‹ Les couleuvresChapitre 21 sur 103 · MARY · texte numérisé non relu

MARY

Elle avait deux profils, l'un grec, l'autre saxon; L'un plein de majesté, l'autre de grognerie.

Celui-ci regardait, non sans quelque furie, Un époux enrhumé qui semblait bon garçon.

Un teint blanc, — toutefois assez poudré de son; Un costume élégant, — mêlé de friperie ; Sur le péplum d'azur, de la verroterie ; Les cheveux insultés d'un bout de paillasson.

Pour se désennuyer, dans un sac d«.* plus riches Elle prit et remit vingt affiquets godiches ; Puis elle lut Dickens, comme on lirait Platon.

L'œil grec semblait de marbre, et le saxon de braise. Àvais-je devant moi Diane ou Margoton?

Était-ce la pairesse ou la coureuse anglaise?

SÉVERA

Sans mépriser à fond quelque reste d'appas, Elle maintient ses droits au rang de vierge sage : Pour le monde et pour Dieu, son âme et son corsage, Tout est réglé comme au compas.

Elle est aussi fort bien tenue en ses repas; Autant que son discours, austère est son potage. Pas plus d'amour au cœur que de fard au visage ! On la dit chrétienne. — Non pas!

De tout point elle est rèche, elle est stricte, elle est chiche ; En fait de poésie, elle aime l'acrostiche ; En fait d'art, les fleurs en papier.

A peindre un tel objet la couleur embarrasse : Il faudrait des vers froids et nets comme la glace, Durs et coupants comme l'acier.

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