Atsnfen MM
L'ambassadeunlc Moscovie donna hier une grande B dans sa maison a l'occasion de la paix du Nord; I v ;l eu feu d'artifice, suivi d'un souper magnifique •td'un bal où tous les masques furent reçus '.
Càumartin de Sai-yt-Ange.
Voilà une pièce pas trop nouvelle que je vous rmiie. Vous ivcounoîtrez aisément le nom en blanc, uî finit en glie ou glio, suivant ce qui convient pour , rime. Sa femme se meurt de faiblesse *. Elle
s'est expédiée par la vie qu'elle a menée, veilles, n, eau-de-vie et tout ce que votre prudence vous
Fera deviner. G'étoit une des belles haines que celle a toujours régné entre son mari et elle. Ils
s'étoient cependant donné parole l'un à l'autre que elui ou celle qui verrait l'autre en danger excluroit ut prêtre de L'entrée de sa maison. Il a été régulier œtte parole. Il est même arrivé un incident qui dans
i'aulres temps auroit pu avoir plus de suite qu'auurd'hui. Le curé, averti du serment réciproque, a itulii se faire ouvrir la chambre de la malade. Le
. La fêle du prince Dolgorouki fut splcndido el dura les 21, Dtbre. Voir Marais, II, page 284; Barbier, t, p. 178, "c avail pour but de célébrer la pai\ avec la Suéde, 2. Mlle Vcysin, femme du marquis de Brogliu.
mari a refusé la porte en disant qu'elle n'étoit pas si mal qu'elle le croyoit et qu'elle le prieroit d'y venir quand elle en auroit besoin. Le curé ayant insisté beaucoup plus, le mari dit qu'il lui alloit parler. Au lieu de revenir rendre réponse, il envoya un M. de Barville, son ami, qui tint des discours peu gracieux et l'envoya paître. Broglie cependant, sachant que le curé s'en plaignoit fort, a obtenu un certificat d'un moine qui marque qu'il l'a confessée et même dans les meilleures dispositions du monde. Il ne la laisse voir à personne ni de sa famille à elle ni de la sienne ; les frères et son père, qui étoient brouillés avec lui depuis longtemps, lui ont fait inutilement demander à la voir. Il reste toujours enfermé dans sa chambre dans son chagrin noir, qui est apparemment causé par quelque autre chose que par l'état de sa femme, dont il ne s'est jamais soucié. Les uns disent que c'est par cette belle pièce de poésie, qu'il n'a appris que depuis peu ; d'autres disent qu'il faut qu'il y ait a cela quelque chose qui lui soit arrivé dont il ne se vante pas ! .
Caumartin de Boissy.
2îi décembre 17:21.
La veille de Noël, le prince de Conti entra dans la chambre de sa femme et lui demanda avec q'ii elle comptoit souper. Elle répondit avec trois dames
i. La copie de la pièce de vers manque.
qu'elle nomma, La Noue et une autre dont j'ai oublié ■ nom, mais fort sans conséquence. II lui défendit b souper avec aucun homme. Il alla de son côté à la de minuit il Saint-Gervais et alla déjeuner us sa petite maison. II rentra à neuf lieures chez i femme, qu'il traita des noms les plus aimables, oulut lui jeter la couverture a bas et qui pis es) la imt: il tira deux fou boa épée et l'auroil percée sans i gens. Hier, elle se retira chez Mme la Princesse 1.1 r les six heures du soir. Madame sa belle-mère, qui •st bien avec elle, alla l'y trouver pour la ramener el lui porter on bel habit qu'elle avoit fait faire pour si>-, étresnes. La jeune princesse fut inflexible et dit qu'elle avoit couru de trop grands risques pour s'y exposer encore une fois. Elle s'en retourna et revint une seconde fois sur les insistances de son Bis, Mais Mme la Princesse ne la lui laissa pas parler et signifia qu'elle ne parlerait à personne jusqu'à ce qu'elle ait fait ses couches. MM. le Duc et de Obarotaia prennent avec une grande hauteur l'affirmative pour leur sœur. Des femmes de mes amies BOUpoionl hier chez le Régent, qui étoit très gai. Il dit (mil ne doutoit pas qu'il n'en eût uue visite dans la soirée. Sur les onze heures, il vint avec sa mère ré. lainer sa femme, qui s'étoit enfuie de chez lui. I.r Kégenl demanda si eue étoit allée dans quelque ien suspect. Il dit qu'elle étoit allée chez Mme la Vincesse. Le Régent répondit qu'elle ne pouvoil lier dans une maison moins suspecte, qu'il falloil
lui laisser faire ses couches et qu'après on verroit.
Mais il n'est guère probable qu'il la revoie, car sa
patience a été trop éprouvée. Il paroit que Mmes de
La Roche ' et La Chapelle *, par leurs rapports, ont
formé l'orage. En vérité, si le tonnerre tomboit sur
eux, ce seroit bien fait.
Caumartin de Boissy.
27 décembre.
