‹ Les correspondants de J. Joubert 1785-1822Chapitre 20 sur 48 · LE SÉNATEUR GRAND MAITRE DE L'UNIVERSITÉ · texte numérisé non relu

LE SÉNATEUR GRAND MAITRE DE L'UNIVERSITÉ

9 juin 1809.

(( Mon cher ami, vos notes sont aussi bonnes que les premières. J'attendiai jusqu'à vendredi votre ultimatum. Je ferai une excellente lettre d'après ce que vous m'avez envoyé. Je brillerai beaucoup, mais grâce à vous.

» FoNTANES. »

Ici s'arrêtent les lettres de M. de Fontanes, retrouvées dans les papiers de M. Joubert. La correspondance des deux amis continua cependant, comme le prouvent les lettres de M. Joubert, jusqu'à la mort de M. de Fontanes, c'est-à-dire jusqu'en 48^1. A cette époque, le fils de M. de Fontanes fut

tué en duel, et le malheureux père survécut peu de temps à son désespoir. M. Joubert ressentit la plus douloureuse surprise, en apprenant presque simultanément la maladie et la mort de son ami, plus jeune que lui de trois ans et d'une santé très vigoureuse; il devait, du resle, trois ans plus tard, descendre lui-même au tombeau; mais il pleura jusqu'à son dernier jour celui auquel le rattachaient depuis plus de quarante années les liens d'une affection sans nuage. Tous ceux qui avaient vécu dans l'intimité de M. de Fontanes partagèrent ses regrets. M. de Chenedollé, dont il avait encouragé et aidé de ses conseils le talent poétique, exprimait ainsi sa douleur: « La mort de M. de Fontanes a achevé de me désenchanter de tout, même des lettres et de la poésie. J'ai tout perdu en le perdant. C'était pour moi plus qu'un maître., c'était un ami, un frère littéraire... Fontanes aimait la jeunesse, il aimait l'espérance. Tout ce qui annonçait du talent était sûr de trouver faveur et protection auprès de lui^.. »

M. de Fontanes ne laissait qu'une fille, madame la comtesse Christine de Fontanes, qui, aidée de M. de Chateaubriand et de M. Sainte-Beuve, a pieusement recueilli les œuvres paternelles. M. de Chaleau-

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