‹ Les correspondants de la marquise de BalleroyChapitre 64 sur 79 · K MARQUISE I · texte numérisé non relu

K MARQUISE I

cher, puis à Nanteuil-le-Haudoin. Après le sacre, Sa Majesté ira faire la Saint-Huberl à Chaulillv. où M. le Duc a donné des ordres pour une feie magnifique, Il a été enfin décidé, le 16, que le Roi passeroit l'hiver à Paris.

M. L'éveque de Fréjua, ces jours derniers, en voulant fermer la portière du carrosse du Roi, qui s'étoit ouverte, se prit le doigt et se trouva mal. Le Roi eut peur de cet accident et sauta à terre, mais heureusement Sa Majesté ne se fil aucun mal.

Le duc de Richelieu a acheté le gouvernement de Cognac de M. le comte de Riotn. Le gain considérable qu'il a fait au jeu depuis quelques mois a été employé à lui en payer une somme comptant,

L'investissement du fort de Montreuil se fit le 19; le 20 , on fit l'ouverture de la tranchée ; les gardes du corps et les mousquetaires y portèrent les fascines; 1rs bombes sont de carton, chargées de sable et pesant b" livres. Le Roi a accordé une pension de 6000 livres à la marquise de Défiant '. Gripesoleil, couvreur du Roi, qui retira dernièrement le comte de Charolais du canal de Versailles, où ce prince étoit tombé, a eu 40 louis d'or de récompense et une pension de Su écus.

Le marquis de Nesle entre depuis quelques jours dans le carrosse du Roi. On assure que les cent gentilshommes du bec à corbin ne se trouveront pas au

I. Grâce aux intrigues de M. d'Avernes; elle était alors la maltresse de Fargis.

sacre du Roi, non plus que la noblesse de la province de Champagne, qui a été dispensée d'y venir.

Lundi dernier, Mme Lunati gagna 700 louis au lansquenet chez M. le Duc.

Les comédiens françois ont reçu la tragédie de Mitétis de M. Danchet et la comédie du Sot toujours sot, dont l'abbé de Bruis, connu par celle du Grondeur, est auteur.

On dit que celle du Nouveau Monde n'est pas de M. Fusilier, et que c'est un jeune homme de Bordeaux qui l'a faite. Quoi qu'il en soit, elle est une grande réussite. L'auteur en est peut-être redevable au jeune Dangeville, qui joue le rôle de l'Amour avec toutes les grâces imaginables.

On mande de Londres qu'un jeune Bordelois qu'on dit fils d'un avocat a fait une épitaphe pour le feu duc de Malboroug, qui a gagné le prix de 500 livres, etc., proposé par sa veuve.

28 septembre.

Le Pape a accordé au Roi un induit ad vitatn pour nommer à l'archevêché de Besancon et aux bénéfices eonsistoriaux de la Franche-Comté et de la Flandre.

Deux seigneurs de la cour, s'étant rencontrés dans un mauvais chemin du côté de Fontainebleau, ont mis pied à terre pour vider le procès de leurs cochers, qui en étoient sur le pas; mais des paysans specta-

teurs les ont séparés. Ils ne se sont que légèrement blessés avec leurs couteaux de chasse.

On assure que le Roi dorénavant ne donnera plus aucun bénéfice aux appelants.

Le Roi a donné 10 000 livres à son régiment. M. Serin, des galeries du Louvre, est allé à Chantilly dessiner les décorations de la fête que M. le Duc donnera au Roi à la Toussaint.

Un pompier de Nuremberg est arrivé ici pour faire un défi à M. Dupérier, intendant des pompes de Paris. Ils doivent combattre devant le Roi à coups de pompes ; cet Allemand a déjà crevé l'œil à plus de vingt fameux pompiers.

M. Descartes perdit dernièrement à Versailles 600 livres au jeu.

ti octobre 1722.

Le 30, le fort de Mon treuil se rendit aux troupes du Roi ; après une capitulation honorable, les troupes sortirent par la brèche avec deux pièces de canon, un mortier et deux chariots pour les blessés. M. d'Esclavelles a eu le cordon rouge et 4000 livres de pension. Le départ pour le sacre est remis au 18.

Caperon, l'arracheur de dents, en voulant désosser les gencives delà première présidente Le Camus, lui a coupé deux artères; elle est en très grand danger *.

1. Charlotte Beaugier, d'une famille noble de Chàlons-sur-Marne, fille de M. de Voiseet d'Hélène de Laistre, mariée le 14 mai 4714,

Le sieur Dubreuil est entré chez le cardinal du Bois comme premier commis.

Le roi de Danemark a envoyé au cardinal du Bois un attelage de chevaux.

