LES CRIS DES RUES
Nous rions quelquefois des oiseaux plaisantins
Qui jacassent à franc parler soirs et matins.
Quel esprit nous dira, >JoYant notre cohue
Ce qu'ils peuvent comprendre à nos cris de la rue?
Peut-être jugent-ils propos laids ou niéchants
Les refrains des >)endeurs, les appels des marchands,
Si, nasillarde un peu, sur un ton de pro>JincC;,
La SJoiîC a sonné fauK comme un archet qui grince?
Dans le calme du bourg le cri monte perçant,
Ricoche brusque au nez ébahi du passant
Et leste, lent ou lourd, finit en turlutaine,
Du mouron de sentier au cresson de fontaine.
LA LAITIERE
Dès que tinte au clocher l'angelus matinal,
Quand chante un batelier auK ri>Jes du canal,
La laitière s'en Oa, diligente à la tâche,
Avec sa jument blanche et sa \)oiture à bâche.
Le bourgeois dort encor sous ses rideauK bien clos.
Il n'a cure du coq ni du bruit des grelots
Qui sonnent à l'en^Ji le réxieil au Village.
Un char à bancs cahote au chemin de halage.
Sur le pas de la porte, évitant le marteau
Qui fait trembler la Vitre et réveille en sursaut,
La laitière a posé la jatte lourde et pleine...
Un coiur de Vingt ans bat sous le fichu de laine.