‹ Les correspondants de la marquise de BalleroyChapitre 22 sur 79 · Deux vol. in-12, publiés en · texte numérisé non relu

Deux vol. in-12, publiés en

3. Les lettres de cachet sont du 28 juin. Ces quatre frères, fils d'un cabareticr du Dauphiné, firent par leur union et leur intelligence une immense fortune. Ils arrivèrent aux affaires sous le duc de Bourbon.

ces mutations prouvent incontestablement que M. Lass est mieux que jamais dans l'esprit du Régent.

Le président Dodun, qui remplace M. deCoursou Barville comme intendant à Bordeaux, lequel quitte sur sa demande, a acheté de M. Le Voyer pour 360 000 livres la charge de maître des requêtes. On assure que M. d'Argenson l'aîné est rappelé de son intendance de Maubeuge.

3 juillet.

Notre neveu n'est plus lieutenant de police : c'est M. Beaudri qui a cette place. M. Trudaine, prévôt des marchands, est aussi remercié et remplacé par M. de Ghâteauneuf. Les Paris sont exilés, et le tout, à ce qu'on dit, parce que tous ces gens-là ne sont pas bien persuadés de la bonté du système. J'ai ouï dire dans la famille que M. le Garde des sceaux a demandé le rappel de son fils, intendant à Maubeuge, et on l'approuva fort, ne croyant pas qu'il doive le laisser en prise aux mauvaises intentions de ses ennemis. On dit que M. le Régent, en remerciant M. Trudaine, lui dit qu'il le regardoit comme un des plus honnêtes hommes du royaume, mais qu'il étoit trop éloigné du système pour pouvoir se servir de lui plus longtemps.

Balleroy.

ISO LES CORRESPONDANTS

G juillet.

M. de Châteauneuf, conseiller d'État, fut élu, le 4, prévôt des marchands à la place de M. Trudaine. On blâme MM. de la Ville de ce qu'ils n'ont pas fait leurs remontrances au sujet du nouveau prévôt, qui, suivant l'usage, auroit dû être Parisien, au lieu que celui-ci est Savoyard.

On ne sait point par quel organe le bruit s'est répandu de la mort du maréchal de Villeroy. Cette nouvelle devint si publique que, chacun voulant être informé, la foule fut si grande que le maréchal fut obligé de laisser les portes ouvertes pour se faire voir. Les harengères de la Halle ne manquèrent pas de faire une députation, qui fut très agréablement reçue. Celle qui porta la parole parla si tendrement et si pathétiquement, que le maréchal et toute sa famille en furent eux-mêmes attendris. M. le duc et M. le marquis de Villeroy les embrassèrent les unes après les autres.

Le 4 au matin, le Parlement fit une députation au sujet de la rareté de l'argent et du défaut de police, faisant entendre que les billets perdoient à la place jusqu'à 40 0/0. Son Altesse Royale prit en bonne part ces remontrances et fit entendre aux députés que l'on remédieroit bientôt à ces inconvénients.

Le 30 juin, il y eut une grande réunion de car-

I)K LA MARQUISE DE IULLEItOY tti

linaux, archevêques et évéques, qui signèrent tons un second accommodement, qui n'est pas cependant i goût de la plupart de ces messieurs: mais que ne oit-on pas sacrifier pour la paix et. pour empêcher s inconvénients d'une espèce de schisme? Le maréchal d'Estrées fait travailler avec empressement ii ses équipages destinés pour les états de Bretagne. Il prétend y tenir deux tables de l'iiiqoante converta chacune et une de trente pour la luivre noblesse de cette province. 11 a arrêté deux ont cinquante personnes, qui ne seront employées service des tables.

Le marquis de la Chenaye a obtenu pour son fils i de deux ans la survivance de ses charges de ami ècnyer tranchant et de cornette blanche, qui cuvent valoir G000 livres de restes.

Le Roi a tué hier deux pigeons, et son médecin kpit présent. II lui dit que pour lui il ne tuoil que des hommes et le tout avec des médecines. Il pro- BS« qu'il jouerait l'après-midi au lansquenet, mais u'il vouloit qu'on apportât de l'argeut et qu'il vouloit pas de billets; il dit que c'éloit l'occiialiou de quinze commissaires que de les bure nuper.

IaUMAUTIX DE BoiSSï.

8 juillet.

M. d'Argenson avoit soutenu à merveille qu'on lui ait ôté les sceaux; mais il a été infiniment touché de la police.

Le vieux Mailloc », que vous aurez certainement vu aux Tuileries avec les nouvellistes, épouse Mademoiselle d'Harcourt l'aînée. Avant que de l'épouser, il lui fait une donation de 20 000 livres de rente, à prendre sur tous ses biens. Je crois que le reste sera léger.

Balleroy.

43 juillet.

Il court un voyage nouveau, traduit de l'anglois, d'un homme qui a été vingt-huit ans seul dans une île déserte 2. Je le crois fait à plaisir ; mais je doute qu'il en fasse à ceux qui le liront. Jacques Macé a inventé quelques autres ouvrages de cette espèce, mais si plats que c'est pitié.

1. Claude Lydie, fille du maréchal d'Harcourt et d'Anne Drulart de Genlis, mariée le 4 juillet à Gabriel de Mailloc, comte de Cléry- Crégny, veuf de Mme de Loury, fort âgé et qui lui avait fait de grands avantages; il avait alors soixante-treize ans et Mlle d'Harcourt vingt-neuf.

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