‹ Les correspondants de la marquise de BalleroyChapitre 63 sur 79 · Louis-Antoine de La Roche Fontenille, marquis de Rambures · texte numérisé non relu

Louis-Antoine de La Roche Fontenille, marquis de Rambures

M. tTAlincourt est parti pour Joigny avec sa femme, pour y rester jusqu'à nouvel ordre.

AI. de Meuze est allé à Bellegarde, ayant eu ordre de s'absenter quelque temps sans lettre de cachet.

On vient de placer dans la chapelle de Notre-Dame d'Avignon une vierge en marbre blanc, tenant l'Enfant Jésus entre ses bras, qui est trouvée belle par tous les connaisseurs.

Le prince de Gonti, avec sa mère et ses deux fils, alla voir sa femme il y a quelques jours au Port- Royal, où le cardinal de Noailles se trouva.

Les ducs et pairs, comme conseillers d'honneur au Parlement, doivent présenter au Roi une requête pour jouir du droit d'induit comme les autres conseillers.

L'abbé de Jayac, prieur de Floirac, ancien chanoine de Reims, est mort le 9.

21 août.

Le 15, le Roi, qui n'avoit pas encore fait sa presnière communion, comme on l'avoit dit, communia £K>ur la première fois par les mains du cardinal de ■\ohan, qui avoit préparé Sa Majesté par un discours bloquent et pathétique i.

""* dtô0tM755), maréchal de camp, fils d'une demoiselle de Mesmes

T ** de François de La Roche, marquis de Fontenille, dont la mère

'"- *alt l'héritière des Rambures. Il avait épousé Mlle de Saint-Georges

^érac.

1. A Versailles. On avait obtenu à Rome l'approbation du P. de

filières comme confesseur du Roi.

Le chevalier des Graveiles, qui tua le chevalier de Breteuil le 4 mai 4720 !, a été condamné à six mois de prison et à un plus ample informé.

L'édition de Y Histoire civile et ecclésiastique du comté (VEvreux a été supprimée pour quelques traits échappés à l'examinateur.

21 août.

Le j our de Saint-Louis , le P . Surrian prononça le panégyrique du saint devant MM. de l'Académie françoise par un discours court et éloquent, ensuite duquel M. Danchet fit Ja lecture de a pièce d'éloquence qui avoit mérité la médaille. M. Le Noble s'en déclara l'auteur.

M. de Morakoski perdit le 24 chez Mme la duchesse d'Orléans 360 louis.

Un filou paria ces jours derniers contre ses camarades de demeurer neuf heures les yeux ouverts et tournés vers le ciel. La scène se passa dans la rue Saint-André-des-Arts. Beaucoup de spectateurs y perdirent leurs tabatières, leurs montres et leurs mouchoirs, ce qui étoit le but de la gageure.

On a fouetté, pendu et roué la semaine dernière plusieurs cartouchiens.

1. Fils de l'introducteur des ambassadeurs. Le comte de Graveiles, lieutenant aux gardes françaises, où Breteuil était capitaine. Pavait insulté sans pouvoir obtenir satisfaction. Il reçut même. ;» cause de sa poltronnerie, l'ordre de vendre sa charge. Le Kégeni accorda immédiatement des lettres d'abolition à M. de Graveiles

Le 23, le cardinal Dubois prêta serment de fidélité entre les mains du Roi en qualité de principal ministre. Son Kmincnce a déelaré à une personne dequalile. 'jui lui ofiroil ses services, qu'elle n'auroit point de gardes el qu'elle espéroil n'en avoir jamais liesoin. Voici le précis d'une lettre du Régent au sujet de l'exil du maréchal de VûTeroy : Le public ne doit pas soupçonner le zèle et la fidélité du maréchal de \ illcniv pour son maître. Il faut rendre justice à la droiture de ses intentions, mais en même temps le gouverneur aeésumoil trop de la dignité de son emploi. Il alTectoit un certain air d'indépendance que l'autorité souveraine et ceux qui en sont dépositaires ne doivent pas tolérer. Il vouloit en quelque sorte s'élever un trône particulier pour s'opposer à la Régence, comme si l'autorité royale pouvait être divisée. Sans toutes ces indiscrétions qui n'attaquenf pas la probité de ce maréchal, nous aurions encore la satisfaction de le TOUT auprès du Roi ; ruais les bonnes intentions ne suffisent pas dans les places importautea : il faut savoir mesurer ses démarches et se soumettre à l'esprit d'un gouverneur qui ne se propose que Ut gloiredu Roi et le bonheur de ses sujets.

