septembre
Il n'y a nulle nouvelle importante. M. de Ségur, le la gendarmerie, épouse une fille de M. le duo rOrléans et de la Desmares'; on dit qu'on lui donne
l. Colonel (lui avait du accompag:ner Tannée précédente le prince (le Conti en Hongrie. H fut baptisé le i2o avril 1710, dit Dan^eau, ayant pour lo tenir sur les fonts le prince de Conti et la duchesse de Sully. II était colonel du rég^iment de ce prince et avait vingiquatre ans.
2. Le marquis de Ségur, brigadier des armées ; sa femme, qui avait alors quatorze ans, fut reconnue en 17:2:2, en même temps que l'abbé de Saint-Albin.
100 000 francs et la survivance du gouvernement de son père, sur lequel il y avoit déjà un brevet de retenue de 40 OOOécus.
Il y a eu ces jours-ci une grande querelle entre un avocat au Conseil et les Capucins. Cet avocat a un fils de quinze à seize ans qui a quitté la maison paternelle et s'est jeté dans les Capucins. Le père, après bien des pérégrinations, a enfin découvert où étoit son fils; il est allé aux Capucins, a chanté pouille à tous ceux qu'il a trouvés sur son chemin, donné quelques coups de bâton à son fils et Ta ramené chez lui. Huit jours après, le petit garçon est encore disparu ; le père n'a pas été en peine pour cette fois de retrouver son fils : il est allé droit aux Capucins avec un de ses amis, y a trouvé son fils, à qui ils avoient fait prendre l'habit. Il s'est pris de paroles, encore plus violemment que la première fois, avec le Père gardien ; des paroles ils en sont venus aux impositions des mains, et cela s'est terminé, parce que l'avocat a sauté à la barbe du capucin, qui, par bonheur pour lui, s'est trouvée postiche. Le capucin a crié comme un aveugle qui a perdu son bâton ; on a sonné une espèce de tocsin pour assembler le couvent, de manière que l'avocat, ne se trouvant pas le plus fort, a pris le parti de se sauver avec la barbe du capucin dans sa poche. M. le garde des sceaux envoya hier M. Noblet, son secrétaire, faire une vesperie à l'avocat; il a bien honnêtement renvoyé la barbe au capucin, qui n'a pas voulu la recevoir et qui
85S l-ES COBRESPONDANTS
veut k' poursuivre en justice, préti'iniatil des doniiimges ol iiiton^ts prodigieux pour avoir ùté lu iiark il un gardien nu milieu de son couvent; l'a vocal, de son cftto.raceuse de goûts pervers et d'avoir suburuc sou (ils, et s'en plaint aussi en justice. Tout cela ferotl un plaisant procès, mais on l'arrtXera.
B.VLLEnOY
13 seplembre.
.M. le Rt^geul eul hier un violent acc^s de fiè^Tc: on dit que c'est Ui-vre tierce, dont* il a déjà cacht' deux. Ce prince se ménage si peu que tout le mondtcraint fort pour sa saute.
Quelques gens disent que Mme de Berry a mi commencement de cancer ; elle vient de passer huit jours de suite aux Carmélites. On dit qu'elle est dans une grande dévotion. M. de Rion est parti ces jours-ci avec un pompeux équipage pour aller ii son régiment, passer à la revue de l'inspecteur et aller ensuite se faire recevoir k son gouvernement de Cognac ; on dit qu'il est dans la disgrâce du côlr de M. le Régent.
Toutes les troupes campent dans leurs marches, depuis qu'il n'y a plus d'étapes. Le régiment de Coiiti et un antre passant à Saint-Denis, on les a fait camper dans la plaine ; ils y sont depuis trois jours. M. le Prince de Conti tient depuis ce tempslii une table magnifique à Saint-Denis ; on en fait la
revue aujourd'hui ; tout Paris y sera. Il n'y a pourtant, à ce qu'on dit, que 400 hommes effectifs à passer en revue.
Le Parlement de Bretagne fait tous les jours sottise sur sottise. Ils viennent encore de donner des arrêts pour défendre de prendre en paiement des espèces nouvelles, pour défendre de payer les 4 sols par livre et autres choses contraires aux volontés du Roi. Gela va leur attirer des punitions. Berville, qui commande les troupes ^ qui sont en Bretagne, est ici depuis trois ou quatre jours. On va le faire retourner incessamment. Il aimeroit bien autant commander sur les frontières du royaume.
