PARIS
1,11:11 AIME 1IACHHTTK ET
79, BOULEVARD SAWT-G
Il n'y a pas grand'chose de nouveau depuis jeudi; Mme la duchesse du Maine est restée à Fontainebleau pour y attendre uu carrosse plus doux que celui dans lequel elle est partie, ne le pouvant supporter. Mme de Chambonas, la dame d'honneur, et Mlle des Forges ont permission de l'aller trouver. Mme la Princesse a demandé que Mlle du Maine aille à Chabot au lieu de Maubuissou et l'on assure que M. le priuce de Dombes et M. le comte d'Eu vont ensemble à Eu, à la prière de M. le comte de Toulouse. Voilà un petit changement à ce qui s'étoit dit d'abord. Adieu, ma chère reine; je vous embrasse de tout mon cœur.
Vous avez su une partie de ce qui se passe ici. M. de Chatillou n'a point été arrêté à Salins, comme
t LES CORRESPONDANTS
on l'avoit dit, non plus que M. févèqae de Nit L'on arrête force gens tous les jours, et Ton prél que jeudi nous verrous des choses surpreoao La même chose qui se passe ici se passe en E: gK, (pane qaem dU<jue M. de Sabtt-Aigaan a fait de même que l'ambassadeur d'Espagne ici. a aussi plusieurs gens que le roi d'Espagne a arrêter. On parle aussi que la conspiration faite coi la roi de Prusse et le Czar a été découverte, et toute la famille royale de Prusse devoit être | gnardée. On dit que le cardinal de Bissy a ordre rester à Meaux et le cardinal de Rohan à Savei IL «de Paumont, piiemier maréchal des logis monqttcJtan'eg *rô, a 4e commandement dn o tenu de ftourlens, où va M. le duc du Maine, et oi de porter toujours la clef de sa chambre iam poche, ii a 6000 livres de pension ; l'abbé firiga qui'étoit à 4a Bastille, est mort. Le maréchal de ' tare a donne ordre à son suisse que sa porte ouverte à tonte hmire, même de la nuit, à iceux i viendraient peur l'arrêter, car on dit «qutil est nombre. 'Le prinne deiCanti n'a point été<au cons ou »fl «, «été Jféiolu -que M. et .Mme »du Marne serti arrêtés.
La banque Lass est passée avec un arrêt du *q seil, que Ton crie dans les rues. On annonce p< demain le manifeste de Al. le duc d'Orléans.
GjKàRDLN.
DE LA UAitqUISE l»E BAUEKOï
(Janvier I7M.
Ftov ', poète connu par l'opéra «I»1 Ctillirof rf PBOSiim pour l'auteur de Sémiramis, se résolu! il y a trois ou quatre jours a se faire saigner. Le diirurgien le saigne et s'en va. Il est à noter que, étant en chambre garnie, il n'avoit ni assiette ni plat pour recevoir le sang qu'on lui retira. Ou prend mie ècuehe tie dem *pj'il y avoit; dans l'autre, il y avait du bouillon prêt. Le ipoèie pour tout train .ivnit un laquais qui. comme valet de poète, «toil accoutumé à trotter tous les matins avec sonnets, épi grammes , ballades; il y en «voit cinq nu six à porter ce matin-là. Son maître, qui ne se faisait «Ligner que par précaution, [Yiivuvh tfl lui dit de diri' il la servante de la maisou de venir -dans une heure lui donner un bouillon. L'heure se passe, la fille vient et ne se trompe pas de porte, mais se trompe de plat, qui étoient tous .deux couverts. Elle eiet le sang chauffer, et, à mesure qu'il chauffe, mon homme par iliicir parvient ii la plus étonnante fréuésn1 qu'un ■M vite. La fille appelle au secours ; on le lie, ou renvoie dMKÉMr h rhirurgien, qui s'éturme depareil accident : il tiil qu'il lui faut faire prendre un bouillon. « il est là qui chauffe, » répond la servante. Il y
L Pierre-Charles Roy (1U8M704J, conseiller au Cbatelct ; il tfoca peu de sa riiarge en 9e 4unn* tout entier h la littérature ; il
g beaucoup de divertissement- pour la cour, si il eût pu xjuèrlrdan» le monde une situation iioliftHe, sans son caractère ri et ses mooors déplorables.
