‹ Les couleuvresChapitre 49 sur 103 · EN PASSANT SUR LE PONT · texte numérisé non relu

EN PASSANT SUR LE PONT

Assez, poète, assez de pleurs en rimes chiches ! Musicien, assez de mauvais bruit savant!

Peintre et sculpteur, assez de bons hommes postiches ! Orateur, toi surtout, fais trêve; assez de vent!

Puisque l'art indigné dut souffrir vos bamboches, Puisque tous vos méfaits la critique- se tut, Puisque vous voilà ronds, campés "dans l'Institut, Du laurier plein le dos et de l'or plein vos poches,

Taisez -vous maintenant, dormez! C'est bien le moins Que vous alliez finir à l'écart, sans témoins, Et sans accabler l'Art de nouvelles offenses.

traîtres! convaincus de lèse-majesté,

Vous auriez, s'il était d'équitables vengeances,

Un carcan éternel aux pieds de la Beauté.

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