Le dimanche 21, en sortant de la messe
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maires, au moins qui a passé telle ici à tous : avant*
au soir, on signa L'abandon de Bellisle à M. Lass à la Banque. M. de Bellisle, par le crédit de ss, l'échangea l'année dernière contre des terres ■s considérables. Aujourd'hui, on les cède à la onipagnie pour servir de magasin ; ou dit même je ce sera elle qui payera la garnison '. Le Parlement a des lettres de jussion pour l'en- :gistremcut de l'arrêt des renies au denier 80, ■'! il s prépare à réitérer ne remontrances et n'obéira, ce qu'on dit, qu'à la seule lettre de jussion. Il y a une cabale très forte contre Lass et son stème. M. le Hégeut lui-même voudroit bien en re déchargé, mais il ne sait comment en sortir. Je soupois hier avec le lieutenant de police, avec se/ mauvaise compagnie, quoiqu'il y eût quatre i cinq personnes qui avoient bien de l'esprit. On m'a fait un habit; je n'oserois vous mander qu'il coûte! C'est qu'on n'est plus en deuil, le uil de Mme la Duchesse n'ayant duré que huit urs. J'ai peur de vous alarmer en vous laissant is l'incertitude; il est en argent et va environ 900 livres : c'est vous dire qu'il est assez beau '. Chevaliejî oe Ballkhoy.
. Muyeiinani une rente de 50 000 livres, le roi conservant les ils honorifiques cl y ayant un gouverneur. '. BtRan-j termine sa lettre eu annonçant enfin la visite officielle me de Matignon, < qui pensa nous manger de caresses, mon e el moi, itint en noire nom qu'au vôtre. M. de Matignon nous nf pctimeei, mata avec moins de vivacité. Je fus bien content
Il n'y a rien de nouveau depuis que les princes ont été au Grand Conseil; ils étoient trente-cinq à quarante, tant princes que ducs et maréchaux. Le duc de Yalentinois m'en parut hier un peu honteux. Je lui demandoi comment il avoit formulé son avis. Il me dit qu'il avoit dit qu'il étoit de l'avis de son voisin. On dit ici que la constitution a été reçue au Conseil. Il n'y avoit que quatre ou cinq de ces messieurs qui fussent en droit d'opiner, les autres n'ayant pas été reçus ; on ne s'avisa pas de faire cette objection-là, qui les auroit, dit-on, fort embarrassés. M. Le Tonnelier parla avec force et dignité. On dit que M. le Régent fut par cinq ou six fois sur le point de l'interrompre un peu vivement et que le Chancelier l'en empêcha. À sa place, il prit h parole cinq ou six fois pendant le discours de M. Le Tonnelier, qui, ne s'en tenant pas pour interrompu, répondoit à son objection, puis reprenoit la suite de son discours. J'entendis dire hier que le cardinal alloit revenir contre ce qui s'étoit fait, sous prétexte qu'on lui avoit permis de faire enregistrer au Par-
du duc de Yalentinois ; nous ne vîmes pas sa femme : elle étoit encore couchée. Nous y reviendrons aujourd'hui. Nous sommes aussi contents du père et des frères que nous pouvons l'être. Nous comptons signer ce matin. » Le 27, M. de Balleroy écrit que le contrat est signé du 25. « Cela s'est fait avec toute la politesse et marques de plaisir imaginables de toutes parts, à l'exception et notre cher oncle, qui n'a pas tout à fait marqué tant de joie, quoi* qu'il ait fait très honnêtement; pour Mme de Matignon, elle noos assura qu'elle n'avoit jamais signé de contrat avec tant de plaisir, et enfin elle m'en a paru presque aussi aise que If. de Balleroy; ce n'est pas peu dire. »
lernenl et que cela ne l'auroit t-it> qu'an Grand Conseil. Je souhaite qu'il fasse cette démarche; tout le monde convient qu'elle achèvera de le déshonorer. Chevalier de Ballerov.
Il y a quatre escouades qui courent les rues de Paris aimées d'épées et depistolels, sous les ordres de M. Le Blanc, du lieutenant de police, du chevalier du guet et du prévôt de llsle, Ces messieurs sont commis pour enlever les vagabonds et surtout les gueux. On leur donne 10 livres pour chacun. Ils vont de leur autorité, avec grande indiscrétion, enlevant souvent des gens tout différents de ceux qu'on les charge de prendre. Cela a fait un mouvement terrible dans le peuple, qui les assomme dru comme mouches avec bâtons ferrés et couperets de boucherie. Le désordre augmente, et je ne sais quel ordre on y mettra.
GanuBicf de Boissv.
