‹ Les couleuvresChapitre 48 sur 103 · A UN GROS ENNEMI · texte numérisé non relu

A UN GROS ENNEMI

Maudis-moi tant que tu voudras, Je ne te rends pas la pareille.

Mugis, imprime et fais fracas, * Mon cœur à tout ce bruit sommeille.

En vérité, je m'émerveille Que tu prennes tant d'embarras, Puisqu'enfin rien ne me réveille, Et que tu n'en es pas moins gras.

Haïr, ce n'est pas fier, en somme.

Je ne connais, pour moi, nul homme Que je consente de haïr.

A me donner si sotte peine, Je voudrais un gain de la haine, Et qu'au moins elle fit maigrir. •

J'ignore, je l'avoue, absolument en quoi Basset , de l'Institut, s'est pu rendre notable : Est-il homme de plume, ou d'épée, ou de table? Celui qui le peut dire en sait plus long que moi.

Et Guimauve, qu'assis parmi les dieux je voi,- Quel grand coup lui valut un destin si sortable ? On dit qu'il fit rimer spectacle et détestable. Et qu'il eut un parent qui fit parler de soi.

J'ignore encor cela. Dans ce monde sonore, Je suis émerveillé de tout ce que j'ignore !

Et Robinet? Tient-il la lyre ou le compas ?

Et Clampin? Est-il là pour prose ou pour chimie? Qui me dira comment se fait l'Académie, Pourquoi Pantoufle en est, et Sabot n'en est pas?...

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