ca et >Oient par les maisons, chemine, passe, Et porte sa fortune au creuK de sa besace. Tourne, VieuK rémouleur, ta meule en polissoir. Aiguise les couteau^:, les ciseaux jusqu'au soir, Les couteauK qui fendront le fagot ou la miche, CeuK du pau>Jre, ceuK du bourgeois et ceuK du riche, Et les petits ciseauK, si coquets, à broder. Puis, quand le soir -Cenu, las de toujours rôder, Tu chercheras un gîte où nul ne te dérange, >?a-t'en jusqu'au matin dormir en quelque grange.