va, découvre l'écuelle, voit du sang qui bout et ne s'étonne plus. Il le met refroidir; le malade se calme à mesure. Enfin il se gèle, parce qu'il étoit sur une fenêtre et qu'il faisait froid, et le sang se gèle dans les veines du poète. Il devait mourir hier.
5 janvier 1719.
Un homme fort bien mis s'est fait introduire dans le cabinet de M. le duc d'Aumont et, se voyant seul avec lui, lui a demandé de l'argent; les gens du prince entrèrent par bonheur dans le cabinet, et le duc, ne voulant pas le faire prendre, le fit conduire à la porte sans que ses gens eussent su quelle proposition il lui avoit faite.
Il y a beaucoup de voleurs à Paris : les gens sages se retirent de bonne heure.
Je ne sais si M. de La Cour vous a porté les Révolutions de Larépublique romaine ; l'ouvrage feroit grand plaisir si l'on étoit moins au fait de cette histoire. L'auteur est l'abbé de Vertot, auteur des Révolutions de Suède. L'épitre dédicatoire m'a fait grand plaisir ; la similitude parfaite qu'il trouve entre le duc de Noailles et Scipion m'a d'abord rappelé l'accusation de péculat intentée contre le Romain. Sans s'en défendre, il se souvint qu'à pareil jour il avoit pris Garthage, et il proposa au peuple romain de monter au Gapitole pour remercier les dieux. Je
DE LA MARQUISE DE BALLEUoY j
ne crois pas que le Scipion moderne ait eu une pareille défense à proposer. L'épître n'a servi qu'à renouveler la chanson que je crois que vous savez sur l'air: Si Mahomet, le démon du Levant , etc. :
Du général qui pari pour Roussillon, Le choii ne doit pas vous surprendre.
Après celui qui commande en PiedmonI, A quoi devlei-voiis vous adendre?
Quand on choisit un nouveau Scipion, Pourquoi vouiei-vous prendre garde s'il cm neveu de la femme à Scarron On in:iri rl'unc Chamillardc ?
lui dit que le cardinal de Polignac a demandé à changer le séjour d'Anchin contre la citadelle de Douai et qu'on lui accorde cette grâce. Il faut que la résidence soit quelque chose de hien inutile pour les ecclésiastiques, si la prison est préférable. M. de Machault lui a permis de prendre parmi ses papiers son poème favori de Y Anti-Lucrèce et quelques bijoux en or qu'il a mis dans ses poches.
Le Régent a dit au cardinal de Noaillcs que dans toute cette affaire les anticonstitutionnaires lui étaient moins contraires que les cousti tu tioun aires. Vous ne sauriez croire combien cela nous a comblé de joie. On dit le bon père Le Sellier en fuite, les cardinaux de Rohan et de Rissy condamnés à résider.
On a arrêté ces jours-ci Silly , des dragons ; passe pour cela : c'est un militaire. Mais que ditesvous de l'aîné de La Railletiue? Si c'étoit son frère le bailli, je dirais : Passe ! mais quelle fonction auroit-on donnée à l'aîné? celle de nouvelliste des conjurés.
$ US» COftUSTO&MNT»
De conjurations il y en a tout plein partout z
f Cette de ce poya-ei ;
2f Une autre en Espagne, pow laquelle e» » arrêté le fil» da maréchal de Bcvwick, son* hem*père, etc. ;
3° Une nonneUeeit Moscovie,po«r laquelle le Czar a fait répandre encore bien du sang •
4° Une m Danemark, que F on dit faite par le frère du roi 'r
5° Celle de Prusse, comfutte par un Français tomme Qéiae&t, qui devoît taire assassiner eu un jour toute la femîlk royale*
Jug&z quelle belle politique.
