Robinson Crusoé parut en Angleterre en
3. Les lettres que nous marquons d'astérisques sont écrites par un secrétaire de M. de Boissy ; il y donne presque chaque fois des nouvelles de son fils.
47 juillet.
On vient de rendre un arrêt du conseil qui permet aux particuliers de porter leurs billets à la Banque pour être brûlés au moyen de ce qu'on les écrira dans un registre de banque pour les sommes qu'ils y auront portées, ce qui leur donnera un droit qu'ils pourront céder, ainsi que cela se pratique depuis longtemps en Hollande et qu'on appelle compte en banque. Il y en aura pour 300 millions à Paris et autant dans les autres villes du royaume. Dans ce moment, dix heures du matin, mon cordonnier, en m'apportant des souliers, vient de me dire qu'il y a à la Banque plus de désordre qu'à l'ordinaire, qu'on lui a dit qu'il y avoit quinze hommes tués, qu'on avoit mis quatre de ces morts dans une charrette et portés sous les fenêtres du Régent, que la populace avoit suivi en grande foule, qu'on avoit été forcé de fermer les portes du Palais-Royal et de faire venir le guet à cheval pour dissiper cette populace, mais que, le guet ne se trouvant pas le plus fort, il lui a représenté qu'il n'y avoit pas d'argent au Palais-Royal, mais qu'on leur en donneroit à la Banque. Voilà où cela en étoit quand il est parti de son quartier, qui n'est pas bien loin du Palais-Royal. Dieu veuille que cela n'aille pas plus loin !
Balleroy.
47 juillet.
On nous promet incessamment toutes sortes de bons arrangements. Mais ils ne paraissent pas encore. Il y a eu ce matin quatorze personnes d'étouffées et plus de cinquante blessées à la Banque. M. Lass, allant au Palais-Royal, a été arrêté par la populace dans le temps qu'on y apportait les corps qui venoient d'être étouffés ; il a été obligé de se sauver dans le Palais-Royal à pied ; son carrosse a été brisé et ses domestiques bien maltraités.
Les pauvres Bignon sont profondément touchés du malheur du lieutenant aux gardes. On dit que c'est Faîne qui a embarqué l'affaire par un coup de canne qu'il donna au sergent; le cadet en tua deux de sa main avant d'être porté par terre *. On parle plus que jamais du mariage de M. de Vignerot.
On fait approcher 6000 hommes de troupes * qu'on va mettre autour de Paris.
Balleroy.
4. Jérôme Bignon, seigneur de Blangy, conseiller d'Etat, biblio" thécaire du Roi après son oncle l'abbé, membre de l'Académie des inscriptions (1698-J743). Paul, seigneur d'Isle-BelIc, enseigne au régiment des gardes, mort le 7 juillet. Tous deux fils d'Armand Bignon, avocat général aux aides, puis maître des requêtes, et d'Agnès Haubert de Bruc.
2. On manda les troupes occupées aux travaux du canal de Montargis, et on les campa prés de Charenton. On plaça aussi de la cavalerie à Chaillot et à Saint-Denis.
20 juillet.
Le Parlement est toujours à Pontoise, plus incorrigible que jamais '. Ils sont tous les jours en fêtes les uns chez les autres. Les présidents tiennent des tables épouvantables ; le petit Pelletier a loué l'hôtellerie du Grand-Cerf, où il a donné dix-huit appartements à autant de conseillers qu'il nourrit. Le premier président est logé à Saint-Martin, où il y a soir et matin deux tables de vingt-cinq couverts. Ces pauvres messieurs, si l'exil est long, finiront par se ruiner. Avez-vous rien vu de si insolent que la manière dont ils ont enregistré la déclaration qui les envoie à Pontoise? Il semble qu'en l'enregistrant ils l'aient voulu détruire. Cependant ils sont accoutumés à faire tant de sottises que, comme il y avoit tout sujet de croire qu'ils feroient encore pis, l'on n'a pas laissé d'être content à la cour de leur obéissance simulée.
