‹ Les couleuvresChapitre 90 sur 103 · LES BLÉS DE CASTELFIDARDO · texte numérisé non relu

LES BLÉS DE CASTELFIDARDO

Les épis généreux aux têtes d'or penchées, Portaient avec fierté le trésor du froment.

Ils étaient mûrs; la faulx a connu son moment, Et voilà sur le sol les têtes d'or couchées.

Pieux, le vent du ciel disperse abondamment Les salubres senteurs des têtes d'or fauchées : Et comme si la main d'en haut les eût touchées, Dans les âmes s'éveille un saint frémissement.

Qu'ils sont doux, qu'ils sont beaux ! La terre dévastée Bénit pourtant leur chute et se sent rachetée. Ainsi tombent, Seigneur, tes saints, avant le soir;

Et condamnant la mprt à racheter la vie,

Ainsi ta loi d'amour, par l'amour obéie,

Met le blé sous la meule et la grappe au pressoir.

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