Or débite la mort du roi de Suède* tué de deux coups de KKxnqpet au siège de Frédéricstadt k lu. Cette nouvelle passa hier peur certaine au Palaiaftoyal; M. de Pneu ae le croit pas..
Ca^MARH» DE BoiSSY.
Parla,, es 8 jpiwien 1740.
Je *m* an mndé hier, ma chère s*Mr, fae k mmt du roi de âoède- était ioeerteine. La. confiima- H&a en est Ternie depuis de plusieurs endroit*- Il a été tué d'i» coup de fauconneau à b tête et a<'apas parié depuis^ Le» Suédois- ont fait immédiatement après» sa mort «ne trêve avec les Danois; ceux-ci enft fait eertaoeMtat me sottise,, car l'armée suédoise saM chef et l'Étatsaa&roi n'auroient pas eu beau jeu.
On dit qac* Laaévilte a été bftUé pua un accident
LA lAfc(.«iI9B DE BALLEROY
jl que le duc et la duchesse de Lorraine s'en sont iés en efmmse.
Dtt 9 an matin. — Muilaute montra hier à Baudry une lettre qu'elle veuoit de recevoir de Mira de Lorraine. La paria qu'ils mit fuite à Lunéville est inestimable : tous leurs meubles ont esté consumés avec le ehàtiMii : leur vaisselle d'aigent, leurs pierreries i't MHS li-s titres de la. Lorraine : plus de quartrtwiugts personnes oofc péri dans le feu. Le duc i't la duchesse se sont sauvés en chemise. Cely a l'inpnrté un -le leurs enfants, un autre homme de I» tue a sauvé l'autre euilre ses bras.
Cadmartcv dk Boissï.
13 janvier,
La noblesse de Bretagne a écrit à M. le Régent une lettre fort respectueuse, mats qui explique bien Wurs griefs.
Le régiment de Bourbonnais, qui est en ce paysla, a fait beaucoup de désordre dans un village dont ils ont pendu le curé; les paysans ont pris, les armes et util tué trente-cinq soldats.
On ne croit point du tout que les. Tares veulent pa Lv. cette année; ils font des préparatifs uùrea et donnent la liberté à 10 OOt) eschrétiens, il condition qu'ils suivront le prince Kagoski; les seigneurs hongrois les vont joindre ai foule '«
Je suis bien dérangé sur mon devoir, ma chère tante ; je ne vous ai pas encore souhaité la bonne année : vous m'avez écrit sur cela, et je n'ai pas fait réponse. Jugez si je suis affairé; je défie personne d'exprimer un homme bien embarrassé d'affaires par des expressions plus sensibles. Agréez donc que je répare ma faute en vous souhaitant aujourd'hui tous les biens de la terre et surtout une prompte vision du biribi ; on n'en voit encore qu'à Paris : le biribi ne s'est point encanaillé dans les provinces. Vous perdrez le goût du faraon, du réversi et même du brelan ; un plein gagné à propos vous rafraîchira le sang, un quart vous mettra en goût de faire fortune : vous jouez hardiment et par conséquent heureusement ; vous verrez que les banquiers vont à l'hôpital et maudissent le secret qu'ils ont donné au public. Seroit-ce la raison du retour? Nous bâtirions un temple au biribi, qui n'en a déjà que trop à Paris.
Les Mémoires de Mademoiselle ne seront imprimés nulle part. M. de Machault a fait main basse dessus; on a même pris des mesures du côté de la Hollande, précaution bien inutile, comme on voit, quand on a lu ces mémoires ; ils n'ont aucunement le même danger que ceux du cardinal de Retz. L'imprimeur étoit au second tome; j'ai eu par grâce spéciale un exemplaire du premier : c'est le seul qui soit rassemblé et relié; je vous en offre la lecture, mais je
vous demande un peu de soin et d'exactitude ù me le renvoyer.
Chevalier d'Aeujenso?.'.
10 janvier.