Le Parlement a enregistré redit qui les transfère à Pontoise avec quelques restrictions. H y a des gens qui disent que ces messieurs avoient comploté
1. Le Parlement persévérant dans sa résistance à tous les projets de Lass, avait fini par reruser l'enregistrement de redit accordant le privilège du commerce à la Compagnie des Indes. Le 24 juillet, le Palais fut occupé, et chaque membre du Parlement reçut militairement Tordre de transfert à Pontoise. Ils en revinrent au bout de peu de temps, en consentant à enregistrer la bulle Unigenitus.
ISO LES CORRESPONDANTS
de déclarer le roi majeur, mais que le procureur général, comme bon serviteur de l'Etat, en a averti, et que c'est sur cela qu'on leur a distribué des lettres de cachet à tous. Gela seroit si extraordinaire, que j'ai peine à le croire; mais ce sont de ces bruits qui
courent.
Balleroy.
41 août 4720.
Je croyois si bien partir demain, que je n'ai plus ici ni linge ni habit; mais je suis encore arrêté pour quelques jours, ayant à recevoir le remboursement de M. de Sourche. Il n'est pas raisonnable de partir avec 20 000 livres de billets, dans un temps où l'on craint plus que jamais pour les gros billets. Paris est à présent un pays que tout le monde déteste et d'où tous les honnêtes gens voudroient bien être loin.
M. de Guitaut est ici; il y a trouvé sa belle-mère grosse de trois mois; il parle sur cela fort noblement. Les méchants disent qu'il ne rit que du bout des dents. Il risque d'y perdre les 100 000 livres
promises après le grand-père.
Balleroy.
Le Parlement se réjouit fort à Pontoise; il y dépense comme les agioteurs à Paris cet hiver, pendant que la rue Quincampoix fleurissoit.
Rien n'est trop cher pour eux; ils font une chère terrible. Leur punition, au lieu de les corriger, ne fait que les confirmer dans leur entêtement. Ils sont incompréhensibles. Le président de Novion est le seul qui ne tienne pas de table.
La peste dure toujours à Marseille, quoi que Ton en dise. On dit même qu'elle gagne Béziers.
Caumartin de Boisst.
22 août.
On dit que M. Lass a proposé de faire fabriquer de la monnaie de billets et que les officiers de la monnaie l'ont refusé, sous prétexte que par la loi de l'Etat cela leur est défendu sous peine de la vie.
M. le Régent a pris depuis peu un appartement au Louvre sous celui du Roi, pour être plus près de lui et pouvoir raisonner plus commodément avec lui sur les affaires de l'Etat, car on commence à lui en parler quelquefois.
Il y a des gens qui disent que le frère du comte de Horn est à Paris avec de mauvaises intentions, non pas sur la personne du Roi, mais enfin sur une personne sacrée; cela n'est pas vraisemblable, car il est bien sûr que, si on l'en soupçonnoit, il seroit bientôt arrêté. On parle toujours d'une guerre : on dit que M. le Régent dit il y a quelques jours à son
lever que, si l'on faisoit la guerre, il savoit où prendre 300 millions pour la soutenir; ainsi nous n'avons rien à craindre.
Balle roy.
26 août.
Les deux médecins de Montpellier qu'on avoit envoyés à Marseille ont déclaré que c'est la maladie de la peste, et tous les gens qui ont quelque bien sont sortis de la ville.
La comtesse d'Armagnac entra hier en ménage ; le prince Charles lui a donné une demoiselle., deux femmes de chambre avec tous visages nouveaux pour le service. Mme la maréchal d'Estrées, après avoir pris congé du Régent, ne va plus en Bretagne : elle a envoyé un courrier pour faire revenir ses femmes et ses bagages avec son carrosse; on n'en dit pas le sujet : les uns disent que le Régent ne le vouloit pas et d'autres que c'est elle-même.
