Cet accident arriva le
2. Colbert avait eu la première idée de ce magnifique recueil, que Tlnstitut continue de nos jours. Dom Bouquet (1685-1734) fut chargé de son exécution, et les deux premiers volumes, prêts en 1720, parurent en 1738. Dans l'intervalle, il avait été transféré de Saint-Germain des Prés à Laon. Dagucsseau le fit revenir à Paris.
DE LA MARQUISE DE flALLEROY
:ardinal du Bois se faîl peindre en ee moment par tigaud '.
Le Pape a envoyé un bref au due d'Orléans au lujet de la mort de .Madame et pour l'exhorter à continuer ses bons offices pour l'union dans l'Eglise
i France.
Le Roi vient de faire trois ducs et pairs : MM. de A'vis, de Biron et La Vallière. On dit le prince de Talmont pénétré de douleur, parce qu'il y comp-
On écrit de Bayonne que la princesse d'Orléans,
entrant dans l'île des Faisatts. y a pris le titre
l'infante; que, le même jour 24, elle y aviiii été
■<;ue par le duc d'Ossuna; que tous les officiers
i Roi qui l'accompagnoient lui ont baisé la main ;
le roi d'Espagne a fait présent de sou portrait
iiriehi de diamants aux duchesses de Duras et de
z-James; d'une épée d'or garnie de diamants,
liant 00 000 livres, au duc de Duras ; d'épées d'or
1 brigadier des gardes, à lYciiyer et aux six pages;
un diamant à M. des Granges, ;i Mme de Saint-
ermain, première femme de chambre.
Le \2. on arrêta chez le duc de Richelieu un fai-
ur de commissions et une femme qui emportoil dans.
i tablier pour" à 8000 livres de vaisselle d'argent.
. BfMlMhi RlgMd (1699-4743 ,
. I.i's Gontant avaient élè ducs de Biron; les LéviS BVIienl
i le dOCtlé île VtMiInftuur cl Mme de La Vnlli.n- ivlui rl<> Y.ïn-
20 février.
Le Régent a dit au Roi que depuis qu'il avoit treize ans et un jour il étoit majeur *, sans que le lit de justice y fasse rien, et qu'il n'y avoit plus de Régence. Sa Majesté a commencé à signer.
20 février 4723.
Le Roi a supprimé le carrosse qui marchoit à sa suite pour MM. les quatre gentilshommes de la manche, à qui Sa Majesté a conservé les appointements.
Le Roi a ordonné qu'à son coucher ce seroit le premier valet de chambre qui recevroit le bougeoir des mains de l'aumônier pour le remettre à qui il plairoit à Sa Majesté.
Le marquis de Gourtanvaux prétendoit comme capitaine par intérim des Cent-Suisses avoir droit à recevoir Tordre dans le cabinet de Sa Majesté. Les capitaines des gardes du corps y ont fait opposition, et le Roi a décidé que le marquis ne recevoit l'ordre que dans la chambre.
L'abbé de Vauréal, maître de l'oratoire du Roi, prétendoit auprès du prie-Dieu du Roi dans la chapelle la place occupée par l'ancien évèque de Fréjus comme précepteur. L'abbé de Breteuil,
i. Le Roi était né le 15 février 1710.
maître de la chapelle de musique, s'y est opposé, et Sa Majesté a décidé en sa faveur.
La nuit du 21 au 22, le comte de Nancé épousa Mlle de Nicolaï, qui lui apporte 300 000 livres, et le comte de Peyre Mlle de Gation * . Mlle de Montmorency Fosseuse doit épouser le marquis de Torcy et comte de Rebenac 2.
Le 28 du mois passé, on trouva un homme coupé par morceaux sur le bord de la rivière.
0 mars.
La commission de Garde des sceaux est érigée en charge vérifiée en parlement
Le Chancelier, le maréchal de Villeroy et le duc de Noailles ont reçu des lettres de cachet pour demeurer où ils sont 3.
