‹ Les corneilles sur la tourChapitre 44 sur 80 · LES CRIS DES RUES · texte numérisé non relu

LES CRIS DES RUES

Nous rions quelquefois des oiseaux plaisantins

Qui jacassent à franc parler soirs et matins.

Quel esprit nous dira, >JoYant notre cohue

Ce qu'ils peuvent comprendre à nos cris de la rue?

Peut-être jugent-ils propos laids ou niéchants

Les refrains des >)endeurs, les appels des marchands,

Si, nasillarde un peu, sur un ton de pro>JincC;,

La SJoiîC a sonné fauK comme un archet qui grince?

Dans le calme du bourg le cri monte perçant,

Ricoche brusque au nez ébahi du passant

Et leste, lent ou lourd, finit en turlutaine,

Du mouron de sentier au cresson de fontaine.

LA LAITIERE

Dès que tinte au clocher l'angelus matinal,

Quand chante un batelier auK ri>Jes du canal,

La laitière s'en Oa, diligente à la tâche,

Avec sa jument blanche et sa \)oiture à bâche.

Le bourgeois dort encor sous ses rideauK bien clos.

Il n'a cure du coq ni du bruit des grelots

Qui sonnent à l'en^Ji le réxieil au Village.

Un char à bancs cahote au chemin de halage.

Sur le pas de la porte, évitant le marteau

Qui fait trembler la Vitre et réveille en sursaut,

La laitière a posé la jatte lourde et pleine...

Un coiur de Vingt ans bat sous le fichu de laine.

Page 1