‹ Les correspondants de la marquise de BalleroyChapitre 50 sur 79 · C'est-à-dire de l'empereur d'Autriche · texte numérisé non relu

C'est-à-dire de l'empereur d'Autriche

2. Ferrant de Saint-Disant, intendant et contrôleur général de l'argenterie et des menus plaisirs du roi.

roit, en l'absence du premier gentilhomme de la

Chambre. La léte lui tourna, connue il arriva souvenl ii celui qui place. Il fit déplacer trois fois M. de Cbastillon, lieutenant-colonel du régiment de Champagne; il voulut le déplacer une quatrième, disant .jin' cette place éloît pour M. le duc d'Aumonl. M. de Chastillon dit que, s'il venoit, il la lui donneroîi. Saint-Disant, sur cela, nomma un autre nom et dit qu'ilavoit le droit d'ordonner en l'absence du premier gentilhomme. L'autre répliqua qu'il étoit du régiment de Champagne et qu'il se liehoit de l'autre : cela fit rire tout le monde. Saint-Disant voulut ensuite déplacer Mme de Sabras, qui lui répondît qu'elle êtoit aussi du régiment de Champagne.

Le prince de Goiili est à l'Isle-Adam, avec nombreuse compagnie : avant de partir, il a cassé la niaison de sa femme. 11 redemande ses pierreries, disant que, si elle mouroit en couches, il ne vouloit pas que Miiiisri-ïirtir les prit. Il dit encore une infinité de gentillesses. Il veut être présent lorsqu'elle accouchera, de peur qu'on ne lui suppose une fille au lin* d'un garçon et qu'on ne le mette aux enfants trouvés. Cu'uartix de Boissï.

Paris, H janvier 1738.

Quoique M. Roy ' ait pris qualité comme poète

i. ftore-Ouriee Roy, conseiller m Ch&lelet, de l'Académie dw

. ■ Iwvafof 'le saim-.Mk'iiei; il ;i laissa de nembreai

H M 1(183 a ['ans.

privilégié des ballets du Roi, celui des Éléments, par lequel il a débuté, n'a pas eu tout le succès que ses amis en attendoient. Il passe pour froid et sans idées neuves. Il n'en est pas de même de la comédie du Misanthrope, qui fut représentée le 2 de ce mois sur le théâtre des Italiens et dont M. de l'Isle \ gentilhomme du Dauphiné , est l'auteur. L'idée plaisante de faire métamorphoser l'âne d'Àtenien en Arlequin, pour le faire parler selon les seules lumières de la nature, plut infiniment. L'âne Arlequin y corrige très sérieusement les ridicules raisonnements du philosophe chagrin, et l'auteur a sauvé avec art ce qui pourroit révolter dans le conseil donné par Mercure déguisé en femme à Arlequin pour l'engager à voler sans crainte tous les trésors que les Dieux ont rendus au Misanthrope. Quoique cette pièce soit vide de ces bons mots qui font rire par la surprise, par la morale fine qui les remplace, elle force les spectateurs à admirer même dans le théâtre de l'hôtel de Bourgogne. M. Fuzelier *, l'un des auteurs du Mercure, eut l'honneur de présenter des vers au Roi le premier jour de l'an; mais comme il ne les sait pas lire, quoiqu'il les sache bien faire, le maréchal de Villeroy, qui en étoit prévenu, eut la bonté de les faire lire par M. Roy, qui se

1. Louis de La Drevotiùre de l'Isle, mort à Paris en 1750, peu connu, à cause de son goût pour la retraite, malgré un vrai talent; il a laissé plusieurs très bonnes comédies.

2. Louis Fuzelier (1072-1752), auteur d'un nombre énorme d'opéras.

îa DE LÀ MARQUISE DE BALLEROY 411

Wirouva fortuitement dans la chambre de Sa Majesté,

&%] lui recommandant de le (aire en conscience. Ce

K*ut un spectacle comique pour la cour de voir un

uiîDoète rendre service à un confrère qu'il n'aime point.

ni: M, de La Motte *, de l'Académie française, eut

tftjuissi l'honneur de lire, le 9, au Roi un compliment

j^ju'il est dans l'usage de lui présenter tous les ans.

rr La dame de La Frette, qui avoit fait appel au Par-

. ement d'une sentence de police qui la condamnoit à

rl000 écus d'amende pour le pharaon, fut déboutée

Je 31 du mois passé.

Mlle Autier a évité par un protecteur respectable jelle qu'elle avoit encourue pour le même cas.

Le duc de Saint-Simon est guéri de la petite 1 vérole \

" M. le duc d'Aumont a cédé son duché au mar- ' quis de Villequier, son fils.

1 ' On ne donnera plus le ballet qu'une fois : le Roi : n'y prend point de plaisir. Timon, comédie italienne, réussit fort 3.

; Arouet a eu 500 écus de pension 4 pour le poème de Henri IV.

4. Antoine Houdard de La Moite, fils d'un chapelier de Paris; né en 4674 ; il travailla avec succès pour les Italiens, voulut entrer à la Trappe, dont l'abbé de Rancé le dissuada. Il fut un des maîtres du (faéûtre lyrique.

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