Avant-hier ici grand tapage; vous savez qu'on coupoit des gorges la miit. Paris étoit infesté d'une multitude prodigieuse de geus sans aveu, bandits et autres. On a créé une espèce de guet du jour pour les M létal. Ou donne une pistole de la pièce : les
vieux à l'hôpital, les jeunes au Mississipî. Il y a pu avoir un peu d'abus, et l'envie de gagner une pistole a pu faire arrêter quelque garçon de boutique qui n'étoit point dans le cas; enfin le peuple a trouvé cela très mauvais. Il s'attroupa hier matin, et il y eut une espèce de bataille où huit tombèrent tant morts que de blessés. Il y eut encore hier quelques tapes de données. Tout cela n'est pas grand'chose, mais on a fait des contes admirables. M. de Charolois revient demain : c'est encore un mystère.
Chevalier de Balleroy.
43 mai.
Je ne vous parlerai point de ce qui se passe dans les rues. Balleroy vous en rendra compte. On arrêta hier au soir un palefrenier qui est entré chez nous depuis deux jours. Il n'avoit pas encore ma livrée. Cependant il fit tant qu'on le laissa aller, après lui avoir pris les 15 livres qu'il avoit. Il est encore si étourdi du bâton qu'il ne peut rien dire.
On dit que d'Armenonville vend sa charge de secrétaire général de la marine à M. le Contrôleur général ; que d'Alligre va commander en Bretagne à la place de Montesquiou. Il auroit été utile pour le service que le changement eût été plus tôt fait, et que l'on voulût bien encore changer leur premier président.
Le duc d'Albret a aussi renoncé aux mariages
DR LA MARQUISE DE BUJ.EliOY
anglais pour se marier en terra catholique. Sun mariage est arrêté avec Mlle de (lordes, à qui l'on donne 20 000 livres de rentes, en attendant la succession de son oncle, que l'on dit très considé- ►rahle.
Il y a eu de grands tapages entre le comte d'Auvergne et son Anglaise. Comme je n'eu sais les détails que par un des proches du mari qui hait fort la femme, je crois qu'il lui donue plus de torts qu'elle n'en a. Il prétend qu'elle a voulu prendre des hauteurs et soutenir qu'on ne traitoit pas ainsi nm personne de sa qualité, .le lui crois trop d'esprit pour ne pas connoitre un peu plus le peu qu'elle est née. Dans la dispute qu'ils eurent ensemhle, elle lui reprocha sa Suissesse, qu'elle traita de guenon. Le prince d'Auvergne soutint la vertu et la chasteté de la reine de sou cœur; il ajouta que. si elle avoit été B veuve lorsqu'il se maria, il l'auroit épousée de préférence. Il alla souper chez elle et conta la scène et ce qu'il avoil repondu. Le mari, charmé de l'estime qu'il témoignoit de sa femme, dans l'effusion de son cœur, dit qu'il voudmit. être mort il y a un an pour avoir le plaisir de »oir sa femme princesse.
CuMAHTlN Db BoiSSY.
Le Roi a acheté le thermes uiiiiu sous le nom de Poudre des Charl
autrefois reux; ce re-
mède purge par les sueurs et est excellent contre toutes les maladies malignes.
M. le Contrôleur général continue à délivrer les prisonniers retenus pour dettes. C'est l'abbé de Tencin ! qui est chargé de l'argent qu'il faut pour cela. On joint à M. Lass M. de Meure, qui de son côté a employé plus de deux millions, dit-on, pour cette œuvre de charité.
On écrit de Bretagne que le maréchal de Montesquiou a ordre de mettre garnison à Saint-Malo avant de quitter cette province. Apparemment que la cour a ses raisons pour en agir ainsi, car on sait que les bourgeois de cette ville avoient le privilège de se garder eux-mêmes. On croit qu'on fouillera dans les maisons de cette ville, sur l'avis que Ton a reçu qu'il y avoit quantité d'argent caché.
On confirme que M. Lass persévère dans le dessein d'établir une banque au Mississipi. Il prétend engager par la les Espagnols à venir échanger leurs piastres contre ses billets, qui leur seront payés a La Rochelle ou dans quelque autre port sans prendre aucun droit sur eux. Il en reviendra un grand avantage ii la Compagnie et aux Espagnols, puisqu'il leur en coûtoit plus d'un quart de leur argent pour le faire remettre en Europe.
L'envoyé du duc de Modène qui a accompagné
4. Depuis cardinal. A ce moment, il était chargé par Dubois de convertir Lass, et il en profitait pour bénéficier largement du système.
la princesse a fait do grandes libéralités te jour de Sainl-Marc, patron de son maître. Il a distribué plus de 10 000 livres au peuple de la ville de Vienne en Dauphiné.
Outre les conditions du mariage de la petite André ;iviv le marquis d'Oise, ce riche mississipien fait encui ■(■ une pension de 6000 livres au duc de Brancas, frère de son gendre '. De plus, il achète une terre que le duc a auprès d'Orléans, dont il lui paye h valeur comptant, et cependant le vendeur en percevra les revenus sa vie durant.