\ . Marie de Nicolaï, fille du marquis de Goussainville, président de la cour des comptes, et d'Elisabeth de Lamoignon de Basville, épousa le 3 février Charles de La Chastre, comte de Nançay, tué a la bataille de Parme en 1743. — Jeanne, fllle du marquis de Gassion et de Jeanne Fleuriau d'Armenonville, épouse le 12 mars Henri de Moret de Pagas de Grolée, comte de Peyre, mestre de camp de cavalerie.
2. Ces mariages n'eurent pas lieu. François Le Tellier, comte de Rebenac, puis marquis de Louvois et de Sou v ré, épousa le 30 mai Mlle de Brancas, fllle du maréchal de Céreste. Jean-Banliste Colbert, marquis de Torcy, épousa en 1726 Mlle de Coigny; Mlles de Montmorency, filles du marquis de Fosseux et de Madeleine de Poussemothe de L'Etoile, épousèrent, l'une en 1720 le marquis de Monta igne-Bouzols, l'autre en 1722 le marquis de Rousselet de Châteaurenault.
3. On crut nécessaire de renouveler ces exils, à cause de la fin de la Régence.
Le Roi a accordé au marquis de Prie les grandes entrées1.
On parle de quatorze maréchaux de France pour la prochaine promotion.
MM. Paris demandent au Roi des commissaires pour examiner leur mémoire.
M. de Fréjus a refusé la feuille des bénéfices, mais il a accepté d'être chef du conseil de conscience.
Le rétablissement de la Compagnie des Indes est décidé; le Roi assure un dividende de 150 livres par action; elles sont au nombre de 45 000.
M. le Duc a donné la jouissance du château d'Ecouen au comte de Gharolais et celle de sa maison de Vanves au comte de Glermont.
Les huguenots se sont réunis au nombre de 1500 aux environs de Montauban, où ils ont tenu leur prêche, ce qu'ils se croient permis, parce que le Roi n'a pas rappelé l'Edit de Nantes dans le lit de justice de sa majorité.
M. de Ghausiergue de Montpellier a présenté au Roi son livre de Vidée d'un roi parfait; mais comme il ne se soucie guère de plaire qu'à quatre ou cinq personnes de premier ordre, on est dispensé de louer ou de blâmer l'auteur.
1. Erreur : les petites entrées seulement. Ne jouissaient des grandes, outre les personnes revêtues de certaines charges, qu»> MM. de Lauzun, de Chamarande, de Villars, de La Salle, de Charost et d'Antin.
Le 8 de ce mois, entre six et sept heures du soir, l'horizon parut extraordinai renient éclairé sous un rideau formé par un nuage en forme d'arc renversé du sud-ouest au nord-ouest.
Ce même jour au soir, le chevalier de La Carte ayant pris querelle avec M. Le Moyne, capitaine au régiment de Provence à Versailles, ils mirent t'épée à la main devant une sentinelle qui les menaça de tirer sur eux, de sorte qu'ils s'éloignèrent de deux cents pas. M. Le Moyne est fds d'un valet de chambre du Roi; il a été grièvement blessé et a reçu tous les sacrements.
Le sieur Fagnani, brocanteur, qui a toutes les planches du fameux graveur Callot, propose au publie de les reloucher et d'en publier un recueil de mille pièces.
Le Roi a divisé en trois classes les entrées : des premières, qu'on appelle familières, sont les dues d'Orléans, les princes du sang, le comte de Toulouse, le cardinal, l'évéque de Fréjus, le maréchal de Berwick, les premiers médecins et chirurgiens; les grandes, données au duc de Lauzun, maréchal île Villars, comte de Bellisle ; les premières et petites entrées aux marquis d'Ancenis, d'Alincourt, de Souunery père et fils, d'O.
devant eux, tenant des espèces d'étendards, les écoutaient, et de ce nombre étoient Mme de (Vau-
champ?) et sa fille, qu'elle avoit menée pour être mariée, car ces gens-là administrent les sacrements. Ils furent tous conduits eu prison avec leurs ajustements. Cet éclata fait sortir delà ville plus de cent personnes livrées à cette secte, mais dont on sait les noms par un registre trouvé au lieu de l'assemblée.