Le Roi a fait faire par le sieur de Saint-Germain, fameux orfèvre, un soleil d'or du poids de 100 marcs pour l'église métropolitaine de Reims.

M. de La Jardille, huissier de l'antichambre du Roi, a vendu sa charge 25 000 livres; elle rapporte 1500 livres et bouche en cour pendant six mois.

M. le Duc a fait venir des sangliers à Chantilly pour donner au Roi le plaisir de la chasse aux toiles; il y aura aussi chasse au loup.

Le bruit court que lecardinal de Tavanes est mort \

9 octobre.

Le Roi donna double paye aux troupes de sa maison pendant le voyage à Reims.

Plusieurs maîtres des requêtes sont partis pour aller examiner les procès des prisonniers qui sont dans les prisons des villes où Sa Majesté passera en allant à Reims ; ils ont ordre de donner liberté k tous ceux qui n'y sont retenus que pour des affaires civiles et à ne faire aucune grâce aux voleurs ni aux déserteurs.

morte le 2 octobre. Il se remaria dés le 22 décembre à Marie-Anne Le Maître, à laquelle on avait pensé pour M. de Boissy, tille de François, successeur de Persac et de Marie Boucher. 1. Il ne mourut que le 10 mars 1759, à Rouen.

La présidente Le Camus est morte à vingt-sept ans. Elle se nommoit Madeleine-Charlotte Baugier ; elle étoit fille unique d'un fermier général de ce nom, mais d'une ancienne famille noble de Châlons. Son mari perd par sa mort près de 50 000 livres de rentes.

Le nonce a enfin obtenu après bien des instances la permission de mettre au-dessus de sa porte : Hôtel du Nonce du pape. Les imprimeurs et graveurs d'estampes satiriques sortirent le 2 de la Bastille.

Le sieur Rousseau, poète, qui est présentement à Bruxelles, fait imprimer un nouveau volume de poésie dont on dit beaucoup de bien '.

On dit que Mme de Ch elles et Mlle de Charolais veulent absolument aller à Reims.

12 octobre.

La maison de Rohan-Guéménée vient de prendre la livrée de Rohan-Soubise.

M. de La Faye, secrétaire du cabinet, a fait le prologue de la fête pastorale que M. le Duc donne au roi à Chantilly.

Le comte de Toulouse va passer le temps du sacre à sa terre de la Rivière.

1. Jean-Baptiste Rousseau avait dû quitter la France depuis plusieurs années après une condamnation judiciaire. C'est cette année même qu'il rencontra Voltaire à Bruxelles.

Un nommé Mailleboy, fils d'un perruquier au coin du quai Neuf, s'est sauvé et a fait perdre près d'un million à des particuliers qui avoient emprunté sur des liquidations.

Un banquier de la rue des Prouvaires s'éclipsa mardi; on dit sa banqueroute de 900 000 livres.

Le 4, on arrêta dans sa maison rue de Cléry M. Ghantreau, le jeune avocat au conseil, qui prétoit aussi sur gages.

16 octobre.

Le cardinal du Bois a accepté la place qui lui a été offerte par l'Académie.

La fête que M. le Régent doit donner au Roi dans son château de Villers-Gotterets sera plus magnifique qu'aucune de celles dont on a entendu parler. M. de Francine, directeur de l'Opéra, en est l'auteur. Il y aura uue foire de bijoux dont les actrices de l'Opéra seront les marchandes, mais pour les donner et non pour les vendre; tous les assistants, passant en troupes, y seront régalés; on y a déjà fait porter 62 000 bouteilles de vin et des viandes grosses et fines à proportion.

M. Foscarini, l'un des ambassadeurs extraordinaires de Venise que le Roi fit chevalier de l'Ordre pourlui donner le droit de porter à Venise la Stella (Vo)\ est le quatrième de sa famille à qui les rois de France ont fait cet honneur; outre lequel Henri IV

donna à son bisaïeul la permission d'écarteler la France plein dans ses armes , parce qu'il fut le premier ambassadeur qui le reconnut pour roi dans le temps que la couronne lui étoit encore disputée par les ligueurs.

Le Roi ne fera pas le voyage de Gorbeny ! . Il y a ordre d'apporter les reliques de saint Marcoul à Reims.

On a commencé, le 17, à envoyer des garnisons chez les taxés non encore soumis.

Le roi, le jour du sacre, fera jeter au peuple 250 médailles d'or et 5000 d'argent.

Le cardinal du Bois a pris auprès de lui l'abbé Houteville, auteur de la Religion par les faits.

26 octobre.

Le 20 et le 21, on brûla à la Banque les registres nommés les grands livres et tous les extraits des notaires qui ont servi à la liquidation.