M. de Beauffreinout a été prier M. le Hégent de ne point envoyer son régiment contre le roi d'Espagne. « Monseigneur, lui a-t-il dit, si vous avez la bonté de m'accorder ce que je vous demande, vous me tirerez du plus cruel embarras où j'aie de ma vie été. L'obéissance et la reconnoissauce prétendent avoir même empire sur moi ; je vous dois l'une ; les obligations que j'ai au roi d'Espagne ne me permettent pas de lui refuser l'autre. » M. le Régent lui répondit qu'il y avoit déjà prévu ; d'autres disent que la réponse avoit été plus vive et qu'il auroit ordre de vendre '.
Œdipe est toujours fort suivi. Sémiramte est tombé. On va jouer Iphigénie. Nouveau couplet sur sa chute, qui ne vaut pas mieux que l'opéra :
liéveilkvi-vous, Iphigénie.
Sémiramis veut s'endormir.
Réveil lez- vous, Ton voi Elle ne 'peut se soulen
prie,
Les généraux sont nommés pour l'armée d'Espagne ; on dit les maréchaux de Berwick et de Bezous. Les compagnies de cavalerie, qui se vendoient dix-sept et dix-huit, vont être taxées à huit.
. Il élail chevalier de la Toison d'or ei fui forl approuvé. Le Hëjjeiit le nomma brigadier au mois île juin.
10 LES* €OaaEaPOM»DAMT».
20 Janine».
Le pâté a été trouvé excellent; nous en mangeâmes encore hier au soir, et d'une commune voix il fut préféré à un de faisan que nous entamâmes. Quelle victoire pour le cocfion de lait ! Le souper fût très long et fort gaillard. La maîtresse de la maison, qui irai me ni le vin ni Ta table, y resta cinq bonnes heures sans s'ennuyer et but assurément autant que personne de la compagnie. Le mari levoit les mains aux cieux et pensa chanter le Te Deum pour nouvelle âme gagnée à Dieu. Le malheureux Muret, qui étoït entre la Montauban et moi , en tenoit rudement pour son compte ; le visage allongé d'une coudée, Tes yeux battus jusqu'à la boucfie, il surpassoît le chevalier de la Triste-Figure. La bonne Langeron, qui avoit mis la scène en train, se retira très prudemment au sortir dé table *. Le reste de la compagnie rentra dans fct chambre. Tout fe monde parloït à la fois. Maîgré ma taciturnité vineuse, je parlois plus que personne. Je voudrais que vous eussiez entendu un. Anglais qui v avec une voix assez grêle et l'accent plus étranger qir'iî n'en est jamais armé des bords de la, Tamise, ne cessait de chanter des petites chansons d'amour avec des mots à daahle entente. Dieu, a. béni notre petit travail^ da
1. Élîsattetft te Camusr, fille du premier président de la Gourdes aide&r mariée en 1716 à Louis Andrault, marquis de Maulevrier- Langeron, maréchal de France en 1745.,
DE LA MARQUISE DR BAiLEKOY II
moins 1* mien : ^e avn ai pas eu le moindre ma) de Héb aujourd'hui. Plus long griffonneur aujourd'hui que babillard hier, j'ai honte de la longueur de la digression daus laquelle le cochon de lait m'a jeté.
La mort du Suédois, comme vous dites, est un Curieux coup dt sifflet pour faire changer la décoration.
La Courcolette ffi meurt '. Ce sera une lu-Ile Bme devant Dieu. Voiei à peu près comme tria est arrivé. Courcollet et elle s'étoient raccommodés, fi a commencé à sentir les atteintes du scorbut; je dis j't la dame qu'elle prît garde non seulement à éviter tout rapport avec son mari, mais même les verres et fea riiillers. Elfe me répondit avec un embarras qui me persuada qu'elle ne lui a voit rien refusé. Le mal parut peu de jours après au gentil cavalier. Les chirurgiens ont travaillé sur ce pauvre diable aux ciseaux el bistouris- Tout le monde Ta dit circoncis. Sa chaste épouse elle-même n'eu diseomenoil pas; depuis quelques jours, le même malTaat laquée. Elle a d'abord voulu le cacher, mais il se fait si violemment senlir qu'elle s'en meurt.
