‹ Les correspondants de J. Joubert 1785-1822Chapitre 3 sur 48 · A M. JOUBERT, A PARIS · texte numérisé non relu

A M. JOUBERT, A PARIS

« Londres, ce 27 octobre 1785.

))II y a trois jours, mon ami, que je suis à Londres; je me suis embarque à Dieppe le samedi au soir 2^2 octobre; je suis arrivé le lendemain, à trois heures après midi, sur les côtes d'Angleterre; j'ai couché à Brighton. Le lundi, à six heures du malin, j'ai pris la roule de Londres, où je suis arrivé à sept heures du soir. J'ai déjà vu M. de Barthélémy», M. le comte de Gambis, neveu de M. d'Adhémar -. J'ai été reçu, comme on l'est en Angleterre, poliment et froidement. Personne n'y tient une maison. Ils m'en ont eux-mêmes averti. Le comte de Gambis m'a dit que, s'il voulait aller dîner une seule fois en ville, il ne saurait à qui s'adresser, quoiqu'il habite Londres depuis deux ans. Miss Pulteney est à la campagne, ainsi que le général Melville et milord Lansdown. M. Mathy est ici; je compte le joindre demain au Museum Britannicurriy où il loge.

» Gette ville-ci, quoiqu'elle soit immense et beaucoup plus longue que Paris, ne m'a offert, dans certains quartiers, qu'une solitude désespérante; tous les ricbes propriétaires habilent leurs campagnes. J'ai déjà traversé Londres dans toute son étendue; j'ai vu les deux pre-

1. M. François de Barthélémy, secrétaire de l'ambassade française et neveu de l'auteur du Voyage d'Anacharsis.

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