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AVANT-PROPOS

Les braves et aventureux marins de Bayonne et du Pays Basque méritaient de sortir de l'oubli dans lequel ils étaient déjà plongés. Pour peu que l'on ouvre un livre d'histoire maritime, on les trouve un peu partout, mais jamais on n'avait eu la pensée de les rechercher pour réunir leurs actions d'éclat en un seul livre et leur rendre ainsi le juste hommage qui leur était dû. Officiers, corsaires et pirates, les marins de nos contrées ont battu toutes les mers et à toutes les époques. C« sont les hauts faits d'un aventurier de ces pays qui inspirèrent l'illustre Byron et lui firent écrire le Corsaire. On nous permettra de reproduire ici, à titre de curiosité et comme entrée en matière, la précieuse note qui se trouve à la suite de presque toutes ses éditions :

c( Je vais tenter de prouver que le point d'honneur, dont Conrad donne un exemple, n'a pas été poussé au-delà des bornes de la probabilité : je veux citer à l'appui l'anecdote d'un flibustier, confrère de mon pirate.

« Nos lecteurs connaissent tous ces expéditions dirigées contre les corsaires de Barrataria ; mais peu d'entr'eux sont instruits de la situation, de l'histoire ou de la nature de l'établissement. Voici pour eux le récit des principaux faits que nous devons à un ami qui a été sur les lieux. Ce récit ne peut manquer d'intéresser.

« Barrataria est une baie ou un bras étroit du golfe du Mexique, qui traverse une contrée riche, mais plate, jusqu'à un mille du fleuve Mississipi, quinze milles au-dessous de la Nouvelle-Orléans. Cette baie a des branches innombrables, où l'on peut se dérober aux plus exactes recherches : elle communique, au Sud, avec trois lacs, et ces trois lacs avec un

autre du même nom qui, contigu à la mer, forme avec elle une île. Cette ile fut fortifiée, en 1811, dans les points de TEst et de rOuest, par une bande de pirates que commandait un certain Laffitte.

(( La plupart de ces pirates provenaient de cette partie de la population de la Louisiane qui avait fui de Saint-Domingue lors des troubles qui y survinrent et qui trouva un asile dans nie de Cuba. Ce fut dans la dernière guerre entre la France et l'Espagne qu'ils furent forcés de s'en exiler dans le terme de quelques jours : sans autre cérémonie, ils entrèrent dans les Etats-Unis et la plupart dans la Louisiane, accompagnés de tous les nègres. Le gouverneur leur notifia farticle de la Constitution qui défend l'importation des esclaves, mais en les assurant en môme temps qu'il ferait tout pour leur obtenir du Congrès le privilège d'en conserver la propriété.

« L'île de Barrataria est située à 29 degrés de latitude et à 92 de longitude. Elle est aussi remarquable par le bon air qu'on y respire que par les excellents poissons qui abondent dans ses parages. Le chef de cette horde, comme Charles de Moore, avait quelques vertus mêlées parmi ses vices. Dans l'année 1814, sa troupe, par son audace et ses attentats, avait fixé fattention du gouvernement de la Louisiane qui, pour ruiner l'établissement, résolut de commencer par frapper le chef; il offrit donc cinq cents dollars de récompense pour la tête de Laffitte, qui était bien connu des habitants de la Nouvelle-Orléans, ayant exercé jadis avec réputation dans cette ville l'art de l'escrime qu'il avait appris dans les troupes de Bonaparte, où il avait servi comme capitaine.

« Laffitte, pour répondre au gouverneur, offrit quinze mille dollars pour la tête de celui-ci. Le gouverneur fit marcher sur File de Laffitte une compagnie de soldats avec l'ordre d'y tout brûler et saccager et d'amener à la Nouvelle-Orléans tous les bandits ; cette compagnie, sous le commandement d'un homme qui avait été l'ami de l'audacieux capitaine, s'approcha sans résistance jusqu'aux premières fortifications de l'île, lorsque tout à coup l'on entendit le coup d'un sifflet assez semblable à