32 août (722.

Le Président' fut nommé hier contrôleur général

1. M. Dodun, prêsiiienl au Grand Conseil; ou le surnomma te l el encore Cottoredo, parce qu'il avuil le cou raulo el

f.iijtii le gloriew.

en la place de M. de La Houssaie; quelques gens disent que c'est lui qui a demandé à se retirer, d'autres que non ; on dit aussi que M. Fagon a refusé cette place ; bien des gens croient que pour le bien de l'État il convient frapper un grand coup sur le papier. On dit que 25 000 hommes de troupes s'avancent aux environs de Paris pour être plus à portée de travailler au canal qu'on veut faire partant de la Bastille et allant tomber à la porte de la Conférence.

Balleroy.

2 septembre.

J'ai trouvé à Versailles M. Bignon, qui m'a appris une nouvelle dont il est transporté : c'est que le Roi venoit de lui accorder pour son fils la survivance à la charge de son bibliothécaire dont est actuellement revêtu M. l'abbé Bignon. Ils regardent cela comme un fort bon morceau. Ils en font d'autant plus de cas qu'il est le quatrième de son nom qui le possède.

Balleroy.

3 septembre 1722.

Le 27, le cardinal Dubois, en qualité de principal ministre, commença de travailler avec le Roi.

Il donna le jour de sa prestation de serment 10 000 livres aux officiers de la chambre du Roi.

Le 28, le feu prit dans la charpente de la croisée de l'église Notre-Dame, par l'imprudence des plombiers, qui y avoient laissé un réchaud de feu ; mais il n'y eut que deux poutres endommagées, et le 30 on chanta le Te Deum en action de grâces.

Il y eut dispute entre les musiciens de la chambre et ceux de la chapelle du Roi, qui prétendirent avoir également le droit de composer le motet du sacre de Sa Majesté; mais les anciens exemples ont décidé en faveur de la chambre.

Le 25 du mois passé, le marquis de Tavanes, le premier gentilhomme de M. le Duc, perdit au pharaon 250000 livres contre le marquis de Levis f, et le marquis de Courtanvaux 16 000 contre M. de Mauconseil, officier aux gardes.

On vient de condamner au fouet et aux galères et à la corde trente-cinq cartouchiens.

5 septembre.

Le sacre se fera le 25 ou le 27 octobre. Le maréchal de Villeroy a acheté l'habit magnifique du connétable de Lesdiguières.

Le prince de Montauban épouse Mlle de Mesières,

4. Marais dit le vicomte de Tavanes et la comtesse de Livry. Le perdant venait d'épouser Mlle du Breuil avec 100 000 écus de dot. En examinant la chose, on constata que la dame avait d'abord perdu 500 000 écus et que son gain était si peu net qu'il fut réglé à 20 000 livres comptant, c qui est plus qu'il ne falloit, » ajoute Marais.

à qui sa mère donne 800 000 livres, quoiqu'elle ait trois filles et deux garçons f.

M. Grozat marie son fils aîné à Mlle Gouffier et lui assure 125 000 livres de rente. Il a envoyé à la mariée pour 200 000 livres de pierreries, 50 000 pour la corbeille et 14 000 de rentes de douaire 5.

Le maréchal de Villeroy est arrivé à Lyon, aux acclamations du peuple.

