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LA TACTIQUE ET LES EQUIPAGES DES CORSAIRES

Antoine Face, mousse, Boulogne. ^

François Leclerc, volontaire, Boulogne.

Jean-Louis- François Pelletier, volontaire, Boulogne.

Louis Picard, voiontaire,yl ri/fVighen.

Pierre Duflos, volontaire, Boulogne.

François Jacques, volontaire, Boulogne.

Jean-Bat)tiste Chevet, volontaire, Boulogne.

François Builei, volontaire, Boulogne.

Pierre-François-Nicolas Huret, volontaire, Boulogne.

Le rôle porte en outre la mention que Alexandre Vary, Marc-Antoine Bihet, Pierre Delbeque ont déserté. Le chiffre des déserteurs ira sans cesse en augmentant.

Les corsaires continuent à embarquer l'écrivain prescrit aux siècles précédents; on lui a même adjoint un interprète.

Pendant les dernières années de la guerre de course, les équipages varient de soixante à cent hommes ; l'état-major est plus nombreux; il y a trois ou quatre capitaines de prises ; on embarque des pilotes, un chirurgien, un commis aux vivres, un maître-coq. L'état-major reste strictement boulonnais, mais il se trouve fort peu de Boulonnais parmi les hommes. L'équipage de V Alexandrine n" 5, qui courut en 1812 et en i8i3, est très caractéristique. Il compte soixantecinq hommes.

Fourny, Pierre François-Marie, capitaine, Boulogne.

Fourny, Joseph-Nicolas, 2® capitaine, Boulogne.

Delpierro, Joachim , le' lieutenant. Calais,

Fourny, Picrre-I\larie,2e lieut., Boulogne.

Alfazin,lienrî- Nicolas, 3e lieuf., Boulogne.

Delpierre, Louis, dit Gossé, 4^ lieut., Boulogne .

LedouXjJean-François-Gérôme, 5e hcuL, Boulogne.

Lobez, Achille, 6" lieut., Boulogne.

Beauvois,Pierre-Antoine,eQseigne, Audresselles.

Olivari, Giovanni, enseigne, Rome.

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LES consAinES

Huret, Pierre, écrivain, Boulogne.

Blondel, François, enseigne, Cayeux.

Dcwisme, Pierre-Jacques-François, enseigne, Caijeax.

Huret, Nicolas, chirurgien, Boulogne.

Revelo,Angelo, cap. de prises, Castagne.

Cremaro, Mariano, cap. de prises, Messine.

Carpentier, Louis, cap. de prises, Dieppe.

Verlinde, Jean-Baptiste, M* d'équipage, Dankerqae.

Devos, Jean, 2e Me d'équipage, Dankerqae.

Pourre, Louis-Marie, Me charpentier, Wissant.

Hartman, interprète, 5'a//î^Falery-s.-S.

Noulard, Jean-Jacques, pilote du Ouest, Le Portel.

Michel, Jean-Fi-ançois, pilote du Nord, Granvillé.

Lanois, Jean François, contremaître. Calais.

Vigne, André, commis aux vivres. Le Havre.

Schers, Antoine-Nicolas, cap.

d'armes, Bruges.

Saget, Joseph- Ambroise, 2e charpentier, Fécamp.

Lefebvre, Louis, quartier-maître, Dankerqae.

Bil, Joseph- François, quartiermaître, Dankerqae.

Bart, René-Malbieu-Josse, 2* Me canonnier , Dankerqae.

Ledouxj Pierre-Antoine, volontaire, Boulogne .

Chaperon, Jean-François, coq, volontaire, Sainl-Malo.

Flamand, Pierre-André, volontaire, Saassey.

Homond, Jacques- Jo3eph,volontaire, Boulogne.

Lheureux, Louis-François, matelot, Dunkerque.

Ledoux, François, matelot, Z.i7/e.

Cochet, Philippe-Antoine, volontaire, V Hier s.