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celui dont se servent les contre-maîtres. Les soldats furent tous entourés par des hommes armés qui s'élancèrent des secrètes avenues de la baie ; ce fut ici que ce moderne Charles de Moore se distingua par un noble trait, car non-seulement il épargna la vie de celui qui était venu attaquer la sienne et détruire tout ce qu'il avait de plus cher, mais encore il lui offrit une somme considérable qui eut procuré à ce brave homme une existence aisée pour le reste de ses jours. Ces dons furent refusés par celui-ci avec indignation, mais il lui fut permis de retourner à la ville. Cet événement et quelques autres prouvèrent que la bande de pirates ne pouvait être forcée par terre. Nos forces navales ayant toujours été peu nombreuses dans ces contrées, il fallait attendre qu'elles reçussent des renforts pour les faire agir contre les brigands. Aussitôt (ju'une augmentation de troupes le permit, l'attaque eut lieu et la ruine totale des pirates en fut le résultat. Aujourd'hui que ce point presque inabordable des Etats-Unis, qui est la clé de la Nouvelle - Orléans, est délivré de cet ennemi, espérons que le gouvernement y tiendra une force militaire respectable. » (1).

Quelques renseignements pris sur les lieux nous ont appris que Laffitte naquit à Ciboure, où il se fit remarquer par une jeunesse orageuse; il était môme déjà marié lorsqu'il abandonna sa ville natale pour aller courir les aventures.

Avec la chute de la domination anglaise sur nos pays cessent pour ainsi dire les armements en flottes et en escadres des navires bavonnais faits aux frais de la ville elle-même, et pendant les siècles qui suivirent nous ne pouvons plus signaler que deux ou trois expéditions de ce genre, où le roi de France fait appel au contingent naval de sa nouvelle conquête. Mais en môme temps la guerre de course et les armements des corsaires prennent une si grande extension, les documents et les pièces originales deviennent si abondants, que nous croyons

(\) Œuvres de Lord Byron. — Traduct. de A. Pichot. — Le Corsaire. Appendice. — Gazette Américaine*

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devoir indiquer quelques-uns des divers tonds dans lesquels nous avons puisé :

(( La pénurie de nos archives, dit M. Fabre, en ce qui concerne les corsaires, est regrettable : car c'est une étude fort attachante que celle des faits et gestes de cette pléiade de héros, qui donna à la France : Jean-Bart, Duguay-Trouin, Cassard, Surcouf et tant d'autres glorieuses individualités. Les existences que nous allons retracer, plus modestes que celles de ces hommes illustres, étaient communes à tous les marins du commerce aux époques de nos grandes guerres maritimes contre l'Angleterre. La guerre éclatait-elle, toute cette population du littoral, si intéressante, si honnête, si laborieuse, se trouvait tout à coup* privée de ses ressources habituelles ; l'obstacle au gagne-j)ain de chaque jour était la présence de l'ennemi sur la côte ; on demandait des armes et Ton courait sus a l'ennemi. Les théories philanthropiques se taisaient devant cette nécessité impérieuse : vivre en combattant. » (1).

Nous avons voulu prendre nos corsaires aussi haut que pouvait remonter dans notre ville la guerre de course, qui fut d'ailleurs une des sources de sa fortune. Le XVI« siècle nous a livré des documents curieux, le règne de Louis XIV de plus intéressants encore ; quant à ceux des époques suivantes, ils sont si nombreux que nous ne pouvions songer à les utiliser tous. Lorsque nous voulûmes nous mettre sur la trace des pièces originales qui pouvaient nous aider à reconstituer la vie de ces héros isolés, nous fûmes surpris de voir le nombre considérable des dépôts de documents qui y étaient relatifs, et cela dans la seule ville de Bayonne.

Le premier de ces fonds, par son importance et son ancienneté, n'est autre que le dépôt des Archives communales, dont le classement et l'inventaire sommaire furent entrepris et menés à bien par le savant archiviste E. Dulaurens. On trouve, en effet, dans les diverses séries de cette précieuse collection

(1) E. Fabre. — Voyages et Combats^ 2e série.

une foule de mentions relatives à la guerre de course et aux corsaires pendant le XVIe et le XVIIe siècles, renseignements que nous avons mis à profit. La série cotée EE contient, dans une de ses parties, des liasses et des registres qui nous ont permis de connaître les prises faites en mer et sur le littoral par les vaisseaux armés à Bayonne (1). Mais cela n'est pas tout, la Chambre de commerce, dont la fondation remonte à 1726, devait encore nous offrir une précieuse source d'informations et, en effet, nous y avons trouvé des mémoires, des relations et surtout des états de service de capitaines corsaires que nous n'avions pas encore rencontrés ailleurs (2).