Que dites-vous du vieux Broglie, qui a été demander avec grande vivacité au Régent de le faire maréchal de France, comme le plus ancien lieu-
I. Jeun uV Tm-NiiMiiii. Mtgneiir <!<■ Woiiilid, garilc du irésn i HMOBi CuOCMUM; su bans était Mai:ie-Aiin UM.
tenant général. Son Altesse Royale lui a répondu que M. de Lauzun se plaindroit, étant plus ancien que lui 1.
Caumartin de Boissy.
a février 4719.
Vous savez l'affaire du curé d'Orléans, que Foo avoit accusé d'avoir contrefait une lettre très impertinente de l'évéque au Régent. Huit experts sans qualité avoient jugé que la lettre étoit de la main du curé ; quatre autres nommés d'autorité de justice avoient confirmé la même chose. Pendant ce tempslà, l'abbé de Sainte-Geneviève est venu dire à mon frère qu'un particulier de la ville d'Orléans avoit été à confesse à l'un de ses religieux et lui avoit avoué qu'il étoit l'auteur de la lettre, qu'il l'avoit faite sans aucune mauvaise intention, mais simplement pour empêcher que l'évéque, qui avoit quatre lettres de cachet avec le nom en blanc, ne s'en servît pour chasser les plus honnêtes gens de la ville. Qu'au reste il n'avoit pas prétendu faire la moindre affaire à son évêque, dont il n'avait cherché à contrefaire ni l'écriture ni la signature.
Ce discours d'un homme d'une probité connue
1. Charles de Broglie, marquis de Dormans, entra au service de France comme colonel d'un régiment étranger et fut naturalisé pour ses brillants services militaires; il fut nommé lieutenant général le 24 août 1688 et obtint enfin le bâton le 2 février 4734.
t que mon frère, qui est a la tête de la chambre : l'Arsenal, ne pressa si vite l'affaire que M. d'Arnenonvillc et sou frère l'èvèque d'Orléans l'au- ■oient souhaité. Ils crîoient comme des aigles. Pendant ce temps, l'écrivain ne paraissoit pas ; de temps en temps, l'on disoil qu'il alloit venir, qu'il demaudoit seulement un sauf-conduit du Régent et sa grâce. Le Régent offroit le sauf-conduit, promettant seulement la grâce lorsque l'écrivain serait jugé et condamné. Pendant ce temps-là, cet homme ne vninii pas. Les amis du curé et tout le parti de la morale sévère disoient qu'il ne viendrait pas que lu grâce ne fût accordée. Comme elle ne pouvoit l'être avant une condamnation, vous jugez comme le parti de la constitution crioit victoire, Ils disoient que c'étoit un fantôme que les Jansénistes annonçoient. mais qu'ils n'osoient faire paraître. Les neutres comme moi suspendoient leur jugement, comprenant bien que, quelque bien intentionné qu'il fût pour empêcher h perte d'un innocent, il n'avoit pas une figure assez agréable à faire dans tout cela pour se presser de paraître. Cependant je commençai à croire que c'étoit une fable inventée par le parti pour sauver le curé. Hier enfin il se monta et vint chez M. le due de Saint-Simon, qui a toujours été plus bé avec les Jésuites que personne; mais il est honnête homme et rend témoignage à la vérité. Il copia les lettres de l'èvèque au Régent très couramment et d'une façon si semblable, qu'il est très facile de voir que c'est
14 <UBS C0RRB8P«IH)âinS
lui «pii a écrit ceffle qui fait le procès. M. 4e Saûrt- Skûon et le procureur général 4e Dette aosntmiBim àHèreflft^beeVe Régeat et cheeie gurdedes Boesnxrt de % <chez<m<Mi frère. l'ai <vu la tenue et fort «xaûné tous tes papiers ; je pui6 assurer qve c'est k même «an. <2et homme a 4onné «ne <lédana4ion «bien signée de lui oontenant Itoeu de*» farte «et les métis. Le ftégetit «dit qu'H était pleinement commci de l'émitGeDGe eu curé, «pie l'on *ne ptraroît lui +virir 1nop tôt les portes 4e 4a prima. Ifai&, owne il y a une ferme à donner à tout cela , les cohumsaines «'assemblent cette apnès-midi chef S* Àhesse Itojale.