Le 19, la marquise de Tresnel, fille de M. le ministre Le Blanc, accoucha d'un fils, auquel on donna le nom de prince des Ursins, en vertu d'une substitution faite par le cardinal de ce nom *.
Langlade, fameux complice de Cartouche, fut exécuté le 18; il reste dans les prisons 119 cartouchiens à juger.
Mlle du Clos quitte le théâtre à Pâques.
22 mars.
Le comte de Toulouse, Mazelles, le petit duc e Boufflers , perdirent ces jours-ci 50 000 livres au billard contre Soubise, Guise, Nesle et d'Aché unis ensemble.
Le principal ministre des finances, que M. le duc d'Orléans appelle Golloredo, a été un peu indisposé. La chronique médisante a un peu déchiré la femme
1. Louise Le Blanc épousa le 24 mai 1717 Constant Jouvenel des Ursins de Harville, marquis de Traisnel; ce flls devint maréchal de camp pour sa conduite à la prise de Minorque.
d'un de nos confrères appelée Mme Renaud, mais 3 s'est défendu, disant que, tant qu'il n'avoit eu affaire qu'à elle, il s'étoit bien porté, mais que c'étoit la do Trévoux qui lui avoit fait ce présent.
Caumartiw de Saint- Ange.
96 mars.
L'Opéra de Londres doit arriver incessamment à Paris pour jouer dôme représentations. Les acteurs sont au nombre de cinq : deux femmes, deux castrats et un concordant. Le Roi leur donne à chacun un habit de théâtre neuf et 35 000 livres de gratification. Ils ont la permission de prendre à leur choix douze violons dans l'orchestre et tels acteurs qu'ils voudront choisir dans le chœur et parmi les danseurs. Sa Majesté accorde aussi 23 000 livres de dédommagement à l'Opéra de Paris, dont elle sera remboursée ainsi que des 23 000 livres ci-dessus sur la recette. L'entrée à ce spectacle sera augmentée d'un tiers pour toutes les places ; personne ne sera exempt de payer, pas même les seigneurs et dames qui sont à Tannée, et le droit des pauvres ne sera pris que du tiers en sus.
Le libraire Le Breton va faire imprimer par souscription la traduction de Y Histoire générale de de Thou en 6 volumes in-folio.
Le cardinal de Noailles a donné au P. de Lignières le pouvoir pour confesser le Roi.
Le jour de Pâques, le sieur Campra fit chanter dans l'église du collège des «Jésuites le motet par lequel il doit commencer son quartier dans la chapelle du Roi !.
La cour a envoyé des ordres à M. le duc de Roquelaure pour faire extraordinairement le procès des fanatiques de Montpellier.
On a saisi plusieurs exemplaires d'un livre in-4° intitulé le Nécrologe de Porl-Royal des Champs. M. de La Mothe a récité la tragédie à' Iriez au duc d'Orléans, qui en a paru fort content.
3 avril.
Le Roi est tous les jours trois heures avec le cardinal du Bois, M. de Fréjus et le duc d'Orléans, et ne s'y ennuie point.
Mme la Princesse * laisse 9 000 000 ; elle laisse 2000 écus de pension à Mlle de Langeron et 500 écus à chacune de ses filles d'honneur.
Le 25 , la duchesse d'Orléans et le duc de Chartres tinrent les nouvelles cloches de l'église de Bagnolet et firent des présents considérables à l'église.
Le 31, cette princesse donna une fête magnifique au duc d'Orléans dans sa maison de Bagnolet. Le
4. André Campra (4660-1744), musicien de grand talent, qui travailla avec succès à l'Opéra.
2. Anne de Bavière, veuve du prince de Condé, morte le 22 février.
il. - 34
à» les coftRisrawj^rr&
môme jour, le cardinal du Bois ae trouva indisposé de la fièvre.
