‹ Les couleuvresChapitre 22 sur 103 · ARABELLA · texte numérisé non relu

ARABELLA

La chevelure au vent, la jupe retroussée, Montrant ses dents d'une aune et ses pieds d'un empan, Miss Arabella Ship, voguant, roulant, grimpant, Arpente l'univers d'une course pressée.

Que cherche-t-elle enfin, et quelle est sa pensée? Miss est-elle biblique, — ou dévote au dieu Pan? On dit qu'elle a frôlé maint et maint chenapan, Qu'un roi nègre une fois sur son cœur l'a pressée.

Qu'en sait-on? Moi, je crois que miss Arabellaj

Téméraire brebis, impunément bêla,

Et que les loups d'accord ont manqué la fortune.

Je lis — fort mal peut-être — en son air ahurij Que sa longue innocence à la fin s'importune> Et se sait trop peu gré de n'avoir point péri.

— tt —

SËKENA

Poim aimable et pour distinguée, Elle l'est, certes! de tout point.

De plus polie, il n'en est point :

Jamais sôt ne Ta fatiguée.

Et quoique chaudement briguée, Et du plus friand embonpoint, On la voit toujours de pourpoint Et de vertu très-endiguée.

D'où vient qu'elle met du carmin?' C'est que le lieutenant Gamain, Auprès de la neige se fige.

L'an passé le blanc dominait, Pour tirer le major Panait Des filets de la pâle Hedwige.

Page 1