Dans une note de son intéressant petit ouvrage sur la ville de St-Jean-de-Luz, M. L. Goyetche, qui nous livre quelques détails intéressants sur la marine et les armements de sa ville natale, écrit les lignes suivantes (3) :

« Après Colbert et vers la fin du règne de Louis XIV, cette marine décrut sensiblement. Toutefois, les registres originaux du commissariat de marine de St-Jean-de-Luz, conservés à l'Arsenal de Bayonne, et qu'il nous a été^donné de compulser, accusent encore, en 1706, une vie maritime assez remarquable. Le registre de 1706, servant à inscrire « tous les bâtiments armés au quartier de St-Jean-de-Luz, à savoir : les frégates,

(1) A partir de la liasse EE, 50, jusqirà EE, 61, on trouve un grand nombre de pièces relatives à l'histoire de la marine. Puis viennent, sous la cote EE, 62 et suivants, des registres contenant les entrées et sorties de navires depuis 4757. Nous citerons encore une foule de lettres originales dont l'analyse et la nomenclature ont été déjà publiées. (Voyez Les Correspondants militaires de In ville de Bayonne). La série CC fourmille de mentions du même genre, plus anciennes encore, et qu'il nous a fallu fouiller patiemment, accomplissant ainsi un immense travail. La série HH, contenant une partie des Archives de l'ancienne amirauté, nous a fourni aussi d'excellents renseignements.

(2) Grâce l'intelligente et active initiative du Président et de la Chambre de commerce actuelle, les pièces nombreuses des Archives de ce précieux dépôt ont reçu un commencement de classement et d'inventaire sommaire, dont l'impression rendra de grands services dans notre région. Il sera facile de faire une histoire du commerce et de la navigation de notre ville, dont l'étendue et l'importance, du moins pendant les deux derniers siècles, surpassent ce (jue l'on en pourrait supposer. En effet, ces Archives sont parvenues jusqu'à nous sans que, pour ainsi dire, une seule pièce s'en soit égarée. Plusieurs liasses spéciales contiennent de nombreux documents sur la course et les corsaires, et nous les avons soigneusement dépouillées.

(3) Saint-Jean-de-Liiz historique et pittoresque, — Paris, Hugonis, 1883, in-12. — 2c édition.

flûtes, galiotes, pinques, quesches, philibots, barques, pinasses et chaloupes », signale 87 navires construits et armés de 1706 à 1736, la plus grande partie appartenant à la catégorie des frégates et flûtes, et allant en pêche avec 50 hommes d'équipage et de 10 à 6 canons. »

Nous voulûmes à notre tour consulter ces registres, mais ils avaient disparu ainsi que toute la partie des Archives antérieure à 1793. Où ont-ils été envoyés? A Bordeaux, sans doute, à moins qu'ils n'aient été enfouis dans les Archives de la marine, à Paris. Cependant, il y en avait encore un certain nombre relatifs aux corsaires de la Révolution et de l'Empire, dans lesquels nous avons retrouvé les rôles d'équipage des navires armés en course et qui nous ont permis d'en établir une liste à peu près complète (1).

Cependant, il y avait là une lacune des plus regrettables, car quelques ports de l'Océan, plus heureux que celui de Bayonne, avaient conservé l'ensemble de leurs anciennes Archives. Parmi ceux-ci, nous devons signaler le fonds de Saint-Servan, dont le classement est un modèle du genre. Nous ne pouvons que déplorer que les Archives du commissariat de marine et de St-Jean-de-Luz ne nous soient pas parvenues dans toute leur intégrité (2). Les corsaires du temps de Louis XIV, presque inconnus pour nous à quelques exceptions près, nous auraient livré leur secret sur ces armements multipliés qui portèrent une si terrible atteinte au commerce maritime des ennemis de la France.

Il existait toutefois un dernier fonds qiii pouvait nous rendre un service plus signalé encore, et son importance même nous avait été démontrée par l'excellent ouvrage de M. Didier de Neuville, ayant pour titre : Les Etablissements scientifiques de V ancienne marine. Nous en détachons l'extrait suivant relatif

(1) Nous remercions vivement M. le Commissaire de la marine, qui a bien voulu mettre à notre entière disposition la totalité de ces précieux registres.