Il y eut hier un grand conseil de finances et la plus belle cour du monde chez le Roi, pour lui souhaiter la bonne fête. Le Régent lui donna la plus belle porcelaine du monde avec sa soucoupe garnie d'or, qui a coûté 8000 livres, et M. le Duc un couteau de chasse garni d'or avec un ceinturon ; sa chambre étoit remplie d'orangers dont les oranges étoient confites et les fleurs de sucre, de fruits de toute espèce, qu'il donna aux seigneurs de la cour, et le soir il monta
DE LA MABQCISE DE BALLEROV 189
en carrosse à six heures pour aller au salut à l'Assomption et se promener aux Champs-Elysées.
On a fait partir des médecins et chirurgiens de Paris, de Grenoble et d'ailleurs pour Marseille. Ceux de Montpellier qui demandoient à y aller sont obligés de rester; la maladie a gagné plusieurs villages, et les voleurs volent partout les lieux abandonnés, ce qui fait qu'on y a fait marcher des troupes et envoyé de l'argent et du blé pour ceux qui sont sur les hauteurs et sauvés à la campagne. M. l'évoque de Marseille ne veut point sortir et donne toute son application pour les pauvres et les malades.
Il y a trois ou quatre jours qu'un homme fort bien habillé qu'on dit un commissaire de la marine, passant le soir dans la rue du Bout-du-Monde, rencontra un homme qui lui dit : « Bonsoir, monsieur uu tel » (c'est M. Vergier), l'appelant par son nom, et lui tira un coup de pistolet dans la poitrine. Le guet arriva et, ne trouvant que le corps, le fit emporter à la Morgue. On dit qu'il étoit riche de 8 ii 11 millions. Il ne fut point volé. C'étoit l'homme du monde le plus agréable, qui a fait de belles chansons du temps de M. de Seignelay '.
Mme d'Estrées va en Bretagne. Le maréchal de
I. Jacques Vergier, né û Lyon en 1683, poêle distingué, auteur dp jiilis conles. On donne phisiftirs causes de ce crime : les uns disent tjue le Hêgent voulut se venger de l'niilcur de la parodie de Mitkridale, auquel on attribuait aussi les fliilippiiues; d'autres parlèrent de jalousie, de méprise.
Villars a demandé au Régent la permission d'aller avec son fils en Provence.
27 août 4720.
Le président des Maisons épouse Mademoiselle de Ménars, petite-fille du défunt président de Ménars ; on lui donne en mariage la terre de Ménars, à laquelle sont attachés le gouvernement et la capitainerie des chasses de Blois, le tout valant 30 000 livres de rente; sur quoi il en rend 12. Il reste encore à M. et à Mme de Conflans, ses père et mère, celles de Conflans et de Neuville, qui sont tout proches de
Ménars, et d'autres lieux considérables *.
Balleroy.
31 août.
Le Roi signa avant-hier le contrat de mariage de M. le président de Maisons avec Mademoiselle de Ménars, qui seront mariés demain à Saint-Roch, à midi. L'évêque de Marseille n'est pas mort de la peste, comme le bruit en court. Les lettres du 21 portent qu'il va bien et qu'il donne toute son application à remplir le devoir d'un bon pasteur, et qu'il avoit
4. Jean-René de Longucil, marquis des Maisons et de Boissy, président à mortier le 27 juin 1716, à dix-sept ans, mort en 4721. — Marie* Charlotte Charon de Ménars, fille de Jean Charon et de Françoise de La Grange-Trianon, morte le 1er décembre 1721, à quatorze ans.
donné 25 000 livres pour assister les pauvres malades. L'archevêque d'Aix ayant appris que toute la noblesse et les bons bourgeois abandonnaient la ville d'Aix, à cause que la maladie n'étoit qu'à deux lieues et qu'il étoit mort dans le faubourg d'Aix un maître chirurgien et deux garçons après avoir ouvert un cadavre, est revenu. Le maréchal de Villars pousse le Régent pour lui permettre d'aller dans son gouvernement; il lui a dit d'attendre dix à douze jours. Le gouverneur de Bellile mande qu'il y a 2400 hommes qui n'ont pas de pain, destinés pour le Mississipi.