Mme de Bourben a accepté l'abbaye Saint-Antoine des Champs f.
Mme Jorry, qui à son arrivée de Maisons éioit descendue chez M. Cailly, ci-devant commissaire, fut conduite le 3 1 au soir chez le sieur Pralard, son frère, où elle sera gardée à vue par formalité jusqu'à oe qu'on ait des nouvelles du sieur Riqueur, valet de chambre de M. Maclot, grand maître des eaux et forêts de Champagne, qui vraisemblablement a commis le crime récent d'empocher les 2000 écus déposés par son maître chez feu M. Jorry *.
Le 24, les lazaristes des Invalides firent devant le ministre de la guerre, le comte de BeUisle, et d'autres seigneurs l'expérience de la machine allemande» propre h éteindre le feu et réussirent encore mieux que les auteurs.
Le jour de Pâques, il y eut un grand incendie au faubourg Saint-Antoine. En démolissant la maison dfc la boulangerie brûlée, on a trouvé plus de 40 000 livres en vieilles espèces et en argenterie;
1. .Marie-Anne-Eléonore-Gabrielle, fille du prince de Condé et de MB© de Mois, née en 1G90, morte le il août 1760.
2. Jorry, procureur au Parlement, et sa servante furent assassinés le 27 mars dans leur maison, à Paris. Sa femme, ttlk de Pralard, libraire au Palais-Royal, était allée à la campagne avec M. Maclot, « son ami, » qui demeurait avec eux, et avait chargé son valet de remettre à Jorry 0000 livres en garde. Ce valet, nommé Ricœur, reconnu coupable du crime, fut arrêté peu de jonrs après ù Beauté et fut roué le 7 mai.
on les a mises en dépôt chez le curé de Sainte- Marguerite, où elles seront saisies pour le prix de la maison.
Le Roi a donné à la Compagnie des Indes la vente exclusive du café.
On imprime Y Itinéraire de Bourgogne du P. Mabillon.
Le roi a fait dire à M. le prince de Conti qu'il lui donnoit encore vingt-cinq jours pour s'accommoder avec sa femme; après quoi il laisseroit agir la justice.
Le duc de Boufflers perdit au billard à Versailles 1000 louis, qui ont été payés le lendemain, contre le prince de Soubise ; le marquis de Gourtenvaux en perdit H 00.
Le duc d'Orléans a choisi M. Goypel pour faire de nouveaux ouvrages de peinture à Saint-Cloud.
7 avril 1723.
Les nouvelles du grand monde sont fort stériles. Le prince de Montbéliard est mort. M. le duc de Lorraine doit être parti pour aller s'emparer de cette place avec quelques troupes jusques à ce qu'il soit décidé à qui ira cet État. Le duc d'Aumont mourut lundi d une indigestion. Gomme son Gis a toutes les charges et dignités, cela ne fera aucun changement. L'aifaire des Paris et des trésoriers généraux de l'extraordinaire des guerres continue à s'instruire. Le maréchal de Villars, qui est k la tête de ceux qui
y travaillent, a demandé d'augmentation MM. les comtes de Beauvau et de Boisy. Le Roi partira le .4 juin pour Meudon pour tout le mois. On parle d'une trêve de vingt-cinq jours et d'une alliance entre l'Empereur, la France, l'Espagne, l'Angleterre et la Hollande pour les faire subsister sans aucun trouble. Voilà tout ce que je sais.
De Maltot.
M avril 17».
Le 6, les comédiens français ouvrirent leur théâtre par la représentation d'Inès de Castro, tragédie nouvelle sans madrigal, mais pleine de sentiments ; nul confident de l'action dans toute la scène, une conduite sage, un dévouement attendrissant : voilà ce qui justifie le succès de cette pièce.