Balleroy.
16 septembre.
Il n'y a, je crois, à Paris rien de nouveau que moi, madame; quelques accès de fièvre que M. le Régent a eus alarment tout Paris. Cependant il fut hier à la revue du camp de Saint-Denis ; toute la maison du Roi y sera le 29, et on décampera le 31 pour aller dans de nouveaux quartiers ; les troupes qui s'y rendent défilent par-dessus les remparts et font voir aux Parisiens qu'on ne les craint guère. Il y a eu quelque démêlé entre M. le Duc et M. le Régent : un paquet du Parlement de Bretagne adressé à celui
1. Mestre de camp du régiment Colonel Général de dragons, nommé maréchal de camp en mars 1719.
L£S COBRBSPONDANTS
de Paris pour lui proposer l'union fat porté cbez M. promior président, qui ussenibla quelques membres sans l'ouvrir. Il a été renvoyé, et une lettre au Roi fui adressée à M. de La Vrilli^ro de la même part, qui la renvoj-a sans la lire, leur mandant que c'étoit tuirt ce qu'il puuvoit faire de mieux pour leur service.
Le Prince de Marcillac, fils unique âgé de cinq mois, est mort hier'.
J'entends tout le monde se louer de M. le ganîp des sceaux ; on fait hien, car je n'nimerois pas à en entendre dire du mal. Il n'y a que lui qui pur ses façons ne parait piu» compter sur la stalnlitii de fortune ; tout le monde le croit très fermemi établi. A propos de cela, on faîl un conte de liiiqnr. s'il n'est vrai , est bien trouvé. Mme d'Argeomii s'est fait faire un carrosse magnifique; elle Ëldiri' au cocher de Monsieiir de l'arrêter devant la [Wrie du sellier pour lui montrer ; on l'aiTt^la ; il vil ''■ carrosse, en examina l'ouvrage, en trouva lu itfinture fort belle ; il loua l'ouvrier. Quand il vint m cartouches, il demanda si la peinture était en huiie. on lui (lit : « Oui, Monseigneur ; comme vousjufa bien I •> Vous le croyez content; point du toul :'i gronda de ce que l'on ii'avoit pas mis les ma.sscsW toul l'attirail de chancelier en détrempe, disant qui' cela auroil été plus aisé à efiiicer. Voilà, iMaJaniftoul ce que je sais.
t . Fils ;iiiio ilii (Inc cic La Rocitcfoucauld el de Mlle df Bcrm*' d'AubIJoux : un aulre Dis naquil au mois de mars ITâO.
17 septembre.
M. d'Asfeld, lieutenant général des armées et fils d'un marchand, comme vous savez, épouse Mlle de Lesseville, fille du président ; on lui donne 50000 écus et lui en assure autant ».
Il n'y a guère de jours qu'on ne parle de changement, et souvent le soir on en parle différemment de ce qu'on disoit le matin. Mais il ne semble qu'il n'y doit point avoir d'ici à la Saint-Martin : c'est un long terme pour un temps de minorité.
Balleroy.
19 septembre.
Le vieux Pommereuil, gouverneur de Dinan, es enfin mort. M. d'Estaing en avoit la survivance et en est aujourd'hui revêtu. Le gouvernement vaut bien 2000 livres du Roi, et il y a encore quelque revenant bon.
Le quinquina a fort bien réussi ; M. le Régent n'a plus la fièvre et se porte bien.
Il courut un bruit hier qu'on avoit fait une assemblée de médecins chez Mme de Berry au sujet d'une glande qu'elle a au sein, et qu'ils avoient trouvé que c'étoit un cancer. Cependant la partie
1. Pierre Bidal, diplomate au service de la Suède, fut créé baron d'Asfeld par la reine Cliristine pour ses services, en 1653 ; il fut père du maréchal qui épousa Anne Le Clerc, fille du président de Lesseville et de Louise Vaillant, morte en couches en 1728.
que M. le Duc lui avoit proposée à Chantilly nVst pas rompue, mais seulement différée ; on dit que ce sera pour la fin de la semaine. Mme la Duchesse et autres princesses doivent partir mercredi. Ce doit être une fête magnifique, qui doit durer neuf jours ; on dit que M. le Régent pourra y faire un tour.