La princesse de Conti la jeune s'est sauvée chez Mme la princesse sa grand'mère. Le prince de Conti est en colère 3.
Le vieux marquis de Castries épouse Mlle de Levy 4.
Thomas, notaire, a fait une banqueroute de 400 000 livres.
On a fait la ponction à Coypel, peintre 5.
1. Dame d'honneur de la mère du prince de Conti, qui, par la scène scandaleuse qu'elle fil à ce sujet 5 la princesse de Condé, fut exilée à 150 lieues de Paris.
2. M. de La Chapelle, secrétaire du prince de Conti, membre de l'Académie française, montait aussi la tête à son maître.
3. Le prince, rentrant du réveillon après la messe de minuit, eut un accès étrange de jalousie, dans la chambre de sa femme, grosse de sept mois et très honnête, et chercha un galant l'épée à la main. La princesse attendit qu'il fût couché et s'enfuit chez la princesse de Condé, sa mère, au Petit-Luxembourg. Le prince au réveil courut chez madame la Princesse, qui le pria de se retirer, et chez le Régent, qui lui lit un sermon très sec. Voir Marais, II, p. 3O0; Iîuvat, II, p. 319.
4. Joseph de La .Croix, marquis de Castries, maréchal de camp, chevalier des Ordres, veuf d'Elisabeth de Mortemart, remarié le 12 janvier 1722 à Françoise de Lévis, fille du marquis de Lévis-Charlud, morte en 1728 ; il avait soixante ans et laissa plusieurs enfants de son second mariage.
îi. Antoine, le second et le plus célèbre de celte famille de peintres. Il mourut le 8 janvier 1722.
DE U MÀRoCISE DE ItAI.LEROY
Le prince el la princesse de Modène sont partis I Rome pour aller demeurer à Reggio.
Pnris, 0 janvier 1722.
\ 'inisuuv. appris le inariagedu marquis île Cuisines .vcc Mlle de Levy. Pour moi, n vérité, je trouve pu la tête tourne à tout le monde : à Bûtnota mm user épouser une fille de dix-huit! 11 y a eu cette nuit un grand tapage entre les mousquetaires noirs et le guet dans le faubourg Saint-Antoine. Cn jttUM
Iltalmilange ' n'a pas été le moins séditieux. Je quille M. de Canillac ', (pli dit que c'est un des plus grands étourdis qu'il ait jamais vus dans la Casaque. M. de Richelieu a rompu avec la personne que vous savez 3. U en vouloit à Mme de Fimarcon, à qui il en a t'ait la... mais inutilement*. Elle ne voulut ni recevoir ses lettres ni aller chez une femme qui lui avoît voulu faire voir le duc. Il épouse la 'illedu duc de Bouillon ', celle qui n'avuil pas voulu i duc de Boufflers. Cela doit fermer la bouche à
1. Ilenri-Fraïujois, marquis de Rabodfinge, petlt-fliB -lu maréchal 'l La Ferté. mort à Rftbodange eu Normandie en 1751, l) cinquante
l.i Bttrqnltdc Hunhnissier-Cmiillae, l'un dos roués ilu Rêgcnl, uodanl dn noaaqnstadrM noirs.
S, totnbfeneal util' de ChtroUs.
!. Anne dg ii.ilu:iii, mil* (in marquis de Honigonge ei rie Madeleine do BnoGU, mariée & Agésilasde Crossirile, marquis de Flamarens, grand ImfBtler, wnl' Mua ■■nfanls «a 1 7 1 J.
B, U nariagi u\-m pu Uea : Htet«U« tpD*tM,M 173i,.M>pliie ' Lartùlw, llllc du prince de BvlM>
ceux qui disoient que c'étoit parce qu'elle ne trouvoit pas que M. de Boufflers étoit d'assez bonne maison. On dit qu'il va ambassadeur à Rome.
Le czar a pris le titre d'empereur des Russes et s'est fait donner le titre de Père de la Patrie et de Pierre le Grand. On avoit dit que la ville de Pétersbourg avoit été détruite par une inondation de la mer, mais ce n'est pas vrai. Son ministre de Vienue a donné une grande fête, où il avoit invité beaucoup de monde. Tous burent la santé de l'empereur véritable 1. L'ambassadeur après porta la santé du sien. Ils ne voulurent point boire et sortirent tous de table.
A propos d'ambassadeur, celui d'Angleterre a été souffleté par le roi de Portugal.
Il y a quelques jours que Simiane et M. de Nevers. ayant soupe chez le Régent, se picotoient beaucoup devant lui. Il s'alla coucher, croyant que ce n'étoit rien. Après qu'ils se furent retirés, ces messieurs se chantèrent pouille. Le Régent les envoya chercher, leur lava le tète et les raccommoda.
Mme de Simiane a une pension de 10 000 livres, Mme Lass une de 24 000. A tout seigneur tout honneur. Ne vous fait-elle pas une grande pitié? Tout le monde dit que son mari revient. Pour moi, je ne le croirai pas que je ne Taie vu.
Au dernier ballet du Roi, M. de Saint-Disant * pla-