Le même jour, les comédiens italiens représentèrent la Double Inconstance \ comédie de l'auteur de la Surprise de V amour. Mlle Silvia fit applaudir l'auteur, malgré le mauvais jeu des autres acteurs.
Un particulier a présenté un projet par lequel il prétend porter l'eau de la Seine à toutes les maisons de la ville, de quelque hauteur qu'elles puissent être par rapport au niveau de la rivière. Il ne s'agit que de bâtir deux châteaux d'eau à la Grève et à la Grenouillère et douze tours dans douze quartiers différents, au moyen de quoi les rues seront lavées
I>E LA MARQUISE RE BALf.EROY 53
l les incendies étants bien plus facilement. Cela a noierait que 8 000 000.
On assure que le Roi ira au mois de juillel buabord '.
Il est arrivi- une chose au Por-TBYéque qui La.ii. el
?ra, je crois, Lien du bruit. Un nomme Chevet, qui ètoil par ordre du Roi et en vertu d'un décret des equètes de l'hôtel au souverain, et qui habitoil une hambre qu'il payoit apparemment mal, le concierge i envoya dire de venir lui parler. Comme il fut au s de l'escalier, il trouva deux guichetiers qui valurent le prendre pour le mettre au cachot ; il s'échappa et remonta jusqu'au troisième, où il ■ouva une chambre ouverte, dans laquelle il entra. B concierge envoya les guichetiers pour le prendre, ontre lesquels il se défendit si bien avec un mauvais nuleau qu'il les chassa de la chambre. Quelque nps après, le même concierge y envoya son fils vec nombre de guichetiers armés de fourches de ■<iis, parmi lesquelles il s'en trouva une de fer. Il ouva moyen de raccrocher; après quoi il dit que I y avoit ordre du Roi pour le mettre au cachot, il r avoit qu'à le lui montrer et qu'il obéiroit, mais
Mme de Balleroy vinl passer deux mois ;< Paria poOi Aires; mais nous apprenons par révoque rie Blois que ce voyage | (m m otite ni acréoble <lci!re du fi juillet). Elle BCWWJpagna
584 LES C0ME8P0NDANTS
que le concierge n'étoit pas ei droit de le foire mettre au cachot. On voulut alors le prendre de force, mais il se défendit encore si bien, qu'H les chassa encore de la chambre, après avoir reçu plusieurs blessures, une entre autres dans le ventre, d'un coup de fourche qui le fit tomber à terre ; enfin on le laissa en repos, mais tout en sang et fort blessé. Le concierge alla trouver le lieutenant criminel et le procureur du Roi, auxquels il conta l'affaire tout autrement. Ges messieurs se rendirent au For. On dit que dès que te sieur Chevet le sut, il cria par la fenêtre que si Tun d'eux vouloit se donner la peine de monter, il feroit tout ce qu'il lui ordonnerait; mais personne ne daigna lui parler ; au contraire, ils envoyèrent vingt archers armés de piques et de mousquets, dont Hs lui firent plusieurs coups, Y un desquels lui porta dans le ventre sans pourtant pouvoir l'abattre. Comme on vit qu'on ne pouvoît en venir à bout, on abattit une cloison dans une autre chambre, par laquelle on entra, et on le prit à la fin si blessé qu'il mourut au bas de l'escalier.
De Maltot.
28 juillet.
Impromptu de M. Briant fils sur Mlle de Gharolais, qui a mené le deuil au convoi de Madame :
Quel est ce funeste spectacle?
Quelle est la pourpre que je voi ?
L'amour en deuil ! Par quel .miracle
Mène-t-il ce triste convoi ?
Hélas ! une bizarre loi
D'une aimable «t jeune princesse
Du trépas a fait la prêtresse,
Et par un prodige nouveau
La déesse de la jeunesse
Conduit les morts dans ce tombeau.
