‹ Les correspondants de J. Joubert 1785-1822Chapitre 14 sur 48 · Probablement Foiuhô · texte numérisé non relu

Probablement Foiuhô

M. DE KOiNTANES.

Neuilly, 22 juillet 1803.

(( Je VOUS conjure, mon cher anni, de vous mettre en colère contre tous les sots et toutes les soties qui vous disent que je ne fais rien. C'est le plus absurde et le plus danfjercux de tous les propos. Je sais qu'on l'a écrit et l'a fait dire par le préfet Real à Bonaparte, avec l'intention formelle de refroidir son intérêt. Je viens de lui écrire. Il aime fort X activité, et l'indolence est inexcusable à ses yeux. Il aurait puni le serviteur qui avait enfoui son talent. C'est un homme, à cet égard, fort semblable à Frédéric : il ne fait cas que d'une vie toujours occupée. Vous voyez que les petites choses toujours répétées peuvent avoir de grandes conséquences.

» Chateaubriand a écrit hier de Rome à madame Baciocchi : il a vu le Pape, qui lit son livre et qui Va appelé son cher Chateaubriand; il est toujours au comble du bonheur. Je «vous ai souligné ses propres expressions. La belle édition du Gé7iie du Christianisme a paru hier, j'en ai relu un demi-volume. Je persiste à croire que l'auteur de cet ouvrage est un homme du plus grand talent, malgré Morellet* et Suard^, qui en disaient grand mal l'autre jour. Que de beautés de tout genre ! Et comment Suard, ami de madame de Beaumont, est-il si injuste?

1. L'abbé Morcllet, académicien, appelé en 1807 au Corps législatif.

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