Balleroy.
21 septembre.
On assure que le 18 de ce mois le pape a fait publier à Rome une bulle qui retranche de sa communion tous les évoques qui n'ont pas accepté la constitution ; on dit aussi que le cardinal de NoaiUes alloit faire son opposition , quand il a appris que le Parlement ne vouloit pas lui en donner acte, et que cela l'arrête tout court. M. Tabbé de Saint-Pierre va en Normandie, avec M. de Chùteautiers, ét^iblir la taille proportionnelle.
Les fermes de Bretagne sont adjugées à 4 millions. La noblesse ne s'y est point opposée , et les 60 lettres de cachet sont arrêtées.
:23 septembre.
Il y a eu encore un camp ces jours-ci dans la plaine Saint-Denis. M. le comte d'Evreux a traite magnifiquement tous les officiers pendant que le camp a duré ; le Roi en fit la revue mercredi ; il v avoit affluence de monde extraordinaire.
On assure que le cheTalier de Saint-Georges épouse la princesse Sobieska : on ne sait pas en quelle vue de politique se fait une pareille alliance. Il parait qu'il ne pouToit rien faire de plus avantageux par la richesse de cette princesse.
M. Brochard, ancien avocat du Roi au Châtelet, mourut dimanche dernier.
ai septembre.
L'affaire de M. de Chemeau est manquée : il dît que cela alloit à merveille ; mais Mme de Berry a demandé cette enseigne aux gardes pour un de ses pages , ce qui lui a été accordé à Tinstant. Hier, M. le cardinal de Noailles envoya son appel au chapitre : ils le souscrivirent tous, àTexception de deux. On dit qu'il va assembler un synode pour le faire souscrire à tous les curés de son diocèse.
Il avoit été le matin voir le Régent pour lui parier de ce qu'il comptoit faire, ce qu'il ne parut pas désapprouver , mais dit seulement qu'il ne croyoit pas devoir entrer dans cet appel. M. le Cardinal tira sa commission de président du conseil de conscience et le pria de vouloir bien la reprendre, ce qu'il refusa avec gracieuseté ; mais le Cardinal insista , lui représentant que cela le détoumeroit des fonctions de son archevêché, et que cela d'ailleurs lui paraissoit fort inutile, et enfin lui persuada de la reprendre, ce qui fut fait : par là, il mit au pis les car-
dinaux de Bissy et de Rohan, qui disoient partout que, s'il appeloit, on lui ôteroit dans Tinstant cette
place.
25 septembre.
Il y a bien des nouvelles d'hier, ma chère amie : premièrement, le cardinal de Noailles, qui avoit été samedi remettre à M. le Régent sa démission en lui demandant la permission de publier son appel ; il la fit hier afficher et publier partout, et cela sur le bruit qu'il doit arriver ces jours-ci une excommunication du pape. Cela est regardé ici comme une démarche de grande conséquence pour le parti. Dieu veuille que le pape ne suive pas son idée d'excommunication, car elle causeroit de grands troubles dans le royaume ; mais, comme cela iroit à le priver de ce qu'il tire de nous pour les bulles, je crois qu'on peut se rassurer.
Autre nouvelle. Tous les conseils supprimés, sauf celui des finances ; on dit cependant que MM. d'Évreux, de Biron et de Coigny continueront leurs détails comme à l'ordinaire. M. d'Armenonville est secrétaire d'Etat de la marine, M. Tabbé du Bois secrétaire d'Etat des affaires étrangères. La feuille des bénéfices sera à Tévéque de Troyes, qu'avoit le cardinal de Noailles. On croit qu'il y aura du changement dans le conseil des finances.
Je crois que M. d'Argenson en a grande impatience, car il est extraordinairement composé. M. de La Vrillière fera ce que faisoit le conseil du dedans du royaume et n'aura pas grand'peine.
M. Le Blanc a la guerre : il en faisoit les fonctions.
Balleroy.