On dit que demain les louis d'or de Noailles seront à 90 livres et les autres à 72 par l'arrêt qui paroitra. Les billets de banque de 100 livres perdoient hier 14 livres; personne n'en veut prendre.
La nouvelle de la mort du chirurgien d'Aix est fausse. L'intendant l'envoya voir des malades dans un village où il laissa son fils avec un garçon; le fils y mourut pour avoir pris de l'émétique de son chef; le garçon tomba malade quelques jours après chez son maître, qui, craignant la peste, le mit à la porte, et le Parlement Ta condamné à lui payer 200 livres pour sa nourriture. Il est guéri et il n'y a point de maladie à Aix. L'évêque de Marseille mande du 21 qu'il étoit mort et enterré cent vingt personnes en un jour dans une seule paroisse.
On dit qu'il rentre tous les jours de l'or en France.
La peste de Marseille fait tous les progrès et a déjà gagné des villages vois
On se plaint fort de la ville d'Aix, qui 1 tout secours; les autres villes voisines envoyé du blé et tout ce qu'elles ont pu.
Le feu étoit au vieux Louvre dès hier
me dit hier au soir qu'il y étoit encor
ne savoit quand il seroit éteint, tant rem
étoit grand.
Ball
2 sept<
La peste de Marseille fait beaucoup de p tue une infinité de gens. Il s'est établi une trois à trois quatre cents bandits qui pille les bastides des environs et qui ne manque de porter la peste plus avant.
On ne découvre rien sur l'assassinat di Verger. C'est une chose affreuse que la d'assassinats qui se commettent journellem la ville. La misère qui règne partout, la fac chacun a de porter sur soi tous ses effet fainéants que l'agiotage a produits, sont ( tout cela.
Nous saurons ce soir ce qui se sera [
matin au Parlement. Tout le monde est persuadé que Ton refusera les lettres patentes sur l'acceptation relative au corps de doctrine.
Gaumartin de Boissy.
2 septembre.
On a publié ces jours-ci un arrêt dont je crois qu'on vous aura rendu compte. Cependant je vous dirai que par cet arrêt il est dit que tous ceux qui gouvernoient la Banque et la Compagnie des Indes ne s'en mêleront plus : ainsi voilà des Forts déplacé, à la grande satisfaction du public ; MM. d'Ormesson, Landivisio, pour la banque, etc., déplacés; M. le Régent, protecteur perpétuel de Tune et de l'autre, et Lass, grand rapporteur de toutes les affaires qui se présenteront pour Tune et pour l'autre. On fera incessamment un conseil pour cela, dont on dit aujourd'hui que M. le duc de La Force sera le président, et M. de Silly, du pays d'Auge, le vice-président, pour quoi on lui donnera 30 000 livres de pension. On espère que cela fera reprendre faveur aux actions et peut-être aux billets aussi '.
En vous écrivant, j'entends crier dans la rue pour 8 millions de rente d'augmentation sur l'hôtel de
1 . On est frappé, en étudiant l'organisation de la Compagnie des Indes, telle que la constitua Law, de sa ressemblance avec nos grandes sociétés financières actuelles; il y avait en lui un véritable génie financier, venu malheureusement trop tôt.
ville ; tout le monde y porte son argent ou pour mieux dire ses billets.
C'est aujourd'hui que le Parlement se doit assembler pour enregistrer une espèce de déclaration concernant la Constitution ou la refuser. Il me semble que l'opinion commune est que ce sera la dernière.