(2) Les Archives maritimes de ;Saint-Servan ont été classées et analysées par M. Le Beau, commissaire et chef de service maritime. Elles remontent à Tannée 1670 et se composent de 875 articles, volumes, liasses ou cartons.

au dépôt des journaux de navigation dans les greffes des amirautés :

Ainsi, à la fin du XVIe siècle et au commencement du XVIIe, l'hydrographie était singulièrement négligée parmi nous. L'ardc^ur que Ton avait remarquée pendant si longtemps à Dieppe, ne s'était pas propagée. Il est vrai que la France avait été cruellement éprouvée et que des guerres incessantes l'avaient détournée du soin de sa marine. Le gouvernement assistait oisif aux progrès des Hollandais.

(( Cependant, il existait depuis longtemps, dans les ordonnances du royaume, un petit article qui pouvait rendre d'immenses services. Chaque fois qu'il sera fait un effort pour développer l'hydrographie, on se souviendra de cette disposition si importante, si négligée. Elle passa dans les recueils législatifs, composés d'après les ordres de Colbert, et on l'invoquera encore au milieu du XVIIIe siècle ; la voici : Les Journaux et déclarations de tous voyages au loyig cours devaient être remis, au retour du navire, entre les mains des officiers de l'amirauté du lieu. Ainsi, l'expérience des navigateurs ne serait pas perdue et, à une époque où la plupart des voyages aboutissaient à une découverte, les fils pourraient retrouver sur TOcéan le sillage effacé des vaisseaux de leurs pères. Cette sage ordonnance ne fut pas toujours observée ; cependant, c'est à elle que nous devons la relation authentique des voyages de Gouneville au Brésil (1503), que M. d'Avezac a si heureusement retrouvée et commentée. Malgré la négligence des maîtres de navires et l'insouciance des amirautés, que de glorieux secrets ont été ainsi enregistrés. Ces précieuses Archives ont péri en quelques endroits, à Dieppe, par exemple (1696), et il ne nous en est parvenu que quelques extraits, transcrits et dénaturés par des écrivains peu judicieux, comme Desmarquets ; mais en bien d'autres ports elles existent. Qui sait ce que de patientes recherches pourraient en faire sortir.

« On y trouverait ces cartes primitives par route et distance et même par distance et hauteur, dont le P. Fournier nous explique tout au long la facile théorie. « Tel est, dit-il en

terminant son exposition, l'art par lequel une infinité de personnes curieuses ont levé les plans de chaque pays en particulier, et tout plein de pilotes ont dépeint en leurs registres les côtes et havres où ils avaient abordé. J'en ay vcu quantité à Dieppe, en ces papiers journaux de nos anciens pilotes, très naïvement représentés et avec beaucoup d'art et de circonspection ; et il n'y a aucun havre célèbre où il ne s'en trouve quantité de semblables. » (1).

Devant une déclaration aussi précise, nous nous empressâmes de nous rendre au Tribunal de commerce de Bayonne, héritier direct et légitime de l'ancienne amirauté. Nous fûmes heureusement surpris en constatant que les registres de déclarations des capitaines existaient encore, sinon en totalité, mais du moins dans leur plus grande partie. Ils pouvaient fournir d'excellents éléments de recherches, non-seulement au sujet des prises faites par nos corsaires, mais encore relativement aux anciennes navigations au long cours. On ne peut pas douter qu'il ne sorte de l'étude et du dépouillement de ce fonds des documents de la plus grande valeur.

Voilà dans leur ensemble les principaux dépôts de documents publics bayonnais, mais il y en a encore plusieurs autres que nous devons signaler et sur lesquels nous donnerons quelques renseignements. Nous ne citerons que pour mention les Archives de la Marine, à Paris, où se trouve réuni l'ensemble des pièces et titres relatifs au sujet qui nous occupe, du moins depuis Colbert. Nous avons pu obtenir la communication de quelques-uns de ces documents, et ils nous ont permis de restituer la vie et les hauts faits de quelques-uns de nos corsaires.

Mais c'était le XVIe siècle surtout qui nous faisait presque complètement défaut, et n'ayant rien ou presque rien trouvé en France, nous résolûmes d'aller voir en Espagne s'il nous serait possible d'y retrouver les traces de ces corsaires, qui se changeaient si facilement en pirates.

Une lettre de recommandation du savant capitaine de vais-

(1) Hydrographie du P. Fournier.

seau C. Fernandez Duro, connu pour ses importants travaux sur l'archéologie navale espagnole, nous fît ouvrir les portes du Centre Hydrographique, où nous avons trouvé, auprès du lieutenant de vaisseau D. Joaquin de Ariza y Estrado, l'accueil le plus aimable et le plus empressé.