Le cardinal du Bois, qui, comme vous savez, eft mort après avoir abjuré ', c'est-à-dire qu'on dit qu'il s'est confessé, a laissé pour seul héritier son frère; il est enterré à Saint-Honoré. Les cours invitées, son service s'est fait jeudi à Notre-Dame, et vendredi celui du premier président, où un exempt des centsuisses mourut subitement en pleine église. Son successeur n'est pas nommé : cela roule entre MM. de Pontcarré, premier président de Rouen, le Bret, d'Aix, le lieutenant civil Novion et M. Joli de Fleury 8.
17 septembre.
Le départ de tout le monde pour la campagne rend les nouvelles fort stériles; la place de premier
1. Le cardinal mourut le 10 août; il Tut aussitôt remplacé par le comte de Morvillc, fils du garde des sceaux.
2. Jean-Antoine de Mesmcs, comte d'Avaux, mourut le 23 août; il laissait deux filles, la duchesse de Lorges et la marquise d'Ambres. Le président Potier de Novion le remplaça au mois de décembre.
président ne se donnent pas encore de sitôt, non plus que les bénéfices. On a fait un incident à M. de Bouillon sur la qualité de prince par la grâce de Dieu. M. de Maurepas a porté un ordre à M. le euré de Saint-Sulpice de le rayer de ses registres. On devoit envoyer un parai ordre à Strasbourg. C'est M. le Duc, à l'instigation des ducs et pairs, qui provoque cela. Il y a eu des négociations. On a dit qu'on ne ferait plus rien jusqu'après le mariage du prince de Turenne et qu'ensuite on examinerait.
Gadmartin de Saint-Ange.
Le Roi a permis à Mme de Talhouet de choisir sur les meilleurs effets de son mari 200 000 livres pour prix de sa dot ! .
Le duc d'Orléans a reçu le 9 les plaintes de plus de cent femmes veuves de propriétaires des charges supprimées sur les postes. Son Altesse a promis de leur faire rendre justice.
On affiche des lettres de noblesse pour tous les médecins qui se sont distingués pendant les épidémies de Provence et du Gévaudan.
4. M. de Talhouet, riche Breton d'une autre famille que celle des « bons Talhouet », maître des requêtes, avait été arrêté à cause des friponneries commises pendant le visa des actions ; il fut condamné à mort le 27 août, et sa peine fut commuée en celle du bannissement perpétuel. Sa femme était Mlle Bosc, fille du procureur général de la cour des aides.
ht: LA MARQUISE DE RALLERÛY
Le Koî a fait acheter pour sa bibliothèque tous les manuscrits sur l'histoire trouvés après le décès de M. le premier président el de M. l'abbé de Camps '.
Oulre les pensions accordées par l'assemblée du clergé dont on a parlé, elle en a accordé une de :00 livres au P. Honoré de Sainte-Marie, carme léchaussé, définileur de la province d'Aquitaine, I nui' pareille somme à un savetier de la paroisse de Sainl-Sulpice connu par ses objections duns les ouferences publiques de la même paroisse. M. de Tulbouet est parti pour sa prison de l'Ile ainte-Marguerite.
L'abbé Clément a eu sa grâce *. Son père a iccoucbé vingt ans durant toutes les princesses de l'Europe,
Le bruit court que le Roi a fait proposer de dOU- NMQ à M. Daguesseau de donuer sa démission de la harge de chancelier, que Sa Majesté veut rendre mnvible; on lui offre 60 000 livres de pension, des lettrée d'honneur, et à ses trois fils des charges de
I. Il avait collectionné de nombreux manuscrits el copies de liiiiusiTilH sur f'Iiistoirc de France qui s.in [ conservés à la Bibliu-
''"'1 BtlOMle. Il coorul rie singulières histoires à son sujet :
on le disait hermaphrodite.
■ivi'cTiilhiiuel, il avait été également condamné à mort; on ("envoya à Piene-Endsc, Son père, Julien Sèment, inulssnit H'nne Immense réputation; mort en 17»,
président à mortier, avocat général et une compagnie de gendarmerie.