L'incendie dont je vous ai parlé n'étoit pas précisément au Louvre, mais à plusieurs petites maisons d'ouvriers qui étoient dans une place proche do Louvre, et la plus grande perte a été un chantier considérable de bois de charpente excellent, qu'oc conservent depuis longtemps pour quand on en aun besoin pour le Louvre.
Balleroy.
3 septembre.
Par un arrêt public qui a paru avant-hier, le Régent a bien voulu se déclarer protecteur de la Compagnie des Indes et gouverneur perpétuel ; M. Lassest directeur général de la Compagnie et de la Banque; le nombre de quarante directeurs à 30 000 livres d'appointement est réduit à vingt-quatre à 20 000 livres de gages. Le duc de La Force président du nouveau Conseil de la Compagnie; M. de Silli, vice-président. On supprime M. Le Pelletier des Forts et les autres commissaires de la Banque. Le Roi a déclaré que les actionnaires de la Compagnie des Indes ne pourront en aucun temps et sous quelque prétexte
DE LA MARQCISS DE DALLER0Y ttt
que ce soit être taxés pour raisou de profils qu'ils oui fûts ou pourraient faire à l'avenir dans ladite Compagnie. On a enregistré un édît qui crée pour i millions de rentes viagères au denier 23 sur l'hôtel de ville; la Banque ne Tait aucun paiement: les billets de 1 0 livres perdent i sur la place pour dos espèces, qui sont diminuées; les autres billets, à proportion. 1** duc de Lorraine les ayant défendus dans ses États, on a pendu à NiUKA un homme pour en avoir un seul. La populace i chanté toutes sortes d'ordures à M. Lass et jeté de la houe et des pierres à son carrosse'. Les nouvelles de Marseille sont si mauvaises, qu'on n'ose les écrire, Personne ne veut enterrer les morts: on les jette par-dessus les murs dans les cûnetiénM ; ou ne trouve pas de chaux pour les consumer. Uèfèqm de Marseille, qu'on a dit mort, a vendu joann dernière soutane pour assister lui-même les pauvres malades qui manquent de tout, parce qu'on a défendu à peine de la vie, en Dauphiné, en Languedoc, au Comtat et en Italie, d'avoir aucun commerce avec la Provence, qui ne peut se soutenir toute ■ule. Les médecins de Montpellier font quarantaine trois quarts de lieue d'Aix avant de s'en retourner. ont fait leur rapport et trouvé 500 mourants is l'infirmerie, et une femme avec sa Bile dans e maison abandonnée, n'ayant pas seulement de au, qui est très mauvaise. Le maréchal île Vil-
. i* \" septembre, la fille de Law, âgée de douze an», fui ullee dnos son carrosse.
lOr, LES CORRESPONDANTS
lars a demandé deux fois permission au Régent d'aller en Provence; il lui a dit d'attendre dix ou douze jours; il doit lui demander une troisième
fois *.
La maréchale de Boufflers fait ce soir une noce magnifique : sa fille sera mariée avec le marquis d'Alincourt, après souper, à Saint-Paul.
Les galériens de Marseille ont refusé d'enterrer les morts après leur avoir offert la liberté. Le prince de Monaco mande qu'il est dans la plus triste situation du monde, n'ayant commerce avec qui que ce soit.
10 septembre.
Le Roi se porte à merveille, et le Régent a cessé de prendre les eaux de Balaruc. On dit qu'il prend quelques remèdes, ce qui fait qu'il ne coucha pas hier au Louvre. Il envoya M. de La Vrillière à Pontoise samedi retirer la déclaration et les lettres patentes du Roi pour l'affaire de la Constitution, que le Parlement a refusé d'enregistrer sans modification, ce qui fait dire qu'il sera transféré à Poitiers et qu'il n'y aura pas de chambre de vacations. Le Parlement est en vacances, et la plupart sont à Paris. On doit établir à Paris un conseil souverain pour juger des affaires de retraite et autres, ce qui fait