$ février. L'Affaire peitôe tter devrai 4e ftégmt, il a dît ifu'il s'agisscàt d'examiner s'il Battait approfondir l'affaire jiHÛdiejaetoent, ou ààusftcmea/L mcflfat ftmnme (hors de -prison. Mon foèm rcmoaiia qne l'on ne pwvoft absoudue le cuvé Basa une im&iwcr tion complète. -Cet aris * passé, et on * néwtade faire arrêter l'écrivain , bien (entendu en M Ur cordant aa grâce s'il était <oond«Bi)é. H uy aroitjpe cela à flaire. Vous jugez bien que (les coMtitatioanaires «et les antiGonstitutionnaires dhcanrrMt 4 agiront ; d'ailleurs l'écrivain «est un h «urne riche de plus de 30 000 éous, dont îles Mens derâeudraiegt an besoin les gages de la justice.
Le petit due 4e Saint-Simon est fanent cmÉuIr Récent, «qui a rendu public 4e ««m 4e lïmmme <f* «'•est 4énomé. 11 y a «uekme «hose «dans tort «eh
diuconinréhensible; pouvoit-il compter que l'on tînt l'affaire du curé sans procédure? Dès qu'on l'narort fait, «on iiciui ne pouvait .demouror secret. Il y adant* tout cela quelque chose de cacbé.
fCADKAWrn DE BoiBSY.
B février 1710.
L'affaire du ouré d'Qtrlénns l'ait plus ide >bruit que je ne puis^'ous le dire : constitationuau-es irt ,anticonstilutionnakes se rangent «on .bataillons de ■deui • l'ik-s ut combattent l'un pour un parti, et l!autre pour l'autre, à fer émoulu. Personne d'entre eux ne parle raison. Les eonstitutiounaires croient que les premiers rapports des experts out tout établi contre le curé, que c'est sur oela qu'il faut juger ; qu'il n'est plus question d'examiner si la lettre siguée ide J'é«ôqiie >est .de cului qui sion avoue l'auteur, puisqu'il est prouvé qu'elle est du curé par douze experts qui sout bien unanimes; que, .quelque nouvelle -vérification que J'en vint faire, elle ne prouvoroil rien; que l'on sait assez que le iparti janséniste ne plaiudroit ni soins, ni crédit, ni dépense pour corrompre de nouveaux. experts.
Les autioojjstiuitionnaires ne août ipas tplus raisonnables .: ils votidroieut qoe >l<exameu faitahez le due de Saint-Simon eût itnut fini ; qu'il y asoit cent autres moyens que oelui-là-dtabsoudue le curé poriun émeut du conseil de (Régence, et que -c'est nuan-
quer à toutes les paroles que Ton a données à l'écrivain de faire autrement. Je ne sais si je vous en ai marqué le nom. Il s'appelle Masnon; il est de même famille que le conseiller du grand conseil et cousin germain de MM. du Chéré et Chourdin. Si le curé d'Orléans est coupable, ils ont raison de parler ainsi et de souhaiter qu'il soit tiré d'affaire sans plus d'examen ; s'il est innocent, et qu'ils veulent qu'il se lave, il ne le peut être qu'en approfondissant tout à fait l'affaire. S'il étoit mon fils ou mon frère et que je le connusse innocent, je ne voudrois pas qu'il manquât rien à l'instruction. Et j'avoue que tous les efforts que font tous ceux de ce parti commencent à me faire douter fort de son innocence, maigré ce qui m'a paru de l'écriture de l'homme qui vient s'accuser. Car dans la vérité je ne compare pas ma lumière dans ce que j'ai vu en peu de temps avec le rapport d'experts qui ont examiné longuement.