Le 14, le sieur Bataille, relieur, fut conduit à la Bastille après la visite du syndic et des adjoints de la corporation des imprimeurs et libraires, qui trouvèrent chez lui divers ouvrages de Jansénius. Gomme c'est pour la troisième fois, on ne doute pas qu'il ne soit sévèrement puni.
Le 15, M. Morosini, ambassadeur de Venise, et la marquise d'Ermont tinrent sur les fonts Mlle Languet, âgée de cinq à six ans, nièce du curé de Saint- Sulpice '.
Mlle de Seignelay a gagné un procès de 200 000 livres contre ses oncles ; elle a 40 000 livres de rentes et va épouser le fils atné de M. de Luxembourg.
Le duc d'Orléans a fait un beau discours à la Compagnie des Indes en se déclarant son gouverneur.
24 septembre.
On assure que le Roi passera l'hiver aux Tuileries.
Les négociants de Marseille demandent au Roi de
1. Antoinette Languet, fille du comte de Geigy, ambassadeur à Venise, et d'Anne Henry, mariée en 1737 à Louis de Cardorac, marquis d'Havriucourt, ambassadeur en Suède. Jean-Baptiste Languct, curé de Saint-Sulpice, abbé de Bernay, mort en 4750. frère de l'archevêque de Sens.
retarder de quelques jours le privilège du café accordé à la Compagnie des Iqdes, représentant qu'après les malheurs de la contagion c'est ôter une des ressources du rétablissement de leur ville . Le 16, M. Marion, prêtre, professeur de philosophie au collège de Navarre, fut assassiné par un de ses fermiers, qui venoit pour la troisième fois lui demander de l'argent. Dans le temps que M. Marion se baissoit pour ouvrir un coffre, le paysan lui donna deux coups de bâton sur la t<He, dont il est fort mal. Le paysan fut arrêté.
28 septembre.
L'Infante-Reine, la duchesse de Ventadour, la princesse de Soubise, la duchesse de La Ferté et plusieurs autres dames de la cour de Madame . Infante, viennent de se mettre dans la confrérie du Rosaire, à la suite d'une exhortation du P. Mespolier, dominicain.
Mme d'Orléans, abbesse de Gh elles, a obtenu pour son abbaye le fonds de 12 000 livres de pension que le Roi faisoit à feu Mme de Villars.
Il vient s'établir au faubourg Saint-Antoine une manufacture de fer fondu, où l'on exécute toutes espèces d'ouvrages de serrurerie aussi parfaits que possible.
Le Roi a accordé au frère * du Chancelier le réta-
i. Henri d'Aguesseau, conseiller d'Etat, puis conseiller du commerce.
blissement d'un marché public dans retendue de la paroisse de la ViUe-FÉvéque.
L'ingénieur Thomas, connu par plusieurs inventions utiles à l'artillerie, étant à souper dans un cabaret à Versailles, faillit être tué de trois coups de fusil que des inconnus lui tirèrent dans la rue.
Nantes, 1* octobre 1738.
Je vous dirai, ma chère sœur, que nous avons fait jusqu'ici un des plus beaux voyages qu'on puisse faire. Je vous écrivis le 16 du mois passé en partant de Paris; nous avons descendu la Loire, M. de Blois, Gréquy et moi, augmenté nos fermes de deux mille livres de rente, étant reçus partout comme de véritables ambassadeurs, honorés, admirés, quelque chose que nous dissions,et régalés pompeusement. La vérité est qu'il n'est pas si aisé qu'on croit de dîner et de souper comme cela tous les jours. Je ne seroi pas fâché de me trouver à Châteaufort pour ne boire qu'à ma soif et ne point tant crever. Vous me direz qu'on y fait bonne chère, et j'en conviens ; mais on y est plus libre, au lieu qu'en ce paysci vous trouvez des MM. et Mmes Descazaux, M. et Mme de Menou, de Sept-Maisons et autres leurs adhérents, qui ne vous laissent pas un moment de repos.
Caumartin de Boissy.