Les comédiens italiens ont représenté une nouvelle comédie : Arlequin, capitaine au camp de Porche fontaine. C'est une compilation de deux ou trois scènes de l'ancien théâtre italien, et la scène auroit pu se placer sur le Pont-Neuf encore mieux que près des avenues de Versailles.

1. Bourg à 5 lieues de Reims, où les rois après le sacre allaient toucher les malades des écrouelles. On avait apporté pour Louis XIV à Reims les reliques du patron de ce célèbre prieuré. (Voir notre notice sur ce prieuré, in-8; Paris, Champion, 1878.)

M. Besoigne *, docteur en Sorbonne, a reçu ordre de la cour de ne pas prendre la qualité de coadjuteur du collège du Plessis et d'en faire les fonctions.

5 novembre.

Le 27, vers les quatre heures après midi, le Roi se rendit à l'église de Reims, et, après avoir entendu vêpres, il fut reçu grand maître de l'ordre du Saint-Esprit. Sa Majesté ayant quitté son manteau de novice, qui fut donné au cardinal de Rohan, l'archevêque de Reims lui mit au cou le cordon bleu. M. de Breteuil, prévôt de l'ordre, lui attacha le manteau, et le même archevêque lui passa au col le grand collier, que M. Crozat, grand trésorier de l'ordre, lui présenta. Le Roi signa ensuite le serment de l'ordre et la profession de foi. Le duc de Chartres et le comte de Charolais, qui avoient été faits chevaliers de l'ordre de Saint-Michel une heure auparavant par le duc d'Orléans, restèrent au bas du chœur en habit de novice; les ducs d'Orléans et de Bourbon, leurs parrains, les amenèrent au trône du Roi, qui leur donna le collier et le cordon après qu'ils eurent signé le serment et la profession de foi.

Le jour où le Roi alla en cavalcade à Saint- Remy, ce fut le sous-prieur qui complimenta Sa Majesté, le

1. Jérôme Besoigne (1086-1763), ardent appelant et savant théologien.

prieur, comme appelant, ayant reçu ordre de se retirer, ainsi que le prieur de l'abbaye de Saint- Nicaise et le grand maître du collège de Reims.

Le roi a gracié 6000 criminels. Il y a eu à Dijon un incendie de vingt maisons, causé par une femme ivre. On travaille en ce moment dans la même ville à faire une place magnifique pour y élever la statue équestre de Louis XIV.

On parle de construire à Versailles un théâtre de comédie française et italienne pour désennuyer ceux qui sont obligés de rester àla cour pour leurs affaires.

On parle aussi d'un projet pour joindre le Grand et le Petit Montreuil à Versailles pour en faire une ville.

14 novembre.

Le Roi est retourné hier à Versailles. L'opéra de Persée lui a fait grand plaisir ; les machines en sont belles. On dit que les fêtes de Chantilly ont été plus magnifiques que celles de Villers-Gotterets, mais n'ont pas été si galantes.

19 novembre.

On a congédié Mme d'Averne. M. le duc d'Orléans a dit qu'il n'avoit aucun sujet de s'en plaindre, qu'il lui feroit plaisir dans toutes les occasions, mais qu'il ne convenoit plus de donner au Roi à son âge l'exemple d'avoir une maîtresse déclarée. Mlle de

il. — 32

Belle, fille de l'Opéra, qui a la bonne grâce du comte de Gharolais, ne reviendra plus ici non plus. Depuis le retour, le duc d'Orléans a toujours mangé avec sa femme *. De Maltot.

20 novembre.

Le 13 et le 14, M. l'abbé Bignon présida aux rentrées publiques des Académies des inscriptions et des sciences. Dans la première, M. l'abbé Boulart, qui prend la qualité de poète des Bourbons, récita une ode latine sur le sacre du Roi. M. Delamarre fit la lecture d'une dissertation sur les premiers siècles de l'histoire romaine, dont il prouva l'incertitude. Dans celle des sciences, M. de Fontenelle fit l'éloge de feu M. d'Argenson, garde des sceaux, et, après avoir établi les grandes qualités qui forment les grands magistrats, il proposa ce grand homme comme le modèle le plus accompli, et sans oublier sa haute naissance, qu'il prouva avec sagesse et vérité; il employa dans tous ses discours taut d'éloquence que ce morceau passera à la postérité comme un des plus parfaits qui aient passé en notre langue. On lut ensuite un discours de M. Le Bon, horloger de l'Académie, sur une nouvelle pendule qui marquera le mouvement apparent du soleil et le mou-

1. Une grave conversation de Saint-Simon avec le Régent parait avoir décidé cette rupture officielle. Marais assure cependant que Tannée suivante la dame soupa encore quelquefois avec le Régent.

vement moyen, et un mémoire de M. Jussieu sur les plantes peintes dans les marges d'un livre de prières qui servait à Anne de Bretagne.

