SCIENCES ANTHROPOLOGIQUES ET ETHNOGRAPHIQUES
En entrant dans le Palais par la porte la plus rapprochée de la Seine nous nous trouvons, tout de suite, en présence de l’homme primitif, représenté d’une très remarquable façon par des mannequins et des figures de cire fort habilement moulées.
Ces figures sont au nombre de trente environ, un peu plus ou un peu moins, peu importe, n’est-ce pas? Du premier coup d’œil on s’aperçoit qu’elles forment six ou sept groupes différents. Dans le premier à notre droite, trois de ces êtres primitifs, installés au pied d’un vieil arbre mort — qui avait fait demander s’il appartenait à la section des arbres libéraux — trois de ces êtres, dis-je, travaillent le bois, dans des attitudes diverses. Le second en suivant nous montre des primates aiguisant des silex sur d’autres pierres pour en faire soit des armes, soit des instruments tranchants. Au milieu, c’est l’âge du Renne. Une famille a dressé là sa tente, le père
arrive dans une petite voiture traînée par un renne. Ici et là l’époux et les enfants vaquent aux travaux ordinaires de l’époque et s'essayent aux premiers rudiments de l’art, en sculptant ou gravant les cornes des animaux dont on voit un spécimen attelé au véhicule du chef de la famille.
Derrière, c’est l’âge de la pierre éclatée, puis celui de la pierre polie. Et toujours se succèdent des personnages nous montrant pour ainsi dire, mais avec des figures probablement plus gracieuses que n’en avaient ceux qu’ils représentent, comment ils vivaient, de quelle façon ils s’y prenaient pour se défendre, pour se vêtir, pour se nourrir.
Tout autour, dans les galeries, on voit des crânes d’hommes fossiles, découverts çà et là dans les cavernes par des anthropologues, des exemplaires de squelettes ayant appartenu à des êtres humains de tous les coins du globe : Têtes de nègres, de peauxrouges, d’aztèques, de Chinois, de Malais, d’Océaniens. A côté travaille un forgeron primitif. Sept Chinois très attentifs et qu’on dirait vivants, tournent, gravent, peignent des vases merveilleux.
Ace cela des dessins donnant l’idée exacte des armes, des outils, des instruments de travail et enfin ces outils eux-mêmes au naturel, ces armes, ces instruments, objets accumulés dans les musées ou dans les collections d’amateurs et existant depuis des époques où la chronologie était inconnue.
Cette première partie a un succès considérable. Mais elle ne peut rivaliser que par son étrangeté avec les autres parties de cette histoire du travail, parties dont les éléments nous sont déjà plus fa-
miliers et par conséquent excitent chez nous un intérêt plus vif.