‹ Les correspondants de Michel-Ange;Chapitre 5 sur 25 · I. Pcbbìo · texte numérisé non relu

I. Pcbbìo

SEBASTIANO DEL PIOMBO ii

Christ, veuille/, savoir de messires Domenico Boninsegni et Benedetto Strozzi, son beau-frère, d'où vient qu'ils ne veulent pas finir de me paver. Vous savez avec quelle honnêteté je me suis comporté par amitié pour vous et aussi par affection pour Monseigneur Reverendissime ; car je leur ai donné au moins deux cents ducats du mien et j'ai consenti à être payé comme ils ont voulu ; le compère Leonardo vous le dira. A présent, il me reste dû soixante-trois ducats et j'ai reçu un tiers. Ils m'ont dit que messire Benedetto Strozzi leur a écrit de ne pas me payer. Je voudrais bien en apprendre seulement la raison, et, pour vous le dire à vous, j'ai été sur le point de prendre querelle avec un des fils de Bernardo Bini, parce que je sais qu'ils ont la cédulc de Benedetto Strozzi, l'ordre de me payer, et ils disent qu'ils ne la trouvent pas. Cela m'a fait penser qu'il y avoit là de la méchanceté. Je me rappelle encore avoir vu une lettre de messire Domenico portant que Benedetto me devait payer jusqu'à la somme de huit cents ducats d'or, seulement pour mon travail du tableau, sans l'ornement. Je ne sais d'où vient cela. Je suis certain que, si je voulais cet argent pour le jouer ou pour le donner à quelque p..., je l'aurais eu mille fois, mais pour marier ma scsur, le diable ne l'a pas voulu. Ces soixante-trois ducats sont capables de me faire casser le cou, parce que je ne puis souffrir qu'on me fasse une pareille tromperie. Si du moins ils me disaient pourquoi, mais dire je ne veux pas te payer! Il me semble que je suis assassiné. Je vous en prie, ne vous y refusez pas après tant de peines que vous avez prises pour moi, veuillez en faire conscience à messire Domenico ou à Benedetto, et les prier de me faire donner ce qui m'appartient, parce que Dieu sait si je le mérite oui ou non. Je crois que si vous leur dites un mot, vous, ils auront honte de ne pas me payer. Daignez, je vous prie, m'envoyer une ligne si vous croyez que je doive en écrire au cardinal. ■ — Je ne vous dirai pas autre chose. Jésus-Christ vous conserve en santé. Le 3 juillet i520. — \'otre très fidèle compère Sébastien, peintre, à Rome. — .^u seigneur Michel-Ange, sculpteur très digne, à Florence.

i5-jo. 6 settembre.

Compare mio carissimo. — Hozi dì io ho recevuto una littera dal compare Leonardo, la qualle lui me scrive come me havete risposto a la littera ve mandai che '1 Papa mi hordenò. Io non ho havuto littera vostra alcuna, et molto me ho maravegliato, che io ve ho scripto cosse de manco importantia de quella et me havete resposto, et di questa non ho havuto resposta alcuna, et si sapesti per questo come sta l'animo mio di questa cossa, forsi ve maravegliaresti, perchè el Papa za dieci zorni mi mandò uno suo chameriero a vedere se io havevo hayuto resposta alcuna da vui. lo li dissi de none et che io l'aspetava de zorno in zorno, et lui me disse da parte del Papa : da poi che costui non vi responde, el Papa me ha hordinato che vi deba ofifrire la salla de' Pontificj da basso. Et io li resposi che non poteva acetare cossa alcuna senza vostra licentia, o vero insino che non mi venisse vostra resposta, et mai è venuta insino a ora. Va li dissi ancora, or^ni volta che non fusse obligato con Michelagnolo, et che '1 Papa volesse che facesse questa salla, io non la farci, perchè a me pare non essere inferiore ali garzoni de Rafaello da Urbino, ma.xime havendomi offerto meza la salla de sopra de bocca del Papa, et non mi par honcsto che io depinga codamodo ' le cantine et loro le stancie dorate. Io li ho decto che la facino depingere a loro. Et lui me rispose che 1 Papa non lo faceva jìcr altro se non per fugire le gare. Et che coloro havcano e descgni de quella stanza et cossi era salla de' Pontificj quella da basso, come quella de sopra. Io li respossi che io non ne voleva far niente, de sorte che se la rideno de facti mei, et son in un grandissimo travaglio che io son venuto come rabioso.

Ancora li dissi questa partita : si Michelagnolo me rcspondesse, et eh' el acetasse quello li ho scripto? Lui me rispose, indubitatamente el Papa se contentaria et fariano depingere coloro in altri loccj : siche, compare mio, vui sette patron del tutto, et non posso credere che vui me havete scripto, che io ho cerchato per tutta Roma vostre littere et

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