Ces Archives sont d'une grande richesse, et avant de dire quels ont été les résultats de nos recherches, nous devons nous appliquer à donner quelques renseignements sur ce fonds dans lequel il y a tant à puiser pour quiconque veut s'occuper de l'historique des pèches et de la marine des nations du golfe de Gascogne.

Les érudits espagnols, qui se sont plu à enrichir cette collection unique, presque inconnue en France, sont très nombreux (1). Mais les plus célèbres sont D. Martin Fernandez de Navarette et D. José de Vargas Ponce.

Les livres et les papiers réunis par D, M. Fernandez de Navarette revinrent après sa mort à ses héritiers, et quelquesuns d'entr'eux ont été publiés comme œuvres posthumes, quoique la plus grande partie en soient encore inédits. Cette collection de documents, remise depuis aux Archives du royaume et de là au Centre Hydrographique, où nous avons pu les parcourir, forme 29 gros volumes in-folio, que l'on peut proposer comme des modèles du genre. Ces actes sont écrits avec une grande clarté sur beau papier de fîl, ayant de grandes marges pour les annotations. Ils sont classés par matières et par ordre chronologique. Les uns et les autres ont été collationnés par Navarette lui-même, qui les a tous signés, tout en désignant les lieux d'origine, les particularités bibliographiques et la date de la copie.

A côté de cette collection, il s'en trouve une autre plus importante encore et qui a pris le nom de son auteur, D. José de Vargas-Ponce.

(1) Nous pouvons citer j)arliculiôrcnient parmi ceux-ci les uonis de D. José Cornidc, D. Juan Antonio Knrinuez, D. Félix de Azara, D. Kraneisco de Otero Vagainundo, D. Mariano Isarl)irivil, D. Hernardo Iriarte, Dpn José Antonio de Armons, D. Juan Sans de 13arutell, etc.

Les papiers qui sont restés de ce célèbre amateur sont divisés en deux parties bien distinctes: l'une est conservée à la Bibliothèque du Centre Hydrographique et se compose de 53 dossiers in-folio ; Tautre est placée dans les Archives de l'Académie Royale d'Histoire de Madrid. La première porte une numération romaine de I à XXXIX, la seconde se distingue par des chiffres arabes de 1 à 12, avec un certain nombre d'autres dossiers sans numéros.

Mais, au contmire de la collection de Navarette, celle-ci est formée de toutes sortes de copies et môme de pièces originales. Parmi ces pièces, on peut remarquer des cédules royales, des titres et des lettres de provision, quelquefois mangées par les vers, des écritures de toute espèce et des formats les plus variés, sans signature ni date, des imprimés, des lettres particulières, tcîstaments, etc., quelquefois même sur de petits fragments de papier, écrits avec une telle rapidité et un si grand nombre d'abréviations, qu'ils sont très souvent difficiles î\ déchiffrer.

Malgré tout, cette collection est du plus grand intérêt, car il s'y trouve des copies de pièces ayant appartenu aux Archives provinciales d'Espagne, dont les originaux ont été brûlés et détruits. Parmi celles-ci, nous pouvons citer le fonds important des Archives de Saint-Sébastien, qui disparurent au cours du siège fameux de 1813.

On doit comprendre que sur cette immense quantité de documents d'une grande valeur, notre choix devait se fixer rapidement, et négligeant, par défaut de temps, les collections de TAcadémio Royale d'Histoire, nous nous mîmes en devoir de dépouiller quelques-uns des volumes qui étaient plus particulièrement relatifs i\ Thistoire maritime de nos contrées.

Nous pûmes ainsi arriver à analyser près de 400 documents touchant riiistorique des pèches de la morue et de la baleine des Basques et des Rayonnais sur le banc de Terre-Neuve et les cotes du Canada. Nous avons copié entièrement une vingtaine de (*('s pièces, entr autres une enquête de plus de trente pages, ci (|ui est de la plus grande importance pour Thistoire

de nos corsaires au milieu du XVIe siècle, époque sur laquelle nos Archives bayonnaises étaient presque muettes, documents que l'on retrouvera plus loin.

Voilà, avec des pièces appartenant à des Archives privées d'anciens armateurs bayonnais, les documents originaux que nous avons mis en œuvre. Avons-nous réussi dans notre travail, c'est ce que les lecteurs nous apprendront sans doute ; en tout cas nous y avons fait notre possible, et ce ne sera pas notre faute si nous avons laissé passer sans en parler quelque brillante action d'éclat.

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