On doit livrer cette semaine la Banque royale à M. l'abbé Bignon, pour en faire la bibliothèque du Roi.

Tous les chevaliers de Malte ont reçu ordre de se tenir prêts pour la défense de l'île, où les Turcs sont revenus.

L'affaire de la taille proportionnelle n'aura pas Heu.

Un arrêt va ordonner la vente des biens des mississipiens non soumis pour leurs taxes.

Le libraire Cavelier livrera à la fin du mois au public Y Histoire générale d'Espagne commencée par M. Dupuis, continuée par M. de Bellegarde, en 5 volumes, dédiée au cardinal Dubois.

Madame se porte mieux.

M. Le Blanc, ministre de la guerre, a été soulagé de sa goutte par la pommade du sieur Percheron.

M. et Mme du Maine sont enfin venus demeurer à Paris.

2I> novembre.

Le duc d'Orléans a commencé les remèdes pour ses yeux; mais, comme les médecins y veulent toujours mettre du leur, on craint que les remèdes ne

les conseils ara caànwl.

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Mme Dacier et *m? i ^srmàf» aanot «cadhnûcîenoes. Mmes de

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L* H^mier «xmfrri* <st : C*lix sacris inser-

îvw ; -•< m* i&^àaïV représentant un autel sir e*{îifr-* a - t* iz -raioe àec»uvert avec un siii: -••■».! :*uc:sli: \ cv-Sei^neur et cette le-

*: > -v «ï«x if '«**-* y; ;.-.*; e est un médaillon *" ii s r ,.:h iui: leîmr: uz*e eç*v : Hostis 'juis-

. ' :- i>,^m^ r> ;•:.,":-< :**•.:*•« ; le manteau roval -?s r,L'> * : . ZiLiiç £"inr a*w ces paroles : Pan-

L-- ;..irvaiH. A^/.a* :'î*î^/«^ ; la médaille rvjr^v::-* - ^i*f xcvene d'un Lapis fleurdelisé s.ci^ r ^l>. :«; Li —eu Tazoeau du Roi avec ces

DE LA MARQUISE DE BALt.EROV

Le cinquième, Scepfrum et ef/i/itatis si/mhohtm; c'est le sceptre et la main de justice avec : /■'.7/./' concordai.

Le sixième, Corona regia; la couronne royale .sur un liipis fleurdelisé et ces mots : Plus decoris ge&tatncn habei.

Le septième, ftegate solium; trône surmonté d'un pavillon royal avec ces mots : Qiiam milita Gronda f'undei.

Le principal du collège des trésoriers a reçu une lettre de cachet l'excluant de la licence pour avoir rappelé dans un discours les sentiments d'Edmond Richer ', qui, du temps du cardinal de Richelieu, soutenait les opinions de .lansénius.

Le Roi a donné à M. de Brégy, frère de Mme d'Àverne, la charge d'écuyer ordinaire.

Le chevalier de Bavière a demandé à aller avec son réjsriment au secours de Malte; mais le duc ■d'Orléans lui a assuré que le Roi n'y envoyoit pas de troupes.

L'évéque île Nantes, premier aumAnier du duc d'Orléans, a fait la cérémonie du baptême de Mlle de Beaujolais, tenus, nu nom du roi et de la reine «l'Espagne, par le duc et la duchesse d'Orléans, qui l'ont nommée Philippe-Élisaln'tli.

On assure qu'avec l'an prochain s'ouvrira la

1. Rietier, ail Qtaouriv en I «:>!>, mort a Paris en 1030; lliéogien janséniste, syndic de l'Université; se m surtout connaître pu ion ardeur contre les Jésuites.

les fciBets seront reçus

La Gttwr de* *n» a Atjà roc» sept minions des

i, la diligence de raqués en sorpostOlon, qui voulut dangereusement Hess*. Lr* bai wrriffBMpr 4a carrosse et le magi-

L» amtAms Étaieas wpreseaièwtit le 28 une hmmçmat^ le Lmiim mmomremx; il n'y eut qaune Toii pw h dêdarar exécrable f.

34. %k> La IVronnie 1 partit le 24 pour aller opéra le duc de Lorraine.

M. de ForaK«nt, de l'Académie des inscriptions, a traduit un des manuscrits trouves Tan dernier enterrvs dans uu château sur la mer Caspienne et dont le ezar avoit envoyé une copie à l'abbé Bignon pour le faire déchiffrer. M. de Formont a trouvé que e'etuit écrit en ancien langage du Thibet et qu'il contient le panégyrique duo ancien prêtre du pays et uu petit traité de l'immortalité de l'âme.

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