S magghe, Charles-Joseph-Félix, volontaire, Dunkerque.

De Swell, Charles-Conil-Eloi, volontaire, Quadypré.

Wallaert, Mathieu-Jean-Charles, volontaire, Dunkerque.

Rimond, Charles, volontaire, Rome.

Désert, Michel, volontaire, Frei- Carpentier, Louis-Re', novice, Dieppe.

Langnasco, François, volontaire. Sarde.

Baldo, Joseph, matelot, Villa- Nova.

Eloret, Vincent, (Vysente) matelot, Villa-Nova.

Alleman, Jean, matelot, Mahon.

Gobella, Antoine-Juan, matelot, Bilbao.

Gobella, Antoine, matelot, Bil bao.

Manchaca, Pierre, matelot, 5//bao.

Elaguno, Alexandre, matelot, Bilbao.

Urizar, Manuel, matelot, Ormc/i* daca.

Debrio, Antoine, matelot. Banco.

Gaillard, François-Joseph, volontaire, Dunkerque.

Lefebvre, Désiré, mousse, Dankerqae.

LA TACTinUE ET LES EQUIPAGES DES CORSAIllES I OQ

Avronf, Philippe, matelot, Ca- Surtncha, Dominique, matelot,

luis. Bilbao.

Dumont, Marie-Jeau, matelot, De S^uarte,Juan, matelot, Z?//-

Danlcerqne. bao.

Iluret, Pierre, mousse, Bonlo- Sarria, Manuel, matelot, Bil-

r/ne. bao.

Mileo, Jacques-Gabriel, mousse, Boseh, Jayme, matelot, Hen-

Boulogne. daije.

Orfila, Pierre, matelot, 71/a/jo/i. Coll, Pierre, matelot, yl/a/io/î.

Le plus panaché de tous les rôles est bien celui du Génie (1812) : sur quatre-vingt-douze hommes, cinq sont orig-inaires de Boulogne, neuf de Dnnkerqiie, deux d'Etaples, un de Crinip (Hollande), deux de Papemboiirg, un de Rome, un de Cayeux, cinq de Calais, cinq de Blanckenberg,ui\ de Rochefort, un de Saint-Valery-en-Caux, deux de Hambourg, un de Philadelphie, deux de Gottenbourg (Suède), deux d'Ostende, un de Sangatie, un de Dieppe, un de Porto, un de Lamotte (Somme), deux de Brest, un de Saint-Aubain (près Dieppe), un de Saint-Martinlès-Boulogne, un de Lisbonne, un du Tréport, deux de Stockholm, deux de Bruges, un de Katwyck (Zélande), un d'Oldenbourg, un de Bellingsberg (Danemark), un de Rgp (près Amsterdam), deux d'Amsterdam, trois de Koenigsberg, un de New-York, un de Brème, un de Filem (?), un de la Louisiane, un de Saint Pierre-d' Arène, un de Kalmall (Suède), un des îles Açores, un de Paris, un de la Nouvelle- Orléans, un de Trinquebac (Indes Orientales), un de Saint-Valery-sur-Somme, un d'Audruicq, un de Pont-Saint-Vincent, un de Dort (Hollande), un de Rouen, un de Saint-Omer, un de Bienna (Portugal), un de Saint-Félin (Catalogne) , un de Mahon, un d'Escala (Catalogne), un de Carthagène, un de l'île

LES GOUSAIRES

de Fayal (Portugal), trois de Cellîery (Sardaig-ne); deux de Lisbonne, im de jBr/yo.(Gatalog'ne).

Une véritable tour de Babel !