25 septembre.
La constitution est aux abois. M. le cardinal de Noailles vient de lui donner un répit qui doit l'achever. Il assembla son chapitre le 22 ; il y proposa son acte d'appel ; il y fut lu et approuvé par tous les jansénistes assistants ; un seul moliniste s'y trouva (toujours des traîtres parmi les fidèles), qui s'appelle Judas de Mont de Bize. Il fit autant de bruit qu'on lui en laissa faire ; nonobstant, l'appel fut publié à tous les prônes dans toutes les paroisses de Paris, non dans celles de Saint-Sulpice , Saint- Nicolas du Chardonneret, Saint-Louis, qui tiennent le parti des Jésuites. On dit que l'acte d'appel est fort beau.
Je fus hier à la messe du Roi : on y voit des gens d'aussi bonne maison qu'aux Capucins ; on n'y cause point. Je ne sais si c'est par respect pour Dieu ou pour le Roi. Je m'en informai après la messe : une grosse troupe de nouvellistes se forma, mais des nouvellistes de premier ordre. Je compris, de beaucoup de choses qu'ils dirent, que tous les conseils et
360 LES œRRESPONDÂNTS
conseillers étoiert anéantis ; il ne subsiste plus que celui de la Régence.
Mme la Duchesse est bien laide, et ici tout le monde l'admire; M. le Duc, ambitieux, coaime vous le connoissez, demandoit à M. le Régent le commandement de la maison du Roi ; le Régent Ta retapé. Ils eurent même quelques paroles là-dessus ; cependant tout s'est terminé à Mme de Sabran, qu'il a obtenue et que M. d'Orléans lui a cédée avec plaisir. Ce marché-là s'est fait au vu et au su de tout le monde. Mme de Sabran même est fort contente. Pour revenir à Mme la Duchesse et à ses admirables vertus, depuis que M. le Duc aime Mme de Sabran *, Mme la Duchesse ne la quitte pas : elle est de toutes les parties ; toute la cour est actuellement à Chantilly ; les princesses nomment, comme vous savez, des dames pour les y accompagner : Mme la Duchesse a nommé Mme de Sabran. Si cela n'est pas d'un bon exemple pour les mauvais ménages, je suis au bout
de mou latin.
Ballerov.
2o septembre.
Hier, le conseil de Régence cassa tous les conseils particuliers et même celui de conscience. M. l'abbé
i. Voir Les tnaitresses du Régent de M. de Lescure. Mme de Sabran fut l'une des femmes ^^alantesles plus désordonnées de son temps. C'est elle qui, un soir, dit au Régent en plein souper que Dieu avait fait de la même pâte les princes et les laquais et d'une autre tout le reste des hommes.
DE LA MARyilSE DE BALLEROY 3GI
du Bois est secrétaire d'Etîit seul pour les an'aircs étrangères, M. Le Blanc à la guerre; MM. de La VrilliiVc, d'ArnienoHville et de Maurepas, secrétaires en charge, se partagèrent entre eux les provinces de France : M. d'Arnienonville a la marine, le comte d'Évreux a le détail de la cavalerie, de Biron de l'infanterie, Coigny des dragons ; Asfeld a les fortifications ; les finances ne sont pas encore réglées : on croit que M. d'Argenson sera surintendant et qu'il y aura des intendants des finances.
M. le Duc alla hier à Chantilly. Mme de Berry y doit être quatre jours avec dix-sept dames et quarante-deux hommes.
Le Parlement de Bretagne a été interdit pour six ans.
Balleroï.