L'Académie en corps a harangué M. le cardinal du Bois ; l'évêque de Soissons lui a fait un fort bon discours. Les beaux esprits ont fait un bon dîner.

On a taxé ceux qui ont acheté des terres. Op a fait deux rôles, l'un des mississipiens, dont le cardinal du Bois s'est chargé, l'autre des gens de condition, qu'il a laissé au Régent.

Le sacre est retardé de quelques jours, à cause de la saison qui oblige de retarder les vendanges.

Le roi d'Espagne ayant demandé au Régent un peintre habile pour peindre la famille royale, Son Altesse a fait choix de M. Rave, de Montpellier, peintre ordinaire du Roi. On doit lui fournir 1000 écus pour son voyage et 10 000 livres de fixe par année, outre le prix de ses tableaux.

M. Coynart, conseiller honoraire de la Grand'-

1. Charles de Rolian, fils cadet du duc de Montbazon et prince de Guéménée, lieutenant général (1G93-1700), marié le 13 septembre à Eléonore de Beihisy, lille du marquis de Mesières, lieutenant général, et d'Éléonorc d'Ogletorp.

2. Fille du marquis de Boissy et de Mlle de Luynes, « boiteuse ï. M. Crozat était colonel et estimé dans Parmée. Sa sœur avail épousé le comte d'Évreux.

Chambre, est mort en s» lejw de la Garenne, près

de Meulan. Il avoil été du voyage de Constautinnplc avec MM. Hollier et Noiutel eu 1GG1). Ils liréinu ensemble des certificats de la croyance des grecs schématiques avec l'Église catholique et sur la redite dans l'Eucharistie.

Le prince de Carignan vend à plusieurs particuliers le jardin de l'hôtel de Soissons, à rais le

35 livres la toise.

* > 1 1 a arrêté à Reims on nomme (pri s'étoîl caché dans la chaire de l'église de Saint-Remy, dans le dessein de forcer le trésor pendant la nuit.

Le cardinal de Poliguac, qui s'étoit retiré dans sou abbaye d'Auchin pour se disposer à la prêtrise, rieilt de dire sa première messe.

18 septembre.

Le III, le Koi alla marquer sou camp pour le siège du fort de Montreuil auprès des élangs de Poiehefuutaine. Sa Majesté visita ensuite le parc d'artillerie, qui sera commandé, par M. de Itessous. La moitié du régiment du Roi défendra le fort, qui sera commandé par M. d'Eselavelles, lieutenant-cotooel, et attaqué par le chevalier de Pezé, meslre de camp du régiment L'attaque commencera le Si.

Le tils de M. Crozat le riche a porté lui-même à Mlle de Iiounivel. sa future, !a corbeille des accor-

dailles, pour marquer de son respect et de sa soumission pour elle.

Le visa et la taxe des immeubles sont entièrement finis; les sommes au-dessus de 100 000 livres ne seront pas taxées.

La comédie du Nouveau Monde fut jouée pour la première fois le i 1 ; c'est un problème que le nom de l'auteur, mais ce n'en est pas un que la réussite de l'ouvrage. Tous les personnages ont été bien reçus, à la réserve de la Raisin *, que personne n*a reconnue.

Le Père Daniel est tombé en apoplexie *.

Le duc de Noailles a permission d'aller où il voudra à 50 lieues de Paris.

Paris est pis qu'un bois : c'est un coupe-gorge ; on ne parle que de meurtres , d'assassinats ; les filets de Saint-Cloud sont remplis de corps quand on les retire; on vole, on jette à l'eau. Je n'ai pas la mine d'un portefeuille, et tout le monde me conseille de rentrer de bonne heure.

21 septembre.

Le sacre est avancé de quelques jours, et le départ de Sa Majesté fixé au 15 du mois prochain; elle viendra ce jour-là coucher aux Tuileries et continuera le voyage à Dommartin, où elle ira cou-

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