Cette extraordinaire variété de recrutement provenait de causes diverses. Vidocq nous indique (i) que les corsaires bénéficiaientofficieusement d'une sorte de droit d'asile, et que parmi les noms portés sur les rôles s'en glissaient de faux. Dans un autre passage de ses Mémoires (2), à un moment où il n'est plus corsaire et fait partie de l'armée de terre, il dit : « J'appris que, d'après un ordre du général en chef, tous les individus qui, dans chaque corps, étaient signalés comme de mauvais sujets devaient être immédiatement arrêtés et embarqués à bord des bâtiments armés en course. C'était une espèce de presse qu'on allait exercer pour purger l'armée et mettre un terme à sa démoralisation, qui commençait à devenir alarmante, m

Or, les armées impériales, plus on approche de la fin de l'Empire, comprennent des éléments de toute origine. Ce ne fut pas une des moindres causes de mécomptes pour Napoléon dans ses campagnes de Russie et d'Allemagne.

La meilleure explication de cette bigarrure des équipages est fournie par une note du dossier de liquidation des prises de l'Alèxandrine : le capitaine Sauvage, qui commande ce corsaire, se rend^Jii^ec son interprète des langues, P.-D. Bosson, à Cambrai, où il va choisir dans le dépôt des prisonniers neutres des marins de diverses nations pour embarq^uer sur son navire.

Avec un pareil recrutement, il n'est pas étonnant

(i) Mémoires, t. II, p. SSg.

(2) Mémoires, t. II, p. 149.

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que le chillVe des déserteurs se soit constamment accru.

Certains n'en étaient pas à leur coup d'essai : on rencontrait à bord des corsaires des déserteurs de l'Etat. Mais ceux-là n'y avaient pas droit d'asile, et le capitaine qui les avait embauchés était passible d'une amende : il en coûta 9.000 francs à P. -M. -F. Fourny pour en avoir accepté trois à bord de son navire, le Lion (181 2).

Malg-ré tout, le fait était fréquent, puisque, dès 1798, l'amiral Bruix, alors ministre de la Marine, lançait une circulaire pour signaler et combattre la facilité avec laquelle les capitaines corsaires prenaient furtivement à leur bord des marins et des militaires qu'ils excitaient à la désertion (i).

Lorsqu'un des hommes de l'équipage commet quelque méfait et tombe "aux mains de la justice, il en coûte toujours quelque chose à l'armateur ; le matelot Fontaine, du Furet, s'amuse, une nuit qu'il naviguait dans les vignes du Seigneur, à briser des vitres ; les gendarmes le cueillent et le font rembarquer; coût : quinze livres payées aux gendarmes. Le 27 août 1809, un homme à.Q T Alexandrine. Flamand ou Hollandais Jurgen Jan Pot, passe la nuit à lapistole. Il faut payer une livre dix sous pour l'hospitalité forcée qu'il reçoit de la police. Et Jurgen Jan Pot, bien qu'à la pistole, no veut mourir ni de faim, ni de soif; voici son addition :

Trois œufs cuits 6 sous

Un petit pain 3 —

Une bouteille de bière 7 —

(i)Mon., VI, 359.

i 12 LÉS CORSAIRES

Ua petit pain 3 sous

Paia et fromage 6 —

Une bouteille de bière 7 —

Y compris le prix de l'appartement, le total s'élève à 3 livres 2 sous.

De temps à autre, on signalait l'arrivée, sur une barque avec laquelle il avait réussi à passer le détroit, d'un prisonnier français évadé des pontons ang^lais. Mais les espions pullulaient ; ces évadés pouvaient en être : on les plaçait, dès leur arrivée, sous la surveillance du maire, qui les interrogeait, et se faisait ensuite renseigner sur leur compte par le commissaire ^e la marine. Dans certains cas, le ministre de la Police lui-même était consulté, avant que la surveillance cessât et que la mise en liberté fût définitive.

Ainsi, un jour, le plus fameux des corsaires de Calais, Tom Souville, évadé des pontons, voulut débarquer au port de sa ville natale ; la foule, l'ayant reconnu, accourt à sa rencontre et lui prépare une rentrée triomphale. A peine a-t-il mis le pied sur le quai que deux gendarmes, fidèles au devoir et à la consigne, lui réclament ses passeports : Souville, naturellement, n'en peut produire; les gendarmes se disposent à l'emmener prisonnier : les Galaisiens, trouvant la facétie mauvaise, empoignent les braves représentants de l'autorité, leur font prendre un bain forcé dans le port, et escortent Souville en l'acclamant jusqu'à son domicile.

