Celle relation ligure à la tin du volume
Mourir si jeune, àtrois centslieues clelaFrance! Heureusement, elle a vu son lit de mort entouré de tous les secours et detousles regretsde ramilic. Ses funéraillesont été accompagnées de tout ce qu'il y a de plus illustre à Rome, et sa mémoire vivra dans des cœurs dignes d'elle. Votre souvenir a occupé ses dernières pensées. Elle vous laisse quelques-uns des meubles qu'elle affectionnait le plus. Ses livres sont à Chateaubriand. Ce pauvre ami est dans la désolation ; il demande son rappel. J'aurais voulu qu'il pût tenir encore. Grâce à des démarches actives et à deux conversations avec le maître, toutes les préventions se dissipaient. Le cardinal même est changé. Les agréments allaient succéder aux persécutions. Mais Chateaubriand insiste. Il veut quitter cette carrière et revenir à Paris. Du moins, c'est lui qui fait ici les conditions. Il sortira de la manière la plus honorable. Je ne sais encore quels sont ses plans. Il paraît que sa destinée future a fort inquiété les derniers moments de madame de Beaumont. Vous reconnaissez bien là le cœur de cette généreuse et charmante femme. Je partage vivement la douleur que vous éprouverez. Je voudrais être avec vous pour parler longuement de celle qui n'est plus. Toutes les fois qu'un être aimable disparaît, je crois voir un grand vide autour de moi. Pour le combler, je voudrais réunir tous ceux qui restent, et vous êtes obstinément fixé dans votre campagne ! On dit qu'on ne vous verra pas de tout l'hiver. Je tremble même que la perte de madame de Beaumont ne vous éloigne encore de Paris. Je regretterais doublement sa mort. Ecrivez-moi, mon cher et véritable ancien ami. Croyez que, dans tous les lieux, dans tous les temps et
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malgré vos plaintes, queje ne mérite pas, nnon cœur est tout entier à vous.
» FONTANKS. »
De 1804 à 1808, les lettres de M. de Fonlancs, alors président du Corps législatif, orateur impérial et mêlé activement à toutes les choses de la politique, nous manquent. Ont-elles été perdues, ou faut-il expliquer cette lacune par les séjours prolongés que faisaient dans ce temps les deux amis à Paris, et qui les dispensaient de s'écrire? Dans tous les cas, leurs relations étaient toujours très intimes, et M. de Fontanes donna bientôt à M. Joubert une preuve éclatante de son affection et de son estime.
En effet, dès qu'en septembre 1808, il fut nommé grand maître de l'Université impériale, il tint à faire entrer des pr.emiers M. Joubert dans le conseil de Tinstruction publique : « Ce choix, disait-il à l'Empereur, est celui auquel j'attache le plus d'importance. M. Joubert, frère du procureur impérial de Votre Majesté auprès du tribunal de première instance de Paris, est mon ami depuis trente ans. C'est le compagnon de ma vie, le confident de toutes mes pensées. Son âme et son esprit sont de la plus haute élévation. Je serai heureux si Votre Majesté veut m'accepter pour sa caution.» Le nouveau conseiller eutpour collègues
MM. de Beausset, ancien évêque d'Alais, de Bnnald, Flendii,Cuvier,Jiissieu,Laromigaière, l'abbé Émery, directeur du séminaire de Saint- Sulpice, le Père Ballan,oratorien et ancien professeur de M. de Fontanes. Ce dernier chercha le plus qu'il put à introduire dans le conseil, à côté des représentants dé la science, des hommes religieux, des ecclésiastiques et même des membres des anciens ordres enseignants. Il voulait rétablir des éludes fortement classiques et restaurer en même temps dans la jeunesse (e respect par le sentiment chrétien. Il lui fallut souvent de longues lutîespour vaincre la résistance de l'Empereur, qui partageait au fond du cœur les sentiments de son grand maître et comprenait la nécessité de rassurer les pères de famille, mais qui craignait aussi de porter ombrage aux anciens conventionnels dont il était entouré.
M. de Fontanes recourait sans cesse, pour les questions d'enseignement, à l'expérience de M. Joubert, dont il connaissait sur toutes choses la sagesse et la perspicacité, et qui d'ailleurs, avant de venir à Paris, avait enseigné quelques années chez les Pères delà Doctrine chrétienne de Toulouse. Nous trouvons dans la correspondance de M. Joubert* plusieurs