Je reviens à votre lettre. Les perdrix dont vous me parlez me donnent une douce espérance : elles ne seront point mangées sans boire à votre santé. Nous nous donnons entre nous des soupers que j'ai commencés assez sagement. Ils sont venus à un point d'extravagance outrée. Le Pivert avait suivi mon exemple. La musique de l'abbé Bignon, qui précéda celui qu'il nous donna, mit un air de fête dans le repas, qu'Ory voulut soutenir par 200 bougies et un souper enragé. Nous exigeâmes de Richebourg plus
de modestie, il nous paroît même de la frugalité. Il nous donna deux services d'extra, trois de rôtis, deux d'entremets et, ce qui nous surprit le plus, deux de fruits ; et toutes choses si recherebées que je ne Croîs pas qu'il ait été quitte des seules entrées pour quatre cents livres. La Grauville avoit un peu radouci les choses. Beaussan, chez qui nous soupànies hier, nous Ht le plus excellent repas et le mieux entendu que j'aie fait de ma vie, soit pour le vin, soit pour les liqueurs, soit pour les vivres; ce qu'il y eut même de mieux, c'est que je n'ai jamais vu tant d'air de simplicité, ni rien de si exquis. Demain, le petit Chalillon entrera en danse, Beruage après, puis Saiut-Contest. Je pourrai bien recommencer, surtout si j'ai votre secours.
Calmartjx de Boissy.
Vous n'aurez ici que des nouvelles subalternes. M. de Beynac a été tué à la foire par un Anglais. Madame de Seignelay est morte en couches '. M. d'Estiau a épousé Mlle Feydeau de Marville '; Mlle d'Aguesseau épouse, dit-on, M. de Berbizey, premier président de Dijou '; M. de Pontcarré (ils, Mlle de Jas-
1. Anne de la Tour-et-Taiis, mariée à Charles Colbert, comle de Seignelay, peiit-flls du ministre.
2. Bonne Feydeau, tille de M. de Marville et de Bonne-Courlin de Boisbarry, épousa, le 25 février 171SI, Louis Croisât, marquis d'Ëstiaui, conseiller nu parlement, veuve le S septembre suivanl.
3. Fille du chancelier et de mademoiselle Le Févre d'Ormessun,
sau1; M. de Pré, conseiller, a épousé Mlle de La Motte. Beaucoup de gens vont au bal. Mercredi, beaucoup iront kY Electre de Longepierre*. On va essayer Mlle Pipy dans le sérieux. On dit une grande querelle entre MM. d'Effiat et de Saint-Simon, une autre fort vive entre l'abbé du Bois et M. de Torcy. Bien des petites bagatelles que je ne puis pas écrire.
Chevalier d'Argensox.
il février 4719.
L'ambassadeur d'Agleterre, Milord Stairs, a fait son entrée dimanche ici, qui étoit bien belle.
Tous les prisonniers qui ont été mis à la Bastille y sont toujours sans que l'on en dise rien, sinon il y a longtemps que l'on avoit dit l'abbé Brigaud mort à la question. C'est M. le garde des sceaux et M. Le Blanc qui les vont interroger. On y a aussi mis d'autres personnes de peu de considération; on dit que l'on doit transférer M. de Malesieux 3 et que le Parlement lui fera son procès, parce que l'on a trouvé un de ces mémoires écrit de
elle épousa le 15 février 1722 le comte de Chastellux, lieutenantgénéral.
1. Geoffroy Camus de Pontcarré, premier président au parlement de Rennes, épousa Marie de Jassaud, fille d'un président à la Cour des comptes.
2. Jouée avec un brillant succès sur le théâtre du prince de Conti à Versailles, cette pièce tomba tout à fait quand on la représenta à Paris en 1722.