‹ Les correspondants de la marquise de BalleroyChapitre 8 sur 79 · La princesse avait de violentes attaques de goutte · texte numérisé non relu

La princesse avait de violentes attaques de goutte

DE LA MARQUISE DE BALLEROY t>5

onze heures '. Falconnet lui trouva de la fièvre; , son accoucheur, ne lui en trouva pas. Voilà - que j'ai appris hier et que ni le duc ni moi nous n'avons pas su. Falconnet assura qu'elle n'en relèverait pas à tous ceux à qui il en parla en particulier ; il assura même que le fils ne vivroit pas. Mercredi après-midi, nous nous tînmes dans sa chambre, OOOline les jours précédents, projetant des voyages i Pon toise cet été. Elle se trouva si mal le soir qu'il illut la saigner du pied à une heure. Le jeudi matin, :i lui donna de l'émétique : elle parut dans la journée nieux ; le soir à minuit on me manda que tout alloit brl bien. Sur les une heure du matin, elle fut plus al. Autre saignée du pied hier matin. Sur les sept leuresdu soir, consultation de médecins. Chirac et éret pour réitérer la saignée ; Falconnet et Peira ontraïres. Le duc d'Albret ne voulut pas souffrir qu'on la lui ftt. Sur les cinq heures la poitrine commença à s'emplir; àonze heures du soir elle mourut. Nous avons emmené le pauvre duc à Mondésir ; c'est la maison de Mlle de Bouillon a Ivry, je vais v retourner.

Caimaiitw de Boissy.

33 juillet 1719.

Premièrement je vous dirai que Mme de Berry est Orté la nuit de jeudi à vendredi; on dit que ce va

1. Louise- Angélique Le Tellier, sa seconde rerame; elle mourui > même jour; l'enfant vécut jusqu'en 1732.

tt. — S

f,6 LES CORRESPONDANTS

Mre un deuil de trois mois. Voilà tout ce que j'en ai ouï dire !.

B ALLEROY .

24 juillet 1719.

Je vous dirai qu'on parle fort mal de M. et Mme de Mouchi. Ce qui est certain, c'est que M. de Moucbi est venu après la mort de Mme de Berry trouver M. le Régent, le baguier de Mme de Berry à la main, et lui dit que c'étoit un présent que Mme de Berry avoit fait à Mme de Mouchi. On dil que, le Régent ayant avancé la main pour le prendre, Mouchi fit un petit mouvement pour retirer la sieDoe. assez pour être aperçu ; mais cependant il le répara dans le moment, et le Régent le mit dans la poche: on dit qu'il y a pour 100 000 écus de pierreries. M. de Mouchi cita trois témoins de ce présent; t Régent les a envoyé chercher; ils ont tous dît n'en avoir aucune connaissance. Ils sont sortis tous deui de la Muette, où elle est morte, un peu avant sa mort On dit qu'ils ont bien fait, parce que le reste de b maison les auroit assommés, tant pour tout ce qu'ik avoient pris à visage découvert que parce qu'ils étoien! persuadés que lui et sa femme avoient beaucoup abrégé les jours de la princesse en lui fournissant les plus mauvaises choses à manger dès qu'elle en

1. Un peu après minuit. Voir nos Filles du Régent, tomeV,p«ir tous les détails sur cette mort et les incidents qui suivirent.

voit la moindre envie. On les accuse même dans

derniers jours de la vie de la princesse d'avoir

é la nuit quantité de ballots ; enfin ils sortent de

fort riches et fort déshonorés.

On n'a pas encore déclaré de combien sera le

deuil de Mme de Berry : os dit seulement que per-

oiiue ne drapera ni ses gens ni ses carrosses. On

prendra jeudi.

Balleroy.

31 juillet 1719.

La sauté de la garde des sceaux va toujours de lieux en mieux ; elle a auprès d'elle deux médecins : armand, qui est l'ordinaire, et un nommé Le Toiletter, qu'il a appelé. Le premier me paraît homme assez sage.

Le Tonnelier est de ceux que les autres aiment à ipeler, parce qu'ils disent ce qu'ils veulent. Pratien médiocre, plus par routine que par raisonne- Bot, toujours Hwé à ce que voudra dire le médeti ordinaire, il saignera, clistérisera ou cordialisera omnie on voudra.

Cadhartoi de Boissv.

M. de La Cour et M. de Vannes ont pris des soins ! la pauvre garde des sceaux , qui me font me •piocher à nioi de n'en avoir rendu que dans les

derniers temps *. Le garde des sceaux commence à sentir sa perte et est très touché. Sa fille se désespère. Le cadet que Ton avoit arraché d'auprès d'elle, malgré les défenses, venoit dans la maison dès qu'il se pouvoit échapper, et augmentèrent votre douleur

si vous le voyiez.

Càumartin de Boissy.

7 août 4749.

Je n'ai autre chose à vous dire, ma chère amiet que de vous exhorter à conserver votre santé, de qui la mienne dépend absolument; conservez-la donc pour l'amour de moi et pour vos enfants, si vous ne voulez pas la conserver pour vous.

Balleroy.

Paris, 44 août 4719.

M. le Régent s'est donné une entorse 2. Je tf sais si vous avez personne dans toute la province dont on y soit aussi occupé de la santé qu'on Test ici de celle de M. Lass; tous ses actionnaires ne s'entretiennent que de la différence du temps ptr rapport à sa santé ; ils vous disent : Boqne nouvelle, le temps se rafraîchit, cela est de grande consé-

4. Elle mourut le 1er août de la petite vérole; son frère réfêq* de Vannes s'était enfermé avec elle.

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