Malgré les bruits qui avaient couru du rappel de messieurs les exilés du Parlement de cette ville, rien n'est cependant plus certain que chacun est allé vers l'endroit qui lui est désigné, car on écrit de Nantes le i7 que lundi dernier, sur les trois heures après midi , M. de Saint-Martin y arriva, prenant la route de Belle-Isie en mer ; il fut descendre au Pélican et était escorté par 10 mousquetaires, commandés par un brigadier, 8 à cheval et 2 dans le carrosse, et U ctoit en manteau et rabal. Les Etais de cette pro-
\ince sont prêts de se séparer, et voici ce qui s'est passé depuis quelques jours. Soixante gentilshommes sous la participation du Président des Etats ayant fait rendre un arrêt au Parlement de Rennes par lequel il étoit défendu à M. le maréchal de Montesquiou et à M. l'Intendant de faire aucune répartition d'imposition pour la province sans le consentement des trois ordres, ils donnèrent 50 écus à un huissier ou sergent de Vitré pour le signifier au greffe des Etats, ce qu'il fit, et on dit même à M. le maréchal et à M. l'Intendant. Sur quoi M. le maréchal avoit fait dire à ces gentilshommes de se retirer chez eux, sans quoi il les feroit arrester et avoit pour cet effet fait venir à Dinan 200 officiers des environs. Les gentilshommes obéirent, et on dit que depuis il les a rappelés. Le pauvre sergent a été enlevé et mené à Paris, où il passera mal son temps, car on dit que son original et ses copies sont de deux différentes dates.
Mardi, les fermes de cette province furent adjugées à MM. Bouret et compagnie à 4 000 000, et on a enlevé les entrées sur les vins, ce qui cause une joie universelle dans cette province.
Le Parlement de Rennes s'étant avisé il v a ^luelque temps d'écrire à celui de Paris une lettre pleine de louanges sur tous les mouvements qu'il avoit et s'étant exprimé en termes trop forts sur la conduite qu'on avoit tenue, et outré pour ainsi dire la matière, M. le Régent, à qui l'on a porté cette
lettre, en a été fort mécontent. Il a cependant permis à MM, du Parlement d'y faire réponse. Laquelle on lui a de même fait voir , et dont les termes étoient dans les termes convenables. Cette conduite a fait plaisir à M. le duc d'Orléans, lequel, de l'avis du conseil de Régence, a interdit le Parlement de Bretagne pour dix ans et commis aux quatre présidiaux de la province les causes qui y étoient rnues ; en cas d'appels, elles r^ssortiroient au grand conseil. On assure qu'il y a eu plusieurs lettres de cachet expédiées à Rennes.
L'appel au futur concile, le mandement et la démission volontaire de président du conseil de conscience de M. le cardinal de Noailles font ici grand bruit ; on dit que cette Eminence s'est démis parce qu'il ne pouvoit vaquer à tant d'affaires.
On parle beaucoup de la superbe fête que donne M. le Duc à Chantilly ; Mme de Berry a nommé les personnes qui doivent s'y trouver. M. le Régent, Mme la duchesse d'Orléans, M. le duc de Chartres, Mlles les princesses doivent y aller. On dit qu'il y aura des parties de chasse pendant la nuit avec des lampions dans le parc.
M. Le Blanc est très estimé des officiers ; lui et Tabbé du Bois prêtèrent serment dimanche entre les mains de Sa Majesté. M. d'Armenonville fit la lecture du serment. M. de La Vrillière, aussi connu par sa naissance, son mérite et son affabilité, que par une profession de plus de deux cents ans de père
3&4 LES COItKESPONOANTS
en fils, s(!cr»^taires d'Elal, est ministre du dodans du royaume, coiijoiuli'iin'nt avec M. do Maurepas, son (fendre, fils de M. de l'oulcliartraiu, qui aura Paris et uii district. Ou dit que M. \e maréchal d'Iluxelles, tr^s habile homme, travaillera toujours pour le& | affaires étrangères. Mais les maréchaux d'Eslrée et de Villlars sont remerciés, et par coiiséqucril uiic || bonne partie des membres des quatre conseils. i
11 n'y aura plus de conseil de conscience dont on I avoil parlé pour larchevéque de Bordeaux, mais * seulement une personne charjçée, comme sous le i feu Roi, do recevoir les mémoires sur les affaires j ecclésiastiques et de rapporter. M. l'ancien évéque de Troyes aura la feuille des bénéfices '. l
On ne doute pas que M. le garde des sceaux ne soit maintenu, occupant si dignemeot la place de président du conseil des finances.
Caomabtix de BoiSSY.
