Commune de Villecerf, près de Fontainebleau
3. Le duc d'Orléans avait été grièvement blessé à la bataille de Turin. Mlle Le Bel de La Bussières, fllle d'honneur de la duchesse d'Orléans, fut sa première maîtresse sérieuse ; elle le rendit pèixî plusieurs fois et était précisément en 1706 à Papogée de sa faveur; après avoir obtenu la légitimation de son flls, elle se fit donner le titre de comtesse d'Argenton. A la nouvelle de la blessure du prince, elle partit avec Mme de Nancré, mère du favori du prince, qui, fort mécontent de cet éclat, ne les reçut pas. Elles l'attendirent à Grenoble, où il ne sut plus leur résister; il passa cinq à six joui's avec Mme d'Argenton, ce qui causa un vrai scandale.
iO LES CORRESPONDANTS
qui s'en tient fort honorée : c'est Mme de Nancré ' . Preuve évidente que Thonneur des dames est où elles le veulent bien mettre. La lettre à M. le duc de Bourgogne ne nous est pas revenue, ou, si vous voulez bien que je me confesse rondement à vous, madame, on ne vous a pas jugée assez discrète pour vous la confier, dans la crainte que vous n'en fissiez part à vos voisins et que cela ne revînt à M. le nmréchal de Tessé, qui n'y est pas bien traité. 11 est des amis de votre maison : il sçait que M. l'abbé a veu cette lettre ; ils en ont raisonné ensemble; si elle venoitk se répandre dans le pays où il est présentement par votre canal, cela ne feroit pas un bon effet. En récompense, voicy une nouvelle qui fait beaucoup de bruil. Les assassins du sieur L'Espineau, premier commis de M. Chamillart, ont été enfin découverts par le moyen d'un soldat blessé dangereusement en Flandre et qui, se voyant en péril, a déclaré la chose : c'estù-dire que hii cinquième i'avoit enlevé dans uu carrosse et l'avoit jette dans la rivière de dessus le pont Royal, et cela, dit l'histoire, à la sollicitation d'un lieutenant des chasses de Versailles dont on ne m'a pas bien exprimé le nom, qui leur avoit promis et donné à chacun 60 pistoles, ce qui fait juger que les ordres venoient de plus haut. Cet officiera esté arrêté parordredu roy. —M. Vaillant des médailles-.
1. Aimée-Thérèse de Montgommery, veuve de Claude de Dreux, comte de Nnncré, lieutenant général.
2. Jean Foy-Vaillant, tlls d'un savant numismatiste, étudia lo
DE LA MARQUISE DE BALLEROY il
garde du cabinet de M. le duc de Maine et directeur de FAcadémie des inscriptions, mourut samedi dernier d'apoplexie et fut enterré dimanche. Il s'estoit fait une assez grande réputation dans la république des lettres, et il la méritoit. C'estoit une espèce d'original dans ce genre de littérature, dont la perte sera difficile à réparer. — Me voilà au bout de mon roslet, madame, sy vous ne voulez recevoir comme bon un article que je tiens de M. l'abbé de Lanion * : c'est que les Macédoniens, tributaires des grands seigneurs et voisins de la Hongrie, ont envoyé offrir au roy un secours de 8000 hommes; mon auteur dit avoir veu et entretenu l'ambassadeur. Je vous nomme mon garant, ne m'en demandez pas d'autres, s'il vous plaist, madame, et contez toujours sur mes^ très humbles respects.
MORIX
droit et la médecine. Ck)ibert le fil voyager en Italie et en Orient pour acheter des monnaies, et il poussa jusqu'en Perse. Il a laissé des ouvrages estimés; son fils lui succéda.
4. Fils du comte de Lannion, gouverneur de Vannes et frère cadet d'un lieutenant général très estimé. 11 avait eu des désagrér monts dans sa jeunesse et avait même été mis en 1686 à la Bastille, sur une accusation de contrefaçon d'une lettre de cachet.
2. Morin tenait un bureau de nouvelles, comme le prouve le passage de la lettre de 1710 que nous verrons plus loin. Il se lamente souvent sur la disette des nouvelles. « Point de morts, dit-il piteusement en 1709, point de mariages, point d'intrigues galantes. » \\ promet cependant d'écrire tant qu'il y aura quelque chose dans son i contoir » : il s'engage à adresser des lettres tous les huit jours. Mais le « contoir » s'épuisa, et le correspondant disparut.
Paris, 26 octobre 1706.
M. de Besons est arrivé à Versailles pour rendre compte de la possibilité ou de l'impossibilité de rentrer dans le Milanais; on ne sait lequel des deux ' : il y a des parieurs.
M. le duc d'Orléans est à Grenoble*; il monte à cheval et est guéri, mais son armée ne l'est pas.
La reine d'Espagne devoit arriver incessamment à Madrid ; son retour a esté retardé, parce qu'elle vouloit absolument ramener la princesse des Ursins, ce que le conseil du roy d'Espagne ne souhaite pas. On ne sait encore ce qui en sera arrivé.
Monseigneur fait comencer à Meudon un bâtiment nouveau qui coûtera un million.
On parle toujours de fondre les cloches pour eu faire des louis de sept sols et demi ; le roy en paiera r intérêt aux églises au denier 20.
Paris, lu octobre 1707.
M. le prince d'Auvergne épouse le 20 de ce mois à Anvers Mlle d'Aremberg, qui est fort belle et a 100 000 écus ^. M. de Malborough sera à la noce.
1. Le duc d'Orléans avait chargé Besons de soutenir à ]a cour la possibilité de reprendre les opérations militaires en Italie : le roi se prononça dans le sens contraire.