CAPITAINES BASQUES ET BAYONNAIS
Activité déployée par les Basques et les Bayonnais pour les armements en course. — Quelques corsaires. — Liste des vaisseaux corsaires armés par Bayonne et Saint-Jeao-de-Luz. — Le capiuiae Julien -Joseph Duler. — Ses voyages et ses combats. — Navigation de V Amazone. — Récompense du roi. — Le capitaine Tournés. — Courses en Amérique. — Combat contre une frégate. — Pris parles Anglais. — Son évasion. — Le capitaine Minbielle et ses corsaires. — Une expédition au Canada. — Prise de la bombarde le Basilic. — Il reçoit une épée d'honneur. — Pierre-Paul Dolatre. -* La goélette la Minerve. — L'abordage du Jency. — Action d'éclat du capitaine fiiaze.
On ne peut se faire une idée de renthousiasme et de l'activité des Basques et des Bayonnais pour Tarmenient des corsaires'. M. de Machault, en prévision de ce qui n'allait pas tarder à éclater, envoyait déjà des instructions sur les plans qu'il fallait suivre pour la construction des corsaires (1). Les négociants de Saint-Jean-de-Luz demandaient la permission d'armer en course (2). Une lettre de la Chambre à M. Dulivier disait qu'on n'était pas loin de croire « qu'en cas de guerre Bayonne serait le premier port duquel sortiront des corsaires (3). Il y avait déjà six petits corsaires de 6 à 12 canons prêts à prendre la mer, ainsi qu'une frégate de 2i ; trois mois plus tard, on espérait en avoir six autres de même force )) (4). Un ordre de désarmement, qui arriva d'une manière inattendue, désola les armateurs. « La consternation est dans la ville ; il y avait 8 à 10 frégates de G jusqu'à 30 canons, prêtes à faire voile, et un nombre bien plus considérable avancées dans leur armement (o). En 1738, une lettre adressée à M. de Bernis, ministre de la marine, l'informait que les corsaires demandaient à réarmer, cinq enlr'autres, qui étaient le Sainsou, armé par Lassus, 24 canons de 6 et 260 hommes d'équipage ; la Gentille, par Moracin, 16 canons de 6 et loO hommes ; le Chevalier de Barreau, par Salles, 18 canons de 6 et 160 hommes ; VAurore, par Domengez, 16 canons de 6 et 150 hommes, et le Jupiter, par Laparade, 22 canons de 8 et 260 hommes.
Ce n'était là qu'une bien faible partie des corsaires qui furent armés par nos ports. Les deux listes que nous insérons ci-après et qui indiquent les vaisseaux déjà prêts au commencement de cette longue guerre, en diront davantage que les plus longs commentaires (6j.
(i) Arch. de la Chambre de Commerce, B, 6.
(2) Id.
(^) Id. B, 2^
(4) Id. Lettre de la Chambre au garde des sceaux.
(5) Id. B, 2'3. Lettre à M. de Moras.
(6) Arch. de Bayonne, GG, 2J4, n» 33.