M. le maréchal de Ber^vick ayant rendu compte de l'aduiinistration de la Guyenne, et l'ayant fait en homme consommé dans les affaires, M. le Régent lui dit agréablement ; « Monsieur, après avoir bien parlé des affaires du Roi, vous ne me dites rien des vôtres, » et sur-le-champ lui donna la survivance du
1. Denis le DoutlieUlcr de Chavigny, démissionnaire en 1697 au prolll de son neveu.
DE LA MARQUISE DE BALLEdOY 365
gouvernement de Limousin pour son fils aîné de sa deuxième femme. Il doit retourner à Bordeaux, étant fort estimé dans toute la province.
Les Révérends Pères Doucin, Gasnont et Lalleraant, Jésuites, ont été exilés du royaume ; bien des gens prétendent qu'ils ont été soupçonnés d'avoir travaillé à la réponse de Fitz-Morice avec M. Barillon, avocat du duc du Maine, et le gouverneur du neveu de M. Joly de Fleury,
8 octobre.
M. le premier Président tomba samedi l"" du mois en apoplexie chez le Régent ; il fut promptement secouru ; on dit qu'il se porte beaucoup mieux. Gela cependant l'a empêché d'être le 3 au Parlement.
M. de Maupeou a présidé, et M. le procureur général a apporté le bref publié à Rome le 8 septembre ; après avoir fait un très beau discours dans lequel il a rapporté tout ce qui s'est passé sur la constitution , il dit qu'il voyoit bien par la conduite du pape qu'il vouloit casser les fondements de nos libertés et établir le dogme monstrueux de son infaillibilité, et il a requis au nom du Roi un appel comme d'abus de ce dernier bref. La Chambre des vacations a donné un arrêt par lequel elle a reçu et reçoit le procureur général appelant comme d'abus, ordonne que sur l'appel on procédera au lendemain de ia Saint-Martin et enjoint cependant à tous ceux qui
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^■tKiiw kà ^MBe 300 000 écns, el le {lape lui eii
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M. 1^ oiniinal iV >"oailh*s vient de faire publier uu o<Hive-Jiu ninhteuK'nt p^>ur la publicatiou de son ap(vl : il dit que cV-sl avee une extrême douleur qu'U >e trxmve eucor»' oblig».' de porter sa plainte au tnl'unal de rEjHij^' iiuivers^'lle sur la lettre de Notre Saiul-Pere le Papt- afliehee à Rome le 8 septenibrt'. et que daus le teuips qu'il ii'ctoit occupé qu» prendre des précautions piiur prévenir les abus que Von fait de la constitution . de mettre la vérité « couvert et soutenir l'honneur du Saint-Siège, les droits de lépiscopat et de rétablir la pais, eux. qui ne respirent que le trouble el la dissension, n'ont tra-
vaille qu'à inspirer au souverain pontife des préventions désavantageuses de ses dispositions et de ses sentiments ; ils sont enfin parvenus à répandre dans tout le monde chrétien, sous le nom respectable du chef de TEglise, un ouvrage dans lequel les évoques catholiques zélés contre Terreur, pleins de respect pour Sa Sainteté, sont dépeints avec des traits qui ne peuvent convenir qu'à des hérétiques et des schismatiques, qu'il s'agiroit de faire rentrer dans le sein de l'Eglise. Il cite saint Robert, évêque de Lincoln, qui s'opposa au décret du pape Innocent V, qui concilioit en même temps ce qu'il devoit au caractère épiscopal et à la dignité du souverain pontife.
On assure que le Père Terrasson * ayant été à Montmorency, où est le Père Mabillon, et lui ayant appris l'appel de M. le cardinal de Noailles, le Père Mabillon lui dit : « Oh ! que cela est fâcheux pour l'Eglise ! — Pour l'Eglise de Glermont, reprit le Père Terrasson, car vous n'aurez pas sitôt vos bulles. » Le Père Mabillon avoit déjà fait partir pour Glermont ses meubles, qu'il sera obligé de faire revenir.
Le bruit court que M. l'évêque de Bayonne ne veut pas appeler ; on ne peut pas deviner la raison d'une conduite qui paroît si opposée à ses sentiments et à ses démarches pendant cette grande affaire.
M. le duc d'Orléans a voulu continuer les appoin-
1. De l'Oratoire, i670à ITIK); 1res mêlé aux alTaires littéraires du temps, il entra à l'Académie française.