‹ Les correspondants de Michel-Ange;Chapitre 6 sur 25 · I. Pour « quodam modo · texte numérisé non relu

I. Pour « quodam modo

SEBASTIANO DEL PIOMBO i3

i.^jo. 6 septembre.

Mon très cher Compère,

Aujourd'hui j'ai reçu du compère Leonardo une lettre où il me dit que vous avez répondu à celle dans laquelle je vous mandais ce que le Pape m'avait ordonné de vous dire. Je n'ai reçu aucune lettre de vous et je suis bien étonné que, vous en ayant écrit pour des choses de moindre importance auxquelles vous avez répondu, je n'aie aucune réponse à celle-là. Si vous saviez dans quel état d'esprit je me trouve à ce sujet, peut-être en scriez-vous surpris. Il y a dix jours, le Pape m'envoya un de ses camériers pour savoir si j'avais quelque réponse de vous. Je lui dis que non et que j'en attendais une de jour en jour. Il me dit alors, de la part du Pape, puisque celui-là ne vous répond pas, le Pape m'a ordonné de vous offrir la salle d'en bas des Pontifes. Je lui ai dit que je ne pouvais rien accepter sans votre permission ou jusqu'à ce que votre réponse me fût parvenue, et elle n'est pas arrivée jusqu'à présent. D'ailleurs, ajoutai-jc, quand je ne serais pas tenu à des égards envers Michel-Ange, si le Pape voulait me faire peindre cette salle, je ne le ferais pas, parce qu'il me semble n'être pas inférieur aux élèves de Raphael d'Urbin ; surtout, ayant reçu de la bouche du Pape l'offre de la moitié de la salle d'en haut, il ne me paraît pas convenable que je peigne en quelque sorte les caves et eux les salles dorées. Je lui ai dit qu'on la fît peindre par eux. Il m'a répondu que le Pape ne le faisait que pour éviter les querelles, que les élèves de Raphael avaient les dessins de cette salle et que la salle des Pontifes était aussi bien celle d'en bas que celle d'en haut. Je lui répondis que je n'en voulais rien faire, en sorte qu'ils se rient de moi, et je suis dans une si violente agitation que j'en suis devenu comme enragé. Je lui dis encore : si Michel-Ange me répondait et acceptait ce que je lui ai écrit ? Indubitablement, répliqua-t-il, le Pape y accéderait volontiers et l'on ferait peindre ceux-là (les élèves) ailleurs. Ainsi, mon Compère, vous êtes maître de tout. Je ne puis croire que vous m'ayez écrit, car j'ai cherché vos lettres dans tout Rome et je

non ho trovato niente o veramente qualche ioto ' de costoro, stano vigilanti per havere qualchuna nostra littera per sapere e facti nostri ; ma se vui volette, crcparano tutti con le sue cichale.

Oltra di questo pregovi scriveteme a chi havete datto la littera, perchè da l'altro canto credo el compar Leonardo non me scriveria de quella sorta mi ha scripto, se vui non me havessi scripto, et la risposta vui me facte dattela al presente portatore che sera ben data ; et cossi io Taverò, et se a vui pare, scrivetemi una littera de fuocho che io la mostrarò al Papa per inanimirlo et che pari faciate conto de sua Santità, che in verità lui per le parolle mi disse, lui ve ha in grandissima reverentia et vi conosce.

Oltra di questo pregovi faciate conto de chi ne fa de vui, cioè del Papa, perchè nel mondo non è la più honorevolc impresa de questa, come vi ho scripto de l'altre volte ; qui ve vendichate de tutte le inzurie v'è state facte et farete tacere le cichale che non cridarano più, perchè in questa stancia lì va le più belle istorie che si possi depegnerc. Lì va primamente l'istoria de Costantino imperatore, come li aparse ne l'aria una croce ne un fulguro - che in segno de quella l'averia vitoria et amazò un certo re.

Dapoi nela fazata mazore una bataglia, cioè un facto d'arme, che questa dicono costoro chi la vole principiare. Dapoi ne l'altra facia una representationc à l'imperatore de' prisoni. Ne l'altra fazata el preparamento de l'incendio del sangue de quei putti, che li intravengono donc assai et putini et manegoldi per amazarli, per fare ci bagno de l'imperatore Costantino.

Queste istorio me disse el Papa che le voleano, et che costoro aveano e' dcscgni de mano de Rafaello. Et io li resposi quello ne scripsi ne l'altra. A me pare che per letione de istorie, non si possi far meglio, né clegerc meglio, si che facte voi, tanto quanto hordenarctc sarc servito. Lt pregovi, compar mio, per l'amore è tra nui degnatevi a rcspondcrmi a ciò sappi quello io habbi a fare, perchè io son vituperato con tutti costoro, ma.xime col Papa, perchè io non

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