On parle du mariage de M. le Duc avec la princesse Sobicsky, cadette de la femme An Prétendant -.
Le mariage de M. I'aunier d'Orgeville avec Mlle de Saint-Hermine 3 s'est fait, le 2 1 , à Montrouge, chez le marquis de La Vrillière. Ce ministre n'a rien épargné pour rendre cette fête galauk et magnifique. Il y a eu enniédie italienne, suivie d'un grand l'eu d'artifice. Le Roi et le Hégeut ont signé le contrat.
1. Jeun André, iiiitrik-fi i-lii'f du jri)lj«!l«l du Uni, .icijuéreur en 171'.) :■ La lerre de Mongeron, lii une Immense fortune; il Bancs sa .'. j^-ce di' ti-ni; uns. ;iu marquis d'Oise, l'n'-rc eadel «lu due .!■■ \ ,!l.n- -llriFn-.i-. M il.ul remis BU luliir 300 000 livre* COH1J)i.-ini, 90 000 livres dt pension jusqu'au Jour du mariage, fixé à h
ni' an 11 te de IVnl.iiif, >,iii« ri'iiiliii le (.'<>ni]iie. Ce mariage.
K-Siiunii, avorta OTOBt i« lin de la bouillie de la martel me ■i culbute de Law. Lw Bramas gardèreni l'argent reçu, mais eurent ;i subir un pre* ta qui don quinze an>,
'2. il se remaria en 1738 seulement, avec Ûtariolte de Ueaee- Hbeterets.
S. MargMfHek, OUa du marquis da Sainte-Hermine et de Marie
i.ivi de i ■-■-, m. j un' I .[ili n H71' am a M. d'Orgeville, ewioul
■laiis les affaires, nifiiln1 des requÈles, puis inlendunl des Antilles
tOi LES CORRESPONDANTS
On assure que le comte de Gharolois entre au prochain Conseil. Il y a parole positive du Régent.
M. de Tavanne, capitaine de gendarmerie ', a 3000 livres de pension.
27 mai.
Vous aurez su le sort des billets de bauque et des actions. On parle fort d'un arrêt qui doit être rendu demain à ce sujet; on souhaite qu'il apportera quelque adoucissement au premier *. Il nous en coûtera quelque chose s'il n'y a point de changement et encore plus à M. de Matignon. Ils m'envoyèrent avertir hier dès le matin de recevoir la dot de notre chère belle-fille. J'allai chez leur notaire et y trouvai l'intendant du maréchal, qui me proposa d'abord A signer ma quittance, quiportoit une espèce de lédue tion de sa pauvre petite dot à 64 000 livres, qui estb somme à laquelle monte à présent la valeur de 50 M lets de 1000 livres. Pendant cela le notaire me murmuroit à l'oreille de porter la perte par moitié, à qw
i. Henri-Charles de Saulx, comte de Tavanos, marquis deN$ et d'Arc-sur-Thil, capitaine-lieutenant des chevau-légcrs d*Aw* puis des gendarmes de Flandre ; il devint brigadier des arroéft lieutenant général de la province de Bourgogne, bailli de DijoM avait épousé en 4712 une fille du marquis Amelot de Gournay.
2. Cet arrêt du 21 mai diminuait les billets de banque * cinquième de mois en mois, de façon qu'à la fin de l'année • billet de 1000 livres ne devait plus valoir que 500 livres. La ■* sure était déplorable et faisait croire la situation encore plus compromise qu'elle ne Tétait. L'émotion fut immense, telle qn* arrêt du 28 révoqua le précédent.
je leur répondis que je n'avois ni le pouvoir ni la
volonté de rien de tout cela, et qu'il me paraissoit
que, quand une fille de sa naissance avoit une aussi
petite dot, il n'étoit pas raisonnable de chercher à la
diminuer, surtout la justice étant de son côté à elle,
car il est certain que les billets ont été jusqu'à
aujourd'hui entre leurs mains et que, s'ils avoient
augmenté, ils en auroient sûrement profité.
Je plains fort le pauvre M. de Boissy; je crois
qu'il ne se trouvera pas plus riche qu'il étoit avant
le Mississipi.
Balleroy.
20 ma..
Voilà que ça change. Il parott un avis qui casse
et annule celui du 22, qui détruisoit les billets de
banque , en sorte que les voilà revenus à leur
première valeur. Ainsi MM. de Matignon ni nous
n'y perdrons rien. Je cours soir et matin pour placer
la dot.
Balleroy.
31 mai.
L'arrêt du 27 révoque celui du 21 , qui avoit causé une consternation à Paris telle qu'en province, au point que l'arrêt du 27 rétablit très faiblement la confiance que l'on avoit mise aux billets. Le Parlement a fait de nouvelles remontrances. M. le Duc,