‹ Les couleuvresChapitre 73 sur 103 · L'ILLUSTRE CENT-POUR-CENT · texte numérisé non relu

L'ILLUSTRE CENT-POUR-CENT

Pour te tirer de l'antre aux pourboires abjects Où par ta main l'usure écrivait ses oracles, Il fallait non pas un, mais vingt ou cent miracles : Autant qu'il en fallut, ta fortune en a faits.

A tes doigts ont poussé des ongles si parfaits, Qu'Israël les voudrait mettre en ses tabernacles; Et sur le fonds commun ce qu'en un jour tu racles, Fournirait un veau d'or du poids de dix préfets.

Tu n'as plus à borner ta faim, quoique tu veuilles. Grand blason, grand renom, grand galon, portefeuilles, Et l'or officiel, tout roule sous tes pas :

Prends! la clameur du peuple elle-même s'est tue, faquin! et tu peux préparer ta statue :

Mais te décanailler, seigneur, n'y songe pas.

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