Fréquemment, on retrouvait des prisonniers français à bord des navires anglais capturés. Lorsqu'au contraire ils restaient quelque temps en captivité, leur absence devenait un véritable désastre pour les famil-

LA TACTIOUE ET LES EOUII'AGES DES GO;vSAIKES ll6

les des plus nécessiteux. Elles adressaient aux représentants du g-ouvernement des pétitions réclamant des secours.

Au citoyen Le Bon, représentant du Peuple.

Citoyen,

Je représente les citoyennes Rivet, Gex et Mascot, toutes trois femmes de marins qui depuis huit et neuf mois ont eu le malheur d'être fait prisonniers par les Anglais, deux sur le corsaire le Patriote^ et l'autre sur celui de VEnJant de la Patrie, àe ce port; qu'ils ont laissé dans la plus affreuse misère ces épouses ainsi que de nombreuses famUles que par leur travail ils parvenaient à substanter. Depuis fort longtemps il se fait des échanges, et cependant jusqu'à ce moment ces infortunés pères de famille, ainsi que presque tous les autres marins de Boulogne, sont restés dans les fers de la Grande-Bretagne, quoiqu'ils aient été pris dès le commencement des hostilités. Serait-il possible qu'on oublie ainsi des malheureux qui ont si bien justifié leur dévoument à la défense de la République ? Non : les pères du peuple sont toujours là pour nous faire rendre justice. Nous venons donc, citoyen, te conjurer au nom de plusieurs familles plongées dans la misère, de faire en sorte que leurs maris, leur seul soutien, leur soient rendus^ et que la situation de ces infortunés, te détermine à les faire participer aux secours que la République ne refuse pas à ses défenseurs et que l'humanité réclame pour elles. Notre reconnaissance de ce bienfait ne s'effacera pas plus de nos cœurs que notre amour pour la Constitution et la République.

Feme de Gabriel Milen, feme Rive, famé de Joseph Dellepierre, femme Pierre Cotte, famé Palaite, famé Noëlle, veuve Lanbaire, veuve Demay , Maryane Edin , femme Gée, feme cptne Sauvage, famé Trudin (i).

Les prisonniers ennemis ramenés par les corsaires

(i) A. D. II, Lr.

Il4 LES CORSAIRES

sont, en g-énéral, bien traités par leurs vainqueurs. Les interrog'atoires comportent tous la question :

— Avez-vous été bien traité ?

A de très rares exceptions près, la réponse est affirmative.

Ils sont logés, nourris et indemnisés. Seuls, ceux considérés comme prisonniers de guerre sont envoyés au Château ou dans les dépôts de l'intérieur.

Les plaintes ne s'élèvent jamais bien haut. Le capitaine Sydney, capturé par le Cygne, capitaine Cornu, reconnaît avoir été bien traité, mais « déclare que le capitaine de prises lui ayant demandé à voir l'heure lui a de suite enlevé sa montre ». Cependant l'interrogatoire du capitaine de prises ne porte aucune question à ce propos.

Après que Jacques-Oudart et Nicolas-Denis Fourmentin, commandant l'un, rEnjôleur, et l'autre, le Furet, se furent emparés du Hadock (an VII), un marin mit un pistolet à la gorge du capitaine Whiswili, qui coinmandait le navire anglais, pour l'obliger à lui donner sa montre ; mais l'objet volé fut rendu avant même l'interrogatoire du juge de paix.

Les traits de ce genre sont exceptionnels.