6 octobre.
Le prince de Turenne apprit à quatre lieues de Strasbourg que la princesse Sobieska y étoit arrivée depuis deux jours. 11 prit la poste, son cheval s'abattit; il se blessa à la tète, on le saigna, et deux jours après on les maria. Le mariage fut consommé le lendemain. Il eut la petite vérote. La princesse vouloit l'aller voir, malgré son mal. On l'en empêcha et le troisième jour il est mort.
La princesse a la fièvre.
M. de Pontcarré \ premier président à Rouen, vient d'épouser en quatrièmes noces Mlle de La Margrie, âgée de cinquante-quatre ans et riche de 80 000 livres de rentes.
M. Danican, frère de M. Landivisiau, a acheté 450 000 livres le marquisat d'Annebaut.
Le Roi a envoyé une lettre de cachet à l'assemblée de Prima Mensis de Sorbonne, ordonnant de continuer M. de Romigny dans son syndicat.
Le Roi a choisi le sieur du Buisson, baigneur, pour avoir l'inspection des bains de Sa Majesté, auxquels on fait travailler en ce moment, et le bruit court que Ton va faire une charge de baigneur en sa faveur.
Il y a eu une espèce de rébellion au collège des
1. Fils du duc de Bouillon. La princesse, fille d'une Neubour^, avait refusé les plus grandes alliances.
Jésuites de La Flèche par les pensionnaires, qui ont voulu défendre un de leurs camarades qui, pour se sauver du fouet, s'arma de deux pistolets, dont il manqua son régent et tua un grenadier appelé pour le saisir.
Le 15 du mois passé, il y eut à Madrid un orage pendant lequel la pluie tomba si fort qu'elle forma un torrent qui emporta plusieurs maisons du faubourg Sainte-Barbe. Mais la plus grande désolation fut dans la maison du comte Donati, occupée parle duc de La Mirandole, qui régaloit ces jours-là plusieurs personnes de distinction. L'eau ayant anporté un petit mur de la ville qui fermoit le jardin de cette maison, les appartements, qui sont beaucoup plus bas, furent remplis d'eau. La duchesse de La Mirandole, qui s'étoit sauvée dans la chapelle, avec don Tibère Caraffa et une femme de chambre, furent noyés sans qu'on pût leur porter secours, et le marquis de Gastel Rodrigo fut emporté par le torrent à trois lieues de la ville, où Ton retrouva son corps le lendemain.
Lundi, au Bec, 18 octobre 1723.
Me voici à mon charmant Bec de vendredi au soir. En y arrivant, le duc de Brancas m'apprit que notre ami le P. du Hamel étoit dans ce pavs et, ayant appris ma venue, étoit allé clans le voisinage pour attendre le temps que j'y serois; effectivement, nous
sommes arrivés tous deux à la même heure. La vie qui nous menace est trop douce et trop heureuse pour la varier. Le duc est toujours le même, c'est-àdire gai et content et toujours charmé de plus en
plus du genre de vie qu'il mène.
Balleroy.
19 octobre.
J'aurois eu l'honneur de vous répondre plus tôt, ma chère tante, si la maladie à la mode ne m'avoit pas attrapée, dont je suis entièrement rétablie. La police nous est restée, et M. d'Argenson est encore plus accablé d'affaires que lorsque vous étiez à Paris. La nouvelle de votre retour en cette ville en hiver me fait un grand plaisir. Si je ne suis pas épouvantable, je profiterai le plus qu'il me sera possible du temps que nous y serez pour vous assurer, ma chère tante, que personne ne vous est plus que moi, avec un profond respect, votre très humble servante.
D'Argenson (née Larcher).
29 octobre.
On dit que le cardinal de Noailles est assez mal ' , et on parle déjà de sa place pour M. de Gambray. La duchesse d'Aumont est morte de la petite vérole f et n'a laissé à son fils que ce qu'elle n'a pu
i. 11 ne mourut qu'en 4739.