Lorsque le capitaine J. -A. Huret, avec l'Industrie, s'empara, le 1 1 pluviôse an VII, vers huit heures du soir, du sloop Severn, capitaine Christophe Plaisted, qui se rendait de Londres à Plymouth avec une cargaison de farines, de blés et de literie, et cinq hommes d'équipage, trois hommes de l'équipage du corsaire, dont un nègre, descendent dans la chambre de Christophe Plaisted. Il était couché. Le nègre lui enlève sa montre dont la boîte était en argent, divers effets, des chemises, des gilets, etc., ainsi que des chemises à

LA T.VGTiyUE fi T LES liOUIPAGliS DES GOKSAiaES Il5

son second. Le capitaine anglais se plaint à Hure(, qui lui fait restituer une partie de ce qu'on lui a subtilisé.

Ce n'était pas bien grave. Cependant, Buttez, le capitaine de prises, interrogé sur ces faits, dépose qu'après l'amarinîig-e une vingtaine d'hommes environ, sautés du corsaire sur la prise, pénétrèrent dans la chambre, forcèrent une caisse, et firent main basse sur le contenu. Le corsaire, ayant élong'é la prise, y reprit son monde pour n'y laisser que dix hommes. Pendant la traversée, des hommes se composèrent chacun un sac avec les sacs des prisonniers. Le surlendemain, le capitaine Huret, étant venu chercher ces derniers, leur fit rendre leur bien. Et Buttez s'excuse de n'avoir pu empêcher ces « dilapidations » parce qu'il était à la barre. Tout cela n'est que du chapardage, et prouve qu'en somme, à cette époque, \a guerre de course se passait au moins aussi correctement que la guerre continentale.

La négligence que les corsaires mettaient à remplir îe vœu des ordonnances non abrogées des 7 novembre 1703 et 4 octobre 1760, qui déterminent, ainsi que nous l'avons vu, les cas où les commandants des corsaires pourront relâcher des prisonniers de guerre en mer ou dans des ports étrangers, fut considérée comme une des principales causes de la différence dont la République souffrait dans la balance avec l'Angleterre pour les échanges des prisonniers de guerre marins. Le Directoire prit, le 5 vendémiaire an VI, un arrêté pour appeler les corsaires français à l'exécution de ces ordontîances (i).

Les populations des cotes se montraient hospita-

(1) Mon. , VI, 17 .

I l6 LES CORSAinF.S

lières aux équipages des navires qui s'échouaient.

On était alors au temps où l'Anglais Spillard, revenant d'un voyage d'exploration avec de belles collections scientifiques, et arrêté successivement par deux corsaires français, était relâché. Truguet, félicitant les corsaires, leur écrivait : « Une bonne action vaut mieux qu'une grande victoire. »

C'était le même temps où Kerguelen, partant de son côté pour un voyage d'exploration avec des passeports de l'Amirauté britannique, était pris par des navires anglais, et arrêté.

Quoi qu'il en soit, l'impression qui se dégage des rapports entre corsaires et marins anglais et français, libres ou prisonniers les uns des autres, est celle d'une solidarité quand même entre gens de mer. Peut-être songeait-on confusément dans chaque parti, une fois le combat terminé, que lorsque, l'un et l'autre étaient aux prises, une tourmente pouvait surgir, et la mer les engloutir de compagnie.

Il est intéressant, à ce propos, de rappeler une lettre écrite de Gênes, le 2 juillet 1793, par Montlinot, vice-consul de la République en cette ville, et adressée par lui au ministre de la Marine.

Hier dimanche, des matelots de la frégate la Modeste tt de la corvette la Badine buvaient dans un cabaret ayant pour enseigne le Pape ; ils chantaient l'hymne des Marseillais. Cinq matelots de la frégate anglaise V Aigle, mouillée en ce port, s'arrêtèrent devant ce cabaret, et lorsqu'ils entendirent le couplet « Amour sacré de la Patrie », ilsôtèrent, sans y être provoqués, leurs bonnets. Chacun d'eux accepta le verre de vin que les Français lui offrirent. En s'en allant, un Anglais prit la main d'un Français, en lui disant: « Vous